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Allocation d’autonomie jeunesse : bientôt 1092€ par mois pour tous les étudiants ?

Face à la précarité étudiante, la création d’une allocation d’autonomie jeunesse est portée par la sénatrice écologiste Monique de Marco, accompagnée de Mathilde Ollivier, sénatrice représentant les Français établis hors de France. Appuyée par l’UNEF, cette “solution d’émancipation” sera étudiée le 13 décembre par le groupe écologiste du Sénat, avant d’aller chercher des soutiens au-delà de leur niche politique.

Le groupe écologiste du Sénat étudie la possibilité d'une allocation d'autonomie jeunesseLe groupe écologiste du Sénat étudie la possibilité d'une allocation d'autonomie jeunesse
Écrit par Teddy Perez
Publié le 27 novembre 2023, mis à jour le 28 novembre 2023

1.400.000 jeunes de 18 à 24 ans vivent sous le seuil de pauvreté en France selon une enquête de l’Union nationale des étudiants de France. Les mesures politiques et économiques ne suffisent plus à répondre à cette situation d’urgence, contraignant les jeunes les plus démunis à se joindre à la queue devant les banques alimentaires ou à exercer une activité professionnelle en parallèle de leurs études (40% selon l’UNEF).

Pour lutter contre cette précarité, Monique de Marco, Mathilde Ollivier, Antoinette Guhl et Anne Souyris - quatre sénatrices du groupe écologiste - montent au créneau et proposent une allocation d'autonomie jeunesse. Ce revenu serait universel à hauteur 1 092 euros par mois pour tous les jeunes en formation de 18 à 25 ans. Un montant qui n’est pas choisi au hasard puisqu’il représente 78 % du salaire minimum de croissance, soit l’échelon maximal de rémunération d’un apprenti de moins de 25 ans.

 

 

Avant la proposition, le temps des auditions

L’idée d’un revenu universel pour les jeunes n’est pas nouveau. Le constat est tel qu’en France, des personnalités politiques de chambre basse du Parlement français se sont aussi saisies de la problématique. Une proposition de loi visant à instaurer une allocation d'autonomie pour les jeunes en formation a été déposée le mardi 11 octobre 2022, rapportée par le député de La France Insoumise Louis Boyard et renvoyée à la Commission des affaires sociales.

Désormais, ce sont aux sénateurs - plus particulièrement des sénatrices - de se pencher sur sa mise en œuvre. Une mise en œuvre qui n’est pas une folie utopique puisqu’en Europe, certains pays rémunèrent déjà des jeunes durant leurs études. Au Danemark, ce principe est jugé comme un “investissement” pour le futur de la nation. Au sein d’un pays où le coût de la vie est 12,9 % plus élevé qu'en France, les jeunes Danois ont droit à une aide qui peut atteindre jusqu’à 860 euros par mois. En Suède aussi, il est possible de percevoir une prestation financière sous certaines conditions lorsque l’étudiant à moins de 25 ans.

“Nous voulons avoir des auditions avec ces pays scandinaves pour savoir comment cela fonctionne” confie Mathilde Ollivier avant de porter le dialogue à l’entièreté du groupe écologiste. Cependant, le combat ne sera pas facile car le président de la République a - le mois dernier - fait savoir qu'il était opposé à un revenu universel étudiant.

 

Remplacer les aides par une allocation universelle

En amont du 13 décembre, un certain nombre d'auditions seront réalisées et “permettront d'évaluer à la fois le coût exact des allocations et des aides qui seront supprimées pour donner place à cette allocation, que ce soient les APL, la demi-part fiscale.” présente la sénatrice des Français de l’étranger. 

En cas de passage de loi, les jeunes étudiants ne seraient ainsi plus rattachés au foyer fiscal de leurs parents. De plus, cela ne concernerait pas seulement les étudiants mais aussi celles et ceux en situation d'apprentissage qui seraient rémunérés de manière équivalente par cette allocation. Moins de disparités et d’insécurité et davantage de ressources et d’égalités pour la jeunesse. Voilà les objectifs clairs de l’allocation d’autonomie jeunesse.

 

“Je porterais une attention particulière aux Français de l'étranger qui pourraient avoir accès à cette allocation lorsqu'ils reviennent en France.” - Mathilde Ollivier

Interrogé sur la portée de ce revenu universel, Mathilde Ollivier avoue que cette allocation ne concernerait pas les jeunes Français et Françaises faisant leurs études à l’étranger ou basée sur des programmes d’échanges internationaux. “Il y a déjà tout un panel d'aides sociales qui sont disponibles pour les Français de l'étranger qui sont en difficultés financières à l'étranger” répond la sénatrice qui ajoute “porter une attention particulière aux Français de l'étranger qui pourraient avoir accès à cette allocation à leur arrivée en France”.

De retour dans l’Hexagone, les jeunes peuvent effectivement rencontrer des difficultés à prétendre aux bourses ou à accéder à des places dans les logements CROUS. Grâce à l'allocation d’autonomie jeunesse, l’idée serait qu'ils puissent eux aussi éviter ces incertitudes à leur retour en France peu importe leurs moyens.

 

Selon le Ministère de l'Enseignement supérieur et de la Recherche : Les ressources mensuelles moyennes des étudiants s’élèvent à 919 €. Presque les trois quarts des étudiants sont, au moins en partie, dépendants financièrement de leurs parents. Pour 46 % des étudiants, les aides des parents représentent même plus de la moitié de leurs ressources.

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