Quelles expositions incontournables à visiter en juin à Rome

Par Lepetitjournal Rome | Publié le 01/06/2022 à 23:30 | Mis à jour le 01/06/2022 à 23:30
Photo : Photo de Jose Antonio Gallego Vázquez sur Pexels
sculpture dans un musée


De la photographie d’époque à l’art contemporain en passant par le cinéma : sélection de 5 expositions à ne pas rater au mois de juin dans les musées de Rome.

« Le Baiser de l’Hôtel de Ville », Paris, 1950
« Le Baiser de l’Hôtel de Ville », Paris, 1950


Robert Doisneau au Museo dell’Ara Pacis

Le musée propose une rétrospective de clichés en noir et blanc pris par le célèbre photographe français entre les années 1930 et 1960, en accordant un intérêt particulier à sa période très productive d’après-guerre. Sont notamment exposés des grands classiques de l’artiste, comme « Le Baiser de l’Hôtel de Ville » ou « La Dernière Valse du 14 juillet ».
L’exposition met en lumière l’importance des personnages dans l’œuvre de Robert Doisneau. Les photographies sélectionnées présentent le quotidien de modestes gens, comme les concierges parisiens, les enfants de la périphérie ou les travailleurs des usines Renault. Sur ces terrains de jeu préférés, à savoir les rues de Paris, de sa banlieue et les cafés, Robert Doisneau immortalise des moments intimes et rites de la vie, comme les mariages. Il s’applique aussi à photographier les artistes avec qui il s’est lié d’amitié et auxquels il dédie, tour à tour, ses pellicules.
Le photographe se poste en témoin de la société au fil des années, sans jamais porter de jugement sur les sujets photographiés. L’exposition rend compte de sa conception humaniste de la discipline artistique : Robert Doisneau opte pour une photographie de la bienveillance, empreinte de fascination et d’une certaine mélancolie. Il capture un monde dans lequel il se sent à l’aise et qui lui apporte de la tendresse, comme pour prouver son existence aux yeux de celui observe ses photographies.  

Jusqu’au 4 septembre – Lungotevere in Augusta (angolo via Tomacelli)

 

exposition
Carsten Holler, Aquarium (1996). Credit : Alessandro Zambianchi. Courtesy the Artist and Massimo DeCarlo


What a wonderful world au MAXXI

La nouvelle grande exposition du MAXXI se présente comme un itinéraire novateur réunissant les installations maîtresses de quinze artistes internationaux. Mises en commun, les œuvres dressent le portrait d’une époque tournée vers une futur, à travers ses défis et leur lot d’incertitudes. Toutefois, le titre de l’exposition n’est que partiellement ironique : les artistes s’appliquent à montrer que cette époque, qui est la nôtre, c’est aussi celle d’un progrès scientifique et technologique toujours plus épatant. Au-delà de représenter la réalité d’aujourd’hui, les installations s’appliquent à questionner celle de demain, au prisme de ses promesses et des espoirs que celles-ci suscitent.
Conçue avec le centre de recherche HER - She Loves Data, l’exposition s’impose comme un véritable "prototype performatif" : les artistes ont tenu à appliquer les technologies numériques d'une manière novatrice à la valorisation et à la promotion de leurs œuvres, notamment pour étudier l’écosystème relationnel de celles-ci à l’aide du data. Cela signifie que les données générées par le dialogue entre le public et les installations, rendues accessibles au public, constituent une dimension à part entière de l’exposition.

Jusqu’au 12 mars – Via Guido Reni, 4a

 

photos en noir et blanc expo


Anni interessanti. Momenti di vita italiana (1960-1975) au Museo di Roma in Trastevere

Cette exposition propose plus d’une centaine de clichés en noir et blanc, capturés par des photographes pour la plupart inconnus, qui offrent un tableau historique de la Péninsule, du « Miracle économique » du début des années 1960 jusqu’aux années de plomb.
Dans une Italie qui se modernise, l’image occupe une place toujours plus importante : elle-même fruit du progrès et de l’essor des agences de presse et des médias de masse, elle se fait le témoin des mutations de la société. La force de l’exposition réside dans sa capacité à retranscrire les contrastes de ces « années intéressantes » : aux murs, les bidonvilles contredisent les soirées aristocrates, les manifestations étudiantes défient le IIe concile du Vatican et les progrès architecturaux côtoient les églises de Florence submergées par l’Arno.
S’invitent dans ce bal de symboles des figures qui ont marqué la période, Sophia Loren et d’autres célébrités immortalisées par les paparazzi, mais aussi Sandro Pertini et Aldo Moro. Ce qui fait la complétude de ce tableau historique, c’est la présence de clichés de la vie quotidienne : on observe, anonymes, une famille italienne prendre la pose en habits du dimanche, des passants apprendre qu’un homme est allé dans l’espace, des ouvrières sortir de l’usine de pâtes Agnesi…

Jusqu’au 16 octobre – Piazza Sant’Egidio, 1b

 

Studio 1, Antonello Viola. Crédits : Daniele Molajoli
Studio 1, Antonello Viola. Crédits : Daniele Molajoli


Antonello Viola à la Galerie Nationale d’Art Moderne et Contemporain

Les sept peintures d’Antonello Viola exposées à la Galleria Nazionale dans le cadre de l’exposition « Aperto confine sulla Gorgone di Sartorio » (« Frontière ouverte sur la gorgone de Sartorio ») n’ont pas été sélectionnées au hasard. En effet, ce corpus est le fruit de la confrontation personnelle de l'artiste romain avec le tableau de Giulio Aristide Sartorio « La Gorgone e gli Eroi » (1897). Chef-d’œuvre d'inspiration symboliste, la toile est exposée au musée à côté de deux croquis préparatoires consacrés à l'étude du corps de la Méduse, dont Antonella Viola s'est inspiré pour réaliser ses dernières œuvres.
Le terrain sur lequel se joue cette confrontation avec l'œuvre de Sartorio est la peinture. Fidèle au langage artistique de la transcendance, Antonella Viola procède par accumulation, stratification et soustraction pour proposer un nouveau rapport à l’espace, un dialogue original entre l’intérieur de l’œuvre et son environnement. Son jeu de couleurs et la multiplicité des supports utilisés, allant du papier japonais aux feuilles d’or, crée un équilibre singulier et minutieux.

Jusqu’au 28 juin – Viale Belle Arti, 131

 
 

set film dolcevita
Crédits : Istituto Luce


La Cinecittà si mostra… plus pour bien longtemps !

Depuis le 3 février dernier, la Cinecittà a ouvert au public son patrimoine historique et architectural. Une occasion unique de se plonger dans la culture cinématographique italienne, à saisir avant la fin du mois de juin.
L’événement propose différents parcours de visite. « Ça tourne à Cinecittà » retrace par exemple l’histoire des productions qui ont marqué l’histoire du cinéma entre 1943 et 1990, grâce à une sélection d’images, d’interviews et de costumes d’acteurs mondialement connus, allant de Monica Vitti à Salma Hayek en passant par Toni Servillo. Ce parcours rend hommage à des films, comme Vacances romaines, et à des réalisateurs, notamment Pier Paolo Pasolini, qui ont marqué la culture cinématographique italienne. La mostra comprend également des salles interactives pour découvrir les métiers du cinéma et offre une immersion inédite dans l’imaginaire fellinien, à travers la visite du Palazzina Fellini, cité à l’intérieur de la cité dédiée au célèbre réalisateur italien.
L’exposition donne aussi accès à trois grands décors permanents : la Rome Antique, le Temple de Jérusalem et le Quattrocento florentin. Ces plateaux de tournage emblématiques de l’histoire du cinéma italien sont accessibles en visite guidée.

Jusqu’au 30 juin – Via Tuscolana, 1055

Luz Escoubes

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