Simon Skira ou la paix en route

Par Houda Belabd | Publié le 09/11/2020 à 15:58 | Mis à jour le 04/04/2021 à 16:02
Simon Skira, président-fondateur de l’Association d’amitié Israël-Maroc

Descendant d’aïeux andalous, militant pour la paix, président-fondateur de l’Association d’amitié Israël-Maroc, chargé de mission du label Grandes écoles pour la paix, Simon Skira est, depuis longtemps, une figure de proue du dialogue intercommunautaire. Interview.

Lepetitjournal.com/Andalousie: Vous êtes chargé de mission auprès de la direction générale Ecam Epmi - Grandes écoles pour la Paix. Parlez-nous de cette expérience.

Simon Skira: J’ai l’honneur d’assurer cette mission pour promouvoir le label Grandes écoles pour la paix. C’est une expérience très intéressante et enrichissante, dans le cadre de laquelle, j’ai pu exploiter mes années de militantisme pour la paix. Ce qui me rend très honoré et heureux, la grande attention donnée par l’école pour la réussite de ce projet. 

Comment souhaitez-vous concrétiser ces partenariats avec des universités et grandes écoles de cette partie de la péninsule ibérique ? 

Nous n’avons pas eu de contact direct avec l’Institut français en Andalousie, mais nous le ferons très prochainement dans le cadre de la promotion de notre Label Grandes écoles pour la paix. Je porte un intérêt particulier à cette région pour plusieurs raisons. C’est la région de mes arrières grands-parents et aussi une région qui exprime une grande diversité et vit une grande diversité intercommunautaire et interculturelle. Nous sommes très intéressés par avoir des écoles et universités adhérants à notre programme. Et dans ce sens, nous avons visé, dans notre démarche, des établissements de renom afin de les approcher. 

Quel regard portez-vous sur nos systèmes éducatifs du pourtour euro-méditerranéen ? 

Les systèmes éducatifs euro-méditerranéens doivent non seulement assurer des formations qualifiantes, mais aussi aider les étudiants à s’adapter à l’environnement international dans lequel nous évoluons. Il faut que les universités et les écoles soient un moyen de rapprochement au niveau de l’espace euro méditerranéen et international. 

Que doivent-ils intégrer dans leurs cursus, concrètement ?

Nos systèmes éducatifs doivent intégrer une compréhension de la paix, des droits de l’homme, de la justice sociale et des problèmes mondiaux, la connaissance des civilisations et des valeurs des différentes communautés afin de promouvoir le respect et éviter les conflits et les stigmatisations. Nos établissements doivent devenir des pépinières pour la paix. 

Votre engagement invétéré pour le dialogue interreligieux et intercommunautaire date de plusieurs décennies. Une lutte « poétique » qui joue les prolongations, n’est-ce pas ? 

Mon engagement n’est que la continuité des engagements de nos prédécesseurs et nous passerons le flambeau à nos successeurs. C’est une lutte poétique comme vous avez dit, qui va se prolonger tant que nous avons des personnes qui ne cherchent que le conflit et n’acceptent pas la diversité et les différences. D’où l’importance du Label des grandes écoles pour la paix qui servent à inculquer les bonnes valeurs d’égalité, de non-discrimination, d’acceptation des différences, du respect et de la paix chez les jeunes, et par conséquent, bâtir une génération qui croit au vivre ensemble. 

Nous passons par une conjoncture pour le moins délicate. Comment pourrions-nous remonter la pente et sortir indemne de ce scénario ?

Sur le plan sanitaire, il faut prendre toutes les mesures préventives au sérieux afin d’éviter la contamination. Sur les autres plans économiques, politiques et environnementaux, il faut revoir notre modèle actuel qui a atteint ses limites et repenser sérieusement à un nouveau modèle basé sur des valeurs universelles. Nous avons pu comprendre qu’au lieu de se concurrencer, se quereller, entre pays ou communautés, il faut s’entraider et collaborer afin de pouvoir dépasser tous les problèmes planétaires, non seulement les épidémies, mais aussi le problème de la pollution, les conflits ... et tant d’autres.

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Houda belabd

Houda Belabd

Après avoir poursuivi ses études supérieures en journalisme et communication à Rabat et affûté sa plume dans diverses rédactions françaises et européennes, Houda Belabd souhaite se spécialiser dans la préservation culturelle du patrimoine des châteaux
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