G. Destre: "Coyote est le seul avertisseur à inclure tous les radars d'Espagne" premium

Par Armelle Pape Van Dyck | Publié le 06/04/2022 à 14:40 | Mis à jour le 07/04/2022 à 09:31
Photo : Gregoire Destre, responsable de Coyote en Espagne
gregoire destre coyote

L'entreprise française Coyote, implantée en Espagne depuis 2016, a eu la brillante idée de réaliser pour la première fois un observatoire des radars en Espagne, et les conclusions sont surprenantes. Grégoire Destre, le responsable de la filiale pour la péninsule ibérique nous explique leur stratégie.

 

On peut dire que Grégoire Destre est un expatrié au long cours. Après son école de commerce, il décide de faire l'armée dans le cadre de la coopération et part donc travailler 18 mois pour une entreprise française en Espagne. L'expérience et le pays lui ont tellement plu qu'iI ne reviendra pas en France.

 

"J'étais chef de produit à Carrefour Espagne, dans la technologie -se souvient Grégoire Destre-. Ça a été un super apprentissage qui m'a mis les pieds à l’étrier. Je suis finalement resté cinq ans à Carrefour, qui s’appelait alors Pryca (qui voulait dire Precio et Calidad), et cela m’a donné une expérience fantastique dans le secteur de la grande distribution et dans l’informatique".

Un fil conducteur: grande distribution et technologie

Après avoir fait ses armes chez Carrefour, Grégoire Destre a rebondi dans différentes entreprises, toujours liées à la grande distribution et à la technologie. Et toujours en Espagne, pays dont il est tombé amoureux. Fort de son expérience, Grégoire commence à travailler pour Coyote, qui cherchait alors à s'implanter sur le marché ibérique. On est en 2016.

Cinq millions d'utilisateurs Coyote

Pour rappel, Coyote est une jeune entreprise française, puisqu'elle a été créée en 2005. La société a pour vocation de développer et commercialiser des outils pour conduire de façon plus sûre. Elle fournit ainsi des informations en temps réel sur les radars, bien sûr, mais aussi sur les limitations de vitesse, les endroits dangereux, les conditions de circulation, en définitive, tout ce qui peut aider à une meilleure conduite pour une communauté croissante de plus de cinq millions d'utilisateurs en Europe.

Nous avons toujours un parc de clients qui restent fidèles au boîtier et donc nous continuons à les vendre

Avec une croissance annuelle soutenue de plus de 10%, Coyote a son siège social en France et est présente dans 16 pays européens. "Coyote a un 'business développement' très rentable -explique Grégoire- C’est un service Premium, un peu comme Netflix, on paye chaque mois. Et c’est un service qui marche bien. Le secteur de la mobilité est très en vogue et les applications sont très tendance".

Coyote photo de l'application mobile

Du boitier à l'application Coyote

Et oui, les plus "vieux" s'en souviendront. Au départ, Coyote, c'était un boitier, mais l'entreprise a rapidement su évoluer pour offrir ses services via les applications mobiles. Ce qui ne veut pas dire qu'ils arrêtent de commercialiser le célèbre boitier. "Les boîtiers existent toujours -explique le responsable de Coyote en Espagne-. On en vend encore, mais de moins en moins, parce que les gens préfèrent avoir leur application sur leur téléphone, mais nous avons toujours un parc de clients qui restent fidèles au boîtier et donc nous continuons à les vendre".

Il y a plein de partnerships possibles, et nous sommes ouverts à tous les secteurs

Depuis son arrivée en Espagne, Coyote s'est bien développée. La société a mis en place d'importants partenariats et des campagnes de marketing pour se faire connaître. Le bouche à oreille a fait le reste. "Nous travaillons beaucoup avec des partnerships,  tels que Vodafone, La Mutua, Mapfre ou Bip and Drive – raconte Grégoire Destre-. Coyote est utilisé comme outil de marketing par ces entreprises qui offrent à leurs clients nos services dans des conditions préférentielles. Et pour nous, ce sont des moyens de capter et fidéliser. Il y a plein de partnerships possibles, dans tous les domaines, et nous sommes ouverts à tous les secteurs". D'importants accords stratégiques seront d'ailleurs dévoilés très prochainement.  

 

Controle de la guardia civil sur la route
Miguel Ángel Ramón-Pixabay

Différence entre avertisseurs et détecteurs de radars

Grégoire Destre est très optimiste pour cette année, en particulier depuis la mise en place du nouveau code de la route qui clarifie une bonne fois pour toute la différence entre les détecteurs et les avertisseurs. "Jusqu'ici en Espagne -explique le Country Manager de Coyote España-, il se produisait vraiment une concurrence déloyale avec les détecteurs et les inhibiteurs de radars, qui étaient nos gros compétiteurs car nous, nous sommes des avertisseurs, pas des détecteurs".

Avant le 21 mars, l'utilisation des détecteurs ou inhibiteurs de radars était déjà interdit, mais dans les faits, ne l'était pas

Et la différence est de taille. En effet, Coyote partage avec ses utilisateurs l’information géolocalisée qu'ils reçoivent. Leur principale source, hormis les propres "coyoteurs", sont les différentes administrations publiques, telles que la Dirección General de Tráfico (DGT), Servei Català de Trànsit et Trafikoa.

Depuis le 21 mars, 200 euros d'amende et 3 points en moins

Or, avec les changements du code de la route effectués le 21 mars dernier, la loi renforce l'interdiction des détecteurs. "Avant -raconte Grégoire Destre-, l'utilisation des détecteurs ou inhibiteurs de radars était déjà interdit, mais dans les faits, cela ne l'était pas. Lorsque la police ou la guardia civil faisait un contrôle sur la route, il suffisait d'avoir éteint son dispositif juste avant, et c'était à l'agent de démontrer que le conducteur était en train de l’utiliser".

 

En d'autres termes, dans la réalité, c’était permis. Mais depuis le 21 mars, cette permissivité a disparu et il est désormais interdit non seulement de l’utiliser mais aussi et surtout d’en avoir un dans la voiture. "Maintenant, si on est arrêté et qu'on a un tel dispositif, même dans la boîte à gants, c’est 200 euros d’amende et trois points en moins. En France les détecteurs sont interdits, mais vraiment interdits, et depuis longtemps. C'est pour cela qu'en Espagne c’était une concurrence déloyale".

 

Un radar sur la route

 

Coyote inclut les radars spécifiques de l'Espagne

Mais si le public opte de plus en plus pour les applications mobiles, quel est l'intérêt d'un système comme Coyote, qui reste payant, par rapport à une application comme Waze, qui est gratuite? " Waze est peut-être plus pointu sur la navigation et les embouteillages – souligne Grégoire Destre-, mais nous avons une meilleure base de données de radars et on n'a pas la publicité. Sur 10 alertes, 4 sont des radars et 6 sont des alertes de sécurité routière parce qu’on a vraiment un système d’alerte très précis, et puis on a les "coyoteurs", cette grande communauté qui signale les problèmes sur la route. Et enfin, Coyote s’adapte à la législation de chaque pays".

 

En Espagne, ce dernier aspect est particulièrement important. En effet, non seulement le Pays Basque et la Catalogne ont obtenu le transfert des compétences en matière de circulation, mais les municipalités ont également leurs propres radars. Une complexité propre à l'Espagne.

 

Un radar qui fait 50 photos/seconde, unique en Espagne

"Les radars de ceinture et portable – explique le responsable de Coyote- sont une spécificité de l'Espagne et Waze ne l'a pas car il n'incorpore pas les différences de chaque pays". Ce radar ceinture et téléphone prend 50 photos par seconde, ce qui lui permet de détecter si le conducteur porte sa ceinture de sécurité, mais surtout s'il a le téléphone dans la main. Or, la DGT infligera une amende à toute personne qui a un portable en main, qu'elle l'utilise ou non. Concrètement, l'amende sera de 500 euros et la perte de 6 points de permis de conduire…

image de radar
pixabay

1ère radiographie des radars en Espagne

Et c'est précisément cette base de données de radars très complète qui a poussé le responsable de Coyote à réaliser un observatoire à ce sujet. "C’est la première fois en Espagne que sort une telle étude. C’est vraiment une photo complète de tous les radars en Espagne parce que, comme on le sait, la situation de l’Espagne, avec les communautés autonomes, sans parler des mairies, est très complexe, mais on est arrivés à recompiler toute l’information qui était très disséminée. En plus, les mairies ne publient pas ces données, mais nous, on les a, et cela permet d'obtenir un baromètre objectif. Ce sont des faits, pas de l’opinion."

La moitié des radars sont concentrés dans trois régions: la Catalogne, l'Andalousie et Castille et Léon

L'observatoire a ainsi montré pour la première fois qu'il y avait en Espagne 2.640 radars. "De ce total, seulement 800 sont de la DGT – souligne le responsable de Coyote-. Ça veut donc dire que tout le reste, ce sont des radars en Catalogne, au Pays basque, mais aussi tous les radars des mairies et là il y a beaucoup de radars de feux, de tronçon, sans parler des radars de ceinture et portable".

Bientôt 3.000 radars en Espagne

Il est en effet intéressant de constater le poids des villes. Ainsi, si la DGT, les Mossos (police autonome catalane) et l'Ertzaintza (police basque) gèrent 1.535 radars, les municipalités sont responsables des 1.105 autres! "Et cette année -ajoute Grégoire Destre- le chiffre total devrait encore être supérieur, puisqu'il devrait augmenter de 10%, pour atteindre plus de 2.900 radars".

 

Compte tenu, précisément, des spécificités régionales, Coyote est actuellement en train de réaliser des observatoires régionaux. D'ailleurs, une des conclusions de l'étude menée par Coyote est que plus de la moitié des radars sont concentrés dans trois régions: la Catalogne, l'Andalousie et Castille et Léon. Alors, soyez vigilants en traversant ces régions!

Armelle pvd

Armelle Pape Van Dyck

Après 15 ans à la direction de la communication de la 1ère banque espagnole, elle a décidé de concilier vie pro & perso, comme journaliste freelance en français ou espagnol. Elle est vice-présidente de l’Association des Correspondants de Presse Étrangère.
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