Procès Ruby-ter : 10 millions d’euros réclamés à Berlusconi pour « discrédit mondial

Par Lepetitjournal Milan | Publié le 29/05/2022 à 18:27 | Mis à jour le 29/05/2022 à 18:33
Photo : Wikimedia Commons, auteur : paz.ca
berlusconi

L’avocate de la Présidence du Conseil des ministres a demandé une compensation financière d’un peu plus de 10 millions d’euros au Cavaliere pour les préjudices de l’affaire Ruby-ter, toujours en cours.

C’est un scandale dont l’Italie se serait bien passée. Douze ans après les premières révélations sur les soirées « bunga bunga » de Silvio Berlusconi dans sa somptueuse villa à Arcore, l’affaire Ruby-ter continue d’éclabousser la classe politique transalpine.

Des faits qui remontent au début des années 2010

A l’origine, l’ancien Président du Conseil est soupçonné d’avoir poussé à la prostitution une mineure, Karima El Mahroug, qui a donné son nom de scène (Ruby Rubacuori) au procès. Les soirées en compagnie des « Olgettine » (les participantes aux réceptions du Cavaliere) interpellent la presse et alertent la justice italienne. En juin 2013, Berlusconi est condamné à sept ans de prison et une peine d’inéligibilité à vie pour incitation à la prostitution d’une mineure et abus de pouvoir. Le sulfureux politique était accusé d’avoir usurpé son pouvoir de Président du Conseil en appelant personnellement le chef de la police milanaise pour libérer la « voleuse de cœurs », alors elle-même accusée d’avoir volé 3.000 euros de bijoux. Mais en juillet 2014, le « caïman » est acquitté par la Cour d’appel de Milan, une décision confirmée par la Cour de Cassation un an plus tard.

Des soupçons de corruption durant le procès Ruby-ter

Les affaires entre Berlusconi et la justice ne sont pourtant pas terminées. Douze ans après le début du scandale, les procureurs Tiziana Siciliano et Luca Gaglio ont demandé une peine de 6 ans de prison pour le « papi », accusé cette fois de corruption dans des actes judiciaires durant le procès de l’affaire Ruby-ter. Karima El Mahroug et la vingtaine d’anciennes participantes aux soirées « Bunga Bunga » sont également inculpées pour parjure. En cause, « un revenu de 2.500 euros et un toit » assurés par Berlusconi en échange de mensonges devant la justice. L’entourage du Cavaliere est aussi visé, avec les mises en cause de la sénatrice Maria Rosaria Rossi et du journaliste Carlo Rossella. Par ailleurs, un peu plus de 10 millions sont réclamés par la justice à Berlusconi ainsi que la confiscation de quatre de ses maisons.

Un procès synonyme de « discrédit mondial »

Mais les peines judiciaires requises ne s’arrêtent pas là. L’avocate de la Présidence du Conseil, Gabriella Vanadia, a estimé que « tous les accusés devaient être condamnés à une indemnisation en faveur de la Présidence du Conseil des ministres » afin de réparer le préjudice d’image porté à la fonction et à la représentation internationale de l’Italie. Le montant exigé est de « 10 millions pour corruption dans les procédures judiciaires et 500.000 euros pour faux témoignages ».

Forza Italia, le parti politique du Cavaliere, a réagi en dénonçant : « Une fois de plus, la justice est utilisée à des fins politiques ». Le Parquet ne devant pas se prononcer avant septembre, de nombreux rebondissements peuvent encore intervenir dans une affaire qui continue de secouer la classe politique italienne.

 

Clément Lefebvre

 

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