

Aout 1943. Milan fait face à des bombardements virulents. Tout est détruit. Comment reconstruire une ville entière, meurtrie par les horreurs de la guerre ? Une période cruciale pour Milan, qui a su en seulement dix ans renaître de ses cendres. A voir jusqu'au 12 février.
Gianfranco Ucelli bombardements de 1943
C'est une des ces nombreuses pages sombres de l'histoire de la Seconde Guerre mondiale que raconte cette exposition créée par Stefano Galli et organisée par l'association « Spirale d'Idee » en partenariat avec la Ville de Milan.
Les photos d'un évènement douloureux
Ce sont les conséquences douloureuses des bombardements alliés d'aout 1943 que l'on découvre brutalement à travers des photographies d'époque, notamment celles de Gianfranco Ucelli. Le moment est pris sur le vif : bâtiments détruits, édifices dénaturés, ville meurtrie, rues pavées de ruines et on peut ressentir l'injustice vécue par les populations face à ces raids aériens répétés jusqu'à l'épuisement. La multiplicité des documents historiques (photos, affiches, souvenirs, objets) nous plonge profondément dans cette période terrible.
L'exposition se poursuit avec une perceptive de l'histoire « par le bas », mettant en lumière certains aspects de la vie quotidienne en temps de guerre, la richesse des relations sociales tissées dans un moment si difficile et dramatique, la complexité des reconstructions mais aussi du drame des personnes déplacées, en passant par l'adaptation des citoyens dans une ville ruinée par la guerre à la documentation sur une économie spontanée basée sur le marché noir.

Hotel Diana, premier siège nazi
Ensuite, l'exposition illustre la présence du régime dans la ville, à travers des hauts lieux du fascisme tels que l'Hôtel Diana, le premier siège du commandement allemand, l'Hotel Regina autre siège nazi ou encore la Piazzale Loreto, théâtre de l'épilogue de mai 1945.
L'exposition emmène le visiteur à découvrir les longues années de reconstruction des bâtiments historiques et précieux aux yeux des Milanais, à l'image du théâtre de la Scala ou la Galerie Vittorio Emmanuele, tandis que d'autres bâtiments, bien que légèrement endommagés ont été sacrifiés au nom de la modernité, comme ce fut le cas de l'ancien Palazzo Visconti sur le Navigli.
On suit progressivement comment Milan, courbée par les bombardements des forces alliées, a été en mesure de panser ses blessures, se lever et recommencer, donnant naissance à de nouvelles décennies palpitantes dans laquelle Milan a su se rendre maître de sa propre rédemption. Les transformations urbaines sont radicales et parallèles au retour progressif de la liberté : les m?urs se délient et on repense enfin à se divertir dès le début des années 50.

La renaissance rapide de Milan
Les milanais repensent à se cultiver et à créer : c'est le début du design, l'effervescence d'une société de consommation en perpétuel demande de nouveauté incite à créer de nouveaux objets, à l'image du frigo « Breda ». Cette envie de culture atteint son point culminant, quand en 1953 le Palazzo Reale accueille Pablo Picasso et son Guernica. Milan se retrouve alors renouvelée, et sculpte à nouveau son image.
Horaires
Lundi : fermé
Mardi, mercredi, vendredi, samedi et dimanche: 10h00-20h00
Vendredi: 10h00-22h30
Prix
10? - 8? prix réduit
Chloé Tridera (lepetitjournal.com de Milan) ? Jeudi 19 janvier 2017















































