Samedi 18 septembre 2021

Ces séries à la gloire de la Rome des césars

Par Anaïs Lucien-Belliard | Publié le 21/05/2021 à 07:52 | Mis à jour le 28/05/2021 à 12:53
Britannia une série péplum patriote

410 anno domini. Rome tombe entre les mains du barbare Alaric Ier. La Cité des empereurs, autrefois temple de la République tire sa révérence en tant que lieu de pouvoir, de décision et de domination. Du moins, pour un temps seulement. Sans jamais s’avouer vaincu, la ville devenue « Sainte » demeura dans le cœur des souverains d’Europe le symbole du pouvoir légitime. Dans l’art et la culture populaire, elle est l’image de la toute-puissance occidentale, mais elle est aussi la manifestation d’un monde décadent, mis à genoux par ses faiblesses, et qui pourtant résista au déclin jusque dans la mort.

 

De Charlemagne à Napoléon en passant par tous les Saint-Empereurs qui se sont succédés, Rome fut un espace de conquêtes et de fantasmes. Qui tenait Rome, tenait symboliquement l’Europe sous sa coupe. Fascinés par l’iconographique latine jusqu’à la fin du XIXème siècle, les poètes, dramaturges et artistes visuels n’ont eu de cesse d’alimenter « le mythe Rome ». Au XXème siècle ce sont les cinéastes qui se sont emparés du sujet, en proposant à un public qui ne semblait attendre que cela, des péplums à la gloire de Rémus et Romulus, de Cléopâtre et Marc-Aurel, ou encore de Pompé et Caius Marius. Dans notre XXème siècle 4.0, ce sont les séries qui ont désormais la cotte. De la sanglante Spartacus à la très patriote Britannia en passant par la féministe Domina, les séries-péplums sont un somptueux cocktail mêlant violence, passion et politique, le tout enrobé d'un sombre réalisme.

 

Loin d’être toutes à la gloire de l’Empire Romain, quelques séries prennent le contrepied de l’histoire, et mettent en lumière les ambivalences d’un envahisseur que l’on méprise tout en l’admirant, d’un colonisateur indésirable mais auquel on finit par se soumettre. Prenant parfois l’allure de manifestes politiques, les séries-péplums sont pour les cinéastes une occasion de mettre en avant des figures plus ou moins importantes de la grande l’histoire. Tandis que le nationalisme d’un côté, et la culture woke de l’autre se livrent une farouche guerre d’opinions, ces séries nous amènent à nous questionner sur notre rapport au temps, mais aussi sur nos lectures de l’histoire.

 

Rome (2005-2007)

Née d’une collaboration américano-britannico-italienne, Rome est une série péplum en 22 épisodes, répartis sur deux saisons. Diffusée entre 2005 et 2007, elle a été créée par Johan Milius, William J. MacDonald et Bruno Heller, et revient sur les dernières années de la République Romaine. On voit ainsi passer sous nos regards curieux un Pompée flamboyant, un César triomphant ou des Marc-Aurel épris d’une certaine égyptienne. La série se concentre plus particulièrement sur les destins croisés de deux hommes du peuple, deux soldats qui sans le savoir participent à l’écriture de ce qui devait devenir l’Empire. Partant de la guerre des Gaules, Rome s’achève avec l’avènement de César Auguste et l’effondrement de la République.

 

 

Roman Empire (Depuis 2016)

À cheval entre le documentaire et la fiction, à l’image des Derniers Tsars, Roman Empire est une fresque historique américano-canadienne produite par Netflix. Elle retrace les règnes sanglants des anciens maîtres de Rome tels que Commode (Aaron Jakubenko), Jules César (Ditch Davey) et Caligula (Ido Drent).

 

 

Britannia (depuis 2018)

Peu connue des audiences francophones, Britannia est une série américano-britannique se déroulant en 43 après Jésus-Christ, tandis que les légions romaines tentent d’abattre la résistance celte. Véritable combat d'hommes et de dieux, cette série écrite par Jez Butterworth, est ce que l’on peut appeler, un péplum patriotique. Présentant l’arrivant romain comme rien de plus qu’un envahisseur et un dangereux colonisateur, Britannia mêle réalité historique et spiritualités antiques.

 

 

Barbares (depuis 2020)

Créée par Andreas Heckmann, Arne Nolting et Jan Martin Scharf, Barbares est une série allemande se déroulant à l’époque de la Bataille de Teutobourg, en l’an 9 de notre ère. Nous sommes à la fin du règne d’Auguste, en Germanie, territoire composé d’une multitude de clans soumis à Rome depuis vingt ans ; trois jeunes gens voient leur innocence être dérobée par le temps et les circonstances. Décriée par les spectateurs allemands, dès sa mise en ligne sur Netflix, Barbaren est loin de faire l’unanimité dans son pays d’origine. On lui reproche notamment le mauvais jeu de ses acteurs, la mollesse et même pauvreté de son scénario. Tournée en partie en latin, les costumes, décors et l'esthétique générale de la série ont tout de même de quoi séduire un public curieux et sans a priori.

 

 

Romulus (depuis 2020)

En 2019, Matteo Rovere nous avait régalé avec Le Premier Roi, il est revenu en 2020 avec Romulus, une série télévisée en dix épisodes de 60 minutes. Diffusée sur Now TV, la série revient sur les origines de Rome. Tournée en latin archaïque, ce péplum se déroule au VIIIe siècle avant notre ère, et suit les destinées entremêlées de Yemos, Wiros et d’Ilia, une jeune vestale.

 

 

Domina (depuis 2021)

Domina est le nouveau phénomène télévisé Italien. Commandée par les Studios Sky et conçue par Simon Burke, elle offre un point de vue féminin sur les luttes de pouvoirs qui ont gangréné l’Empire Romain, aux temps de Jules César. A peine nommé dictateur à vie, le vainqueur de la guerre des Gaules est brutalement assassiné et Rome plonge dans la tourmente des luttes intestines. Grandissant au milieu des intrigues, Livia (Kasia Smutniak), future mère de la dynastie Julio-claudienne, goûte au nectar du pouvoir avant de se jeter dans l’arène sanglante des hyènes de la politique romaine.

 

 

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