A partir du 15 janvier 2026, la circulation dans la totalité du centre historique de Rome est limitée à 30 km/h. Des panneaux de signalisation et des radars ont été installés aux abords de la zone.


Après 13.924 accidents et 134 décès recensés pour l’année 2024, d’après les chiffres de l’ACI-Istat, le Capitole a décidé d’abaisser à 30 km/h la vitesse de circulation dans le centre historique. Cette mesure s’applique à toute la zone à trafic limité (ZTL), les ruelles comme les grandes artères de la capitale. Autrement dit, le Corso Victorio Emmanuelle, la via del Teatro Marcello, le Traforo et même une partie de la via dei Fori Imperiali sont également limités à une vitesse maximale de 30km/h.
Protéger les piétons avec de nouveaux dispositifs
L’objectif affiché : réduire le nombre d’accidents de la route et leurs conséquences. D’après la municipalité, l’excès de vitesse serait responsable de 7,5 % des accidents. Pour cela, l’adjoint à la mobilité Eugenio Patané a annoncé l’installation de dispositifs de contrôle. Quatre radars ont été placés sur le périphérique et sur la Viale Newton, et cinq autres sont à venir.
Le conseiller a affirmé vouloir poursuivre dans cette dynamique : 175 passages piétons surélevés verront le jour et de nouvelles rues entreront prochainement dans le dispositif de limitation de vitesse. À cela s’ajoutent 40 photoradars, installés d’ici 2026. « Nous avons choisi de couvrir les intersections les plus larges, car là où l’on traverse un feu rouge et où la route est plus large, le risque est plus élevé », a expliqué Eugenio Patané.
Rome embouteillée : 76 heures de perdues en voiture en 2025
Une mesure écologique ?
La décision s’inscrit dans une nouvelle politique de la ville : augmenter la piétonisation du centre-ville et limiter la pollution. Les recherches menées par l'Agence européenne pour l'environnement ont démontré que la réduction de la vitesse moyenne des voitures entraîne une diminution des émissions polluantes dans l'atmosphère, ainsi que des économies de carburant. D’après Alessandro Miani, président de la Société italienne de médecine environnementale, la limitation de vitesse « réduit aussi d'autres polluants tels que les oxydes d'azote et les particules fines provenant des véhicules diesel ».
Une mesure qui a aussi du bon pour l’audition des habitants car la pollution sonore pourrait diminuer de deux décibels selon les études pointées par le Capitole. Le 12 novembre 2025, la Cour de cassation allait justement dans ce sens : la municipalité de Rome a dû indemniser des résidents exposés aux nuisances sonores et à la pollution, au-delà des limites légales.
« Città 30 » : l’exemple de Bologne
Rome n’est pas pionnière en la matière. Bologne a été la première grande ville italienne à aller au‑delà d’une simple zone 30. Depuis janvier 2024, près de 70 % du réseau routier de la ville est soumis à une limitation de 30 km/h, dans le cadre du projet « Città 30 ». Et les premiers bilans montrent déjà des résultats encourageants : certaines zones ont enregistré jusqu’à 21 % d’accidents en moins, et la mortalité piétonne dans les zones concernées a été ramenée à zéro. L’initiative s’accompagne de réaménagements urbains, avec des rues scolaires, des zones piétonnes et des pistes cyclables renforcées, et d’un contrôle systématique de la vitesse grâce à des panneaux lumineux et radars.
Si la mesure a suscité quelques critiques, notamment de la part des taxis et des automobilistes, elle illustre la volonté de la mairie de réorganiser l’espace public, en favorisant le recours aux modes de déplacement alternatifs. De quoi inspirer le développement de l’offre de transports publics dans la capitale.
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