Les formes de la beauté de Robert Mapplethorpe au Musée de l’Ara Pacis
La rétrospective consacrée à Robert Mapplethorpe, maître de la photographie du XXe siècle, présente une sélection unique de 200 clichés et un ensemble inédit pour la scène romaine.


Tout au long de sa carrière, Robert Mapplethorpe a voulu percer les mystères de la beauté. Et c’est précisément ce que souhaite mettre au jour l’exposition que lui consacre le Musée de l’Ara Pacis : « Robert Mapplethorpe. Les formes de la beauté ». La capitale italienne est la troisième ville à accueillir cette rétrospective après Venise et Milan.
Le corps comme expérience esthétique
Le nom de Robert Mapplethorpe est indissociable du nu, un genre dans lequel il s’illustre et qui lui vaut une réputation sulfureuse. « Il y a un grand malentendu qui accompagne depuis toujours Robert Mapplethorpe : celui de le considérer comme un photographe de la provocation, un artiste du scandale lié au New York underground des années 70 et 80 », commente le commissaire d’exposition, Denis Curti.
Il est vrai que son œuvre est empreinte d’érotisme comme le met en lumière la section consacrée à ses nus. Cependant, il serait erroné de réduire sa démarche artistique à la simple recherche de la sensualité. C’est ce que tend à démontrer cette exposition dès la première salle dédiée à ses collages. Robert Mapplethorpe dissèque les images et les fait dialoguer pour procurer le plaisir de l’artifice chez le spectateur. Le jeune artiste est déjà à la recherche de la beauté, une quête qui ne le quitte pas jusqu’à sa disparition en 1989.
« Son regard était guidé par les mêmes règles : une obsession pour l’équilibre, la symétrie, la lumière zénithale », explique Denis Curti. La rétrospective introduit ainsi un parallèle entre les photographies de fleurs et de nus de Robert Mapplethorpe qui poursuivent un même dessein : l’expérience esthétique.
Des maîtres italiens à la pop culture
Le photographe américain ne cesse de puiser son inspiration dans l’art classique comme en témoigne le rapprochement établi dans le parcours d’exposition entre ses clichés et la statuaire antique. Ce grand admirateur de Michel-Ange s’inspire des corps musculeux des femmes peintes par le maître de la Renaissance. C’est d’ailleurs grâce à son ami et galeriste, Lucio Amelio, que l’artiste new-yorkais se rend en Italie.
Mais Robert Mapplethorpe embrasse pleinement l’époque dans laquelle il vit. Les personnalités qui font vivre la pop culture défilent sous son objectif : Andy Warhol, Roy Lichtenstein, David Hockney sans oublier Patti Smith avec qui l’artiste entretient une relation étroite. « Robert Mapplethorpe. Les formes de la beauté » semble capturer l’essence de son travail : la recherche du raffinement et de l’harmonie.
Informations pratiquesFini le4oct.
Jusqu'au 4 oct. à 19:00
Adresse
Lungotevere in Augusta
RM
Rome
Horaires
Tarifs de 4 à 23 € Tous les jours de 9h à 19h






