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COS’È ? – Panorama des partis politiques italiens (1/2)

Écrit par Lepetitjournal Milan
Publié le 1 janvier 1970, mis à jour le 21 octobre 2013

Pour vous aider à y voir plus clair dans le paysage politique italien, la rédaction vous propose de vous immerger dans l'univers des partis politiques de la péninsule. Une analyse du présent, qui ne peut toutefois pas ignorer l'Histoire. Quelle différence y a t-il entre le centre-gauche et le centre-droit ? Pourquoi un ancien comique est-il devenu homme politique ? La Ligue du Nord est-elle xénophobe ? Cette semaine, cap sur l'histoire des partis politiques et focus sur le Partito democratico et le Popolo della Libertà, ennemis de toujours qui forment l'actuelle coalition gouvernementale.

Les partis politiques en Italie au XXe siècle

C'est la fondation du Parti Socialiste Italien (1892) qui introduit la forme de "parti" dans le Parlement italien. Le changement est radical : à une simple regroupement de personnes au parlement, se substituent des associations organiques capables de mobiliser des masses.

La naissance du PSI est accompagnée par d'autres associations politiques d'aspiration de masse. Il s'agit des partis d'orientation catholique comme le Parti Populaire Italien (PPI) et la Démocratie Chrétienne (DCI). En 1921, au Congrès de Livourne, naît le Parti Communiste Italien (PCd'I, après PCI), issu d'une scission du PSI.

L'un des grands partis de masse de l'histoire italienne a été le Parti National Fasciste, fondé en 1924 et dissous en 1943. La fin de la Seconde Guerre mondiale en Italie signe le début de la Prima Repubblica (Première République). Une longue période de l'histoire politique italienne qui se termine en 1994 avec les scandales de Tangentopoli.

Les acteurs politiques principaux de la Prima Repubblica ont été le PCI et le PSI qui s'opposaient notamment au grand parti catholique de la Démocratie Chrétienne. Dans les années 1980, à l'issue des années de plomb qui ont vu s'affronter violemment les néo-fascistes et les communistes, les équilibres politiques ont subi un changement radical.

Avec le démarquage du PSI de l'idéologie marxiste, se configure une nouvelle coalition, appelée Pentapartito (du grec Penta, cinq : un parti formé par cinq partis). Ce qui en sort, c'est une force politique composé par les partis PSI, DC, PPI, Parti Républicain (PRI) et PSDI (Parti Socialiste Démocratique Italien).

Au début des années 1990, avec le Tangentopoli, saison de scandales généralisés sur fond de corruption et financement illicite des partis politiques, la Prima Repubblica compte ses dernières heures. La conséquence principale : la dissolution de la DC et du PSI.

Les partis politiques aujourd'hui

La forme des partis politiques que l'on connaît aujourd'hui est donc la conséquence directe de deux événements-clefs de l'histoire italienne: Tangentopoli et la crise du PCI, lors de la chute du Socialisme soviétique. La seule exception significative étant représentée par le MoVimento Cinque Stelle (Mouvement Cinq Étoiles).

La naissance du parti des DS et de Forza Italia, le parti fondé par Silvio Berlusconi, comporte l'adoption définitive des termes centre-gauche et centre-droit italiens, aujourd'hui encore très diffusés. Cela coïncide, par ailleurs, avec la configuration politique bipolaire en vigueur en Italie jusqu'en 2008.

Le Partito Democratico (PD)

Le Partito Democratico (Parti démocrate) naît en 2007, sous l'effort concerté des représentants majeurs de la coalition de

centre-gauche, l'Ulivo. Il s'agit d'un parti d'aspiration européenne, qui se propose par statut, d'opérer la coalition de forces socialistes, progressistes, démocratiques et réformistes.

Les âmes qui composent le PD sont multiples. Au sein du Parti démocrate ont convergé des membres provenant de forces politiques différentes : du PCI à la DC, du PPI au Parti Libéral (PLI) et au PSI. L'origine politique hétérogène comporte la présence de nombreux courants au sein du parti, qui ne coexistent pas toujours sans difficultés.

Le premier secrétaire du PD a été Walter Veltroni, ancien maire de Rome et ex-membre du PCI, souteneur du virage de la Bolognina. Veltroni a été le candidat du centre-gauche italien pour les élections politiques de 2008. La défaite de la coalition guidé par ce dernier, contre le centre-droit berlusconien a été nette : 37.5% des votes contre 46.8% obtenu par la coalition adversaire.

La défaite politique de Veltroni inaugure une période de passage. La direction du Parti est temporairement confiée à Dario Franceschini (ex DC).

Avec les élections primaires de 2012, Pierluigi Bersani est élu secrétaire du PD et devient le candidat pour les élections générales de 2013. Les résultats précaires (29.5% des votes) l'obligent à démissionner et à laisser la place à Guglielmo Epifani, syndicaliste CGIL.

Depuis 2010, avec le mouvement des rottamatori, Matteo Renzi, le jeune maire de Florence, est l'un des personnages éminents du PD. Candidat aux élections primaires de 2012, il est arrivé deuxième derrière Bersani.

Les résultats instables (29.55% des votes) des élections politiques de 2013 ont obligé le parti à un accord avec son ennemi de toujours. Le résultat, c'est le gouvernement Letta (PD, ex DC), soutenu aussi par la coalition de centre-droit.

Le Popolo della Libertà (PdL, ou Forza Italia, FI)

Le Popolo delle Libertà (Peuples de la liberté) naît en 2009 sous la volonté de son leader et fondateur Silvio Berlusconi. Le PdL se constitue grâce à la fusion de Forza Italia, le parti chrétien-démocrate et libéral de Berlusconi, et de Alleanza nazionale, un parti conservateur, guidé par Gianfranco Fini.

Le PdL est aujourd'hui le premier parti du centre-droit italien. Le parti naît en 2007, d'une idée de Silvio Berlusconi qu'il promeut lors d'une manifestation Piazza San Babila à Milan.

Au PdL, en vertu de sa nature fédératrice, convergent des réalités politiques d'origines différentes : du PSI à la DC, du Parti Radical au MSI, le parti de la droite italienne fondé par des anciens membres de la République Sociale.

Le PdL (en coalition avec la Ligue du Nord) remporte les élections de 2008. Le résultat fait du leader du parti, Silvio Berlusconi le président du Conseil des ministres italien. Son gouvernement est l'un des plus longs de la République Italienne.

Le PdL vit une crise profonde en 2010, quand Gianfranco Fini, leader de Alleanza Nazionale et membre fondateur du PdL se sépare du parti pour fonder, au début de 2011, un nouveau parti politique: Futuro e libertà.

En novembre 2011 Berlusconi démissionne de la présidence du Conseil des ministres. Lui succède alors un gouvernement technique présidé par Mario Monti, économiste et recteur de l'Université Bocconi de Milan.

Le soutien du PdL au gouvernement Monti, en novembre 2011, a été la cause principale de la rupture avec la Ligue du Nord. L'accord avec Monti détermine une scission ultérieure dans le parti de Berlusconi. Une composante minoritaire, guidé par la députée Giorgia Meloni, se sépare du PdL pour converger vers Fratelli d'Italia.

Aux élections politiques de 2013, le PdL obtient un résultat inattendu : 29.18% des votes contre le 29.55% obtenu par le PD. Le résultat, c'est l'actuel gouvernement présidé par Enrico Letta.

Après les nombreuses scissions au sein du PdL, Silvio Berlusconi a annoncé récemment sa volonté de refonder Forza Italia, parti dans lequel il a connu son ascension sur la scène politique italienne.

Rendez-vous la semaine prochaine pour la deuxième partie du panorama des partis politiques italiens. Nous vous présenterons, entre autres la Ligue du Nord, le MoVimento 5 Stelle et d'autres partis de gauche et de droite.

Tommaso Venturini (Lepetitjournal.com de Milan) ? lundi 21 octobre 2013

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Publié le 20 octobre 2013, mis à jour le 21 octobre 2013
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