Mercredi 28 octobre 2020

L'univers onirique de Jules Perahim

Par Bucarest/Centenaire | Publié le 16/09/2020 à 00:00 | Mis à jour le 16/09/2020 à 00:00
Photo : Wikimedia
 Jules Perahim peintre roumanie artiste culture

La paix fut imposée pendant la période de l'entre-deux-guerres. À la fin de la Grande Guerre, les états européens se redressèrent du point de vue économique et social, fournissant à la culture la meilleure occasion de fleurir. Les nouvelles générations d’artistes se montrèrent plus batailleuses, rejoignant l'ensemble des avant-gardes plastiques et littéraires. Dans le Royaume de Roumanie, l’élite de la peinture surréaliste était représentée par deux personnalités très controversées : Victor Brauner et Jules Perahim.

 

L'année de naissance de ce dernier, semble le prédestiner aux grands débuts: le peintre d’origine juive voit la lumière du jour le 24 mai 1914, à Bucarest. Il est le descendant d’une famille assez aisée, qui a déjà offert plusieurs hommes de culture à la Roumanie. Son véritable nom est Blumenfeld. En effet, l’artiste roumain fut baptisé du nom de Iulis Blumenfeld.

Ses aptitudes artistiques se développe très vite sous l'aile protectrice de deux grands peintres roumains, professeurs d'université à l’Ecole Nationale de Beaux-Arts de la capitale : Costin Petrescu et Nicolae Vermont. Dans l'univers de la peinture, il est connu sous le nom de Jules Perahim, pseudonyme qu'il a pris dès le début des années 30, celui-ci étant son prénom francisé et un nom de famille traduit en hébreu. Il est possible qu’un de ses deux maîtres lui ait servi en tant que modèle dans le choix de son surnom. Les deux professeurs ont tous deux renoncé aux résonances allemandes de leurs noms, par exemple, le graveur d'origine juive, Isidor Grünberg a décidé de se convertir à l’orthodoxie et a traduit son nom de famille dans la langue française (grün Berg - Vert mont).

Le début de la carrière du peintre roumain se concrétise autour des revues Unu et Alge, il est d'ailleurs leur co-fondateur, ainsi qu’un collaborateur fidèle : on dit que dans ses dessins, il exploitait une sorte de pouvoir subversif de l’imagination. Dans cette période, son éloignement du dadaïsme devient de plus en plus évident, culminant avec ses propres expositions, organisées dans tout le pays : tous ses dessins, ses peintures et ses lithographies englobent des éléments surréalistes. À la différence des Chimères de Victor Brauner, les œuvres de Jules Perahim misent sur l’essence énigmatique des éléments historiques : beaucoup d'entre eux deviennent une réactualisation des figures mythologiques. Il compte aussi sur des vastes sources d’inspiration, mettant en valeur les modèles traditionnels grecs, romains et africains.

Selon les déclarations des différents critiques d’art, dans ses tableaux on retrouve soit des paysages hyperréalistes, soit des fragments de son univers onirique. Il y a aussi une prédilection toute particulière pour les figures hybrides qui réunissent l'animal et le végétal, au niveau conceptuel et même sensuel. On peut ainsi mentionner plusieurs oeuvres : Maison à vendre, Monuments, Forêts, Le rêve d’une jeune fille, La fiancée du roi musicien ou l’Équilibre parfait.

 

Jules Perahim

 Surealistic Composition

 

Après 1950, Perahim réalise des dessins et des peintures conformes aux principes du réalisme socialiste. On parle d’une forme d’art dirigé, typique aux états de l’ancien bloc communiste, car dans la vision des officiels, la littérature et les arts plastiques n’avaient qu’un seul but : la promotion du communisme soviétique. En d’autres mots, les dessins du peintre roumain deviennent impersonnels, purement académiques. Essayant de se soustraire à cette doctrine, il se consacre au domaine du décor de théâtre et aux illustrations de livres, et devient rédacteur en chef de la revue Arta plastica (L’Art plastique).

En 1969, Jules Perahim quitte la Roumanie pour s'établir en France avec sa femme, Marina Vanci-Perahim, professeur(e) universitaire d’Histoire de l’art. Il dédie ensuite les dernières années de sa vie à la peinture et à de nombreuses expositions artistiques, travaillant infatigablement jusqu’au printemps de l’année 2008 quand il trouve enfin le repos.  

 

 

Sources : Universalis.fr, Expertisez.com

 

 

Ana Maria Rosca

 

Article réalisé dans le cadre du Programme Culturel București - Centenar avec le soutien de Primăriei Municipiului București à travers Administrația Monumentelor și Patrimoniului Turistic 

 

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