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RENCONTRE - Gilles Chaillet ou la passion de Rome

Écrit par Lepetitjournal Milan
Publié le 1 janvier 1970, mis à jour le 13 novembre 2012

Affable, les yeux pétillants quand il parle de Rome, Gilles Chaillet présente, aujourd'hui et demain, son livre Dans la Rome des césars, au Centre culturel Saint Louis de France et dans les librairies l'Aventure et Vivalibri. Rencontre avec cet homme passionné par la ville éternelle

Votre livre Dans la Rome des Césars vient de sortir en version italienne. Comment est né ce projet de dessiner toutes les rues de la Rome antique et d'écrire l'histoire de Flavien ?
Ce livre est le projet d'une vie. Je me rappelle qu'à l'âge de 9 ans, j'ai demandé à mon père de me donner du papier et des crayons pour dessiner Rome aux temps des romains. J'avais lu Alix en 1954 et Jacques Martin m'avait fait rêver de Rome. A l'époque, une personne de ma famille m'avait également rapporté des cartes postales et une carte de Rome. Ces premiers documents m'ont servi de base pour mes dessins. Ensuite, tout au long de ma vie, j'ai dessiné des rues de Rome. J'ai fait ma première maquette à 14 ans. D'ores et déjà, j'avais le souci d'essayer de faire une reconstruction historique. A 19 ans, je suis allé pour la première fois à Rome. Ce fut le choc. Après une première déception ? j'avais rêvé cette ville pendant 10 ans et j'étais arrivé à Termini, on fait plus pittoresque ! ? mon coup de blues s'est vite dissipé en découvrant le Colisée du parc du Trajan. Je suis resté 15 jours et tous les matins je dessinais une partie de la maquette du musée de la civilisation romaine. En 1989, j'ai décidé officiellement de me lancer dans ce projet de reconstitution de la ville. C'est en montrant mes dessins à des amis que l'un d'eux m'a poussé à rencontrer Jacques Glénat. Celui-ci a été emballé et m'a demandé d'écrire une histoire qui puisse être un support pour présenter cette reconstitution.

A la lecture de votre livre, on sent que vous avez effectué un travail minutieux de recherche. Comment avez-vous procédé ?
En 1989, quand je me suis décidé à me lancer dans ce projet, Madame D'Amato, une des conservatrices du musée de la civilisation romaine, m'a permis de photographier la maquette de long en large. Elle m'a également fait connaître les ouvrages de Filippo Coarelli, un historien spécialisé dans la Rome antique. Grâce à ses découvertes et à la lecture de beaucoup d'auteurs latins, j'ai pu constituer plus de 2000 fiches sur les divers quartiers de Rome. Je me suis également inspiré des pièces de monnaies. Quand un monument était restauré, il était généralement représenté sur une pièce. Les dessins d'artistes m'ont également bien aidé. Avant de détruire un monument, ceux-ci faisaient généralement un croquis du bâtiment. Il est très difficile d'affirmer que c'est une reconstitution fidèle de Rome. Je dirais plutôt que c'est "ma ville de Rome"avec une image à la date où j'ai fini d'effectuer mes recherches.

Comment a été reçu votre livre parmi les historiens ?
Très bien. Six mois avant la sortie du livre, il y a 3 ans, le musée archéologique d'Arles m'a contacté pour me proposer d'utiliser la maquette de mon livre lors d'une exposition. Le jour de l'inauguration, le conservateur m'a fait une surprise : différentes pointures de l'histoire romaine sont venues signer ma maquette. Quand j'ai présenté mon livre à Rome en 2004, j'ai également eu un contact merveilleux avec les historiens de l'Ecole française. Le lendemain de la présentation nous nous sommes retrouvés à déballer des anciens plans de la ville. Nous étions comme des enfants regardant une carte pour une chasse au trésor.

Quel a été le désir premier à la naissance de ce projet ?
Me faire plaisir. La reconstitution maison par maison est le pivot du livre. Quand j'ai dû ensuite écrire le récit de Flavien c'est mon désir de faire sentir des odeurs, une atmosphère aux lecteurs qui l'a emporté. Le texte est néanmoins là pour faire vivre les dessins.

Vous connaissez chaque rue de Rome. Quels sont votre quartier et votre monument préféré ?
J'aime beaucoup le forum. Quand nous nous baladons, ma femme et moi nous arrangeons toujours pour le voir au coucher du soleil. J'aime également beaucoup l'Aventin et plus spécifiquement la partie entre l'église Sainte Sabine et la place des Chevaliers de Malte. En ce qui concerne les monuments, le Panthéon est, selon moi, le plus beau monument architectural qui ait jamais été conçu. Si vous regardez le trou de la coupole et qu'ensuite vous vous concentrez sur les murs du bâtiment, vous avez la sensation que l'ensemble de l'édifice tourne. C'est une illusion spécifiquement conçue pour donner l'impression que le monde tourne autour de l'empereur.
Propos recueillis par Sara FREDAIGUE. (www.lepetitjournal.com - Rome) mardi 30 octobre 2007

Présentation du livre
Rome "l'éternelle", "la magnifique", a été dessinée quartier par quartier, rue par rue, bâtiment par bâtiment, par Gilles Chaillet sur un magnifique et somptueux plan la reconstituant au 4ème siècle de notre ère. Ce livre, d'environ 200 pages, retrace le circuit de Flavien, héros de la bande dessinée La Dernière Prophétie, de Gilles Chaillet, dans la ville de Rome, accompagné du plan détaillé des rues qu'il traverse.

lepetitjournal.com Milan
Publié le 30 octobre 2007, mis à jour le 13 novembre 2012
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