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Centenaire de VGE, Louis Giscard d’Estaing célèbre un héritage moderne et visionnaire

À l’occasion du centenaire de la naissance de Valéry Giscard d'Estaing (1926-2026), son fils Louis Giscard d’Estaing, de passage en Pologne, revient sur l’héritage d’un président visionnaire, parfois surnommé le « Kennedy français », qui incarna un nouveau rapport à la fonction présidentielle. Réformateur, il a notamment abaissé la majorité à 18 ans, et a accompagné la légalisation de l’IVG portée par Simone Veil. Soucieux de rompre avec la distance traditionnelle de ses prédécesseurs, il descend les Champs-Élysées à pied après son investiture, dîne chez des Français “ordinaires”, ou invite des éboueurs à l’Élysée pour le petit-déjeuner. Polytechnicien, énarque, ministre, président, immortel, mais surtout, Auvergnat, “VGE (1926-2020), Le Visionnaire” nous rappelle, qu’à l’image de ses chers volcans qui ont façonné durablement les paysages, Valéry Giscard d'Estaing a imprimé pour longtemps son relief, dans la vie politique française. 

VGE 1926-2020, Le VisionnaireVGE 1926-2020, Le Visionnaire

 

 

Bénédicte Mezeix-Rytwiński : Monsieur Giscard d'Estaing, vous êtes venu présenter à l’Ambassade de France en Pologne votre livre VGE 1926-2020, Le Visionnaire, à l'occasion de sa sortie. Est-ce que vous pouvez nous raconter la genèse de ce projet ?

 Louis Giscard d’Estaing : Ce livre s’inscrit pleinement dans les deux dimensions essentielles du rôle qui est aujourd’hui le mien. C'est en premier lieu la célébration, en 2026, du centenaire de la naissance de Valéry Giscard d'Estaing qui a motivé ce projet. Mon père est né en 1926 à Coblence, en Allemagne, où son propre père travaillait, à ce moment-là, pour l'administration française d'occupation de la Sarre. L’idée a germé pendant plus d'un an. 

D’autre part, je suis devenu Président de la Fondation Valéry GISCARD d’ESTAING, à la suite de sa disparition, fondation que lui-même avait créée de son vivant pour perpétuer son héritage politique, sa pensée, son action et son bilan. 

L’ouvrage VGE 1926-2020, Le Visionnaire, publié le 21 mai, couvre tous les aspects de sa vie, de son enfance jusqu'à la guerre, de son engagement militaire ainsi que l’ensemble de sa carrière politique à travers toutes les responsabilités qu'il a exercées.

 


Le pique-nique 2026 des ambassades célèbre l’amitié franco-allemande à Varsovie

 

 

Bénédicte Mezeix-Rytwiński : Son septennat de 1974 à 1981 a profondément modernisé la France. On peut citer la majorité à 18 ans, le divorce par consentement mutuel, l’IVG avec la loi Veil, sans oublier le volet européen… Valéry Giscard d’Estaing est-il un président sous-estimé ? 

Louis Giscard d’Estaing : Bien sûr. Alors, évidemment, ce qui est très important à souligner, c'est que le bilan de son action politique est tout à fait exceptionnel, remarquable.

 Mais, évidemment, il a été élu il y a maintenant un peu plus de 50 ans. Aujourd’hui, pratiquement plus de la moitié des Français sont nés après 1981, après son septennat, donc, après la fin de son action politique comme Président de la République. Il est certain qu’il y a une méconnaissance de beaucoup de Français sur ce que l'on doit à Valéry Giscard d'Estaing. 

 

 

Et notre rôle, avec la Fondation, c'est de trouver toutes les opportunités, de mettre en évidence les traces, l'empreinte de son action, non seulement en France, mais aussi en Europe et dans le monde d'aujourd'hui. Louis Giscard d’Estaing


 

Bénédicte Mezeix-Rytwiński :  Quels sont, selon vous, les points aux conséquences les plus durables que son septennat nous a laissés en héritage ?

Louis Giscard d’Estaing : Je vais prendre trois exemples.

Premier exemple : la France et le programme électronucléaire. Il faut savoir qu'à l'exception de Fessenheim - désormais bien connue des Français, puisqu'elle a été fermée en 2020 - et qui était la seule centrale construite avant son arrivée à l'Élysée, c’est Valéry Giscard d’Estaing qui a initié tout notre parc nucléaire actuel à partir de 1974. Toutes les autres centrales ont été bâties, puis mises en service dans les dix à quinze années qui ont suivi. 

Valéry Giscard d'Estaing en ayant porté ce programme électronucléaire permet, aujourd'hui encore, à la France, de disposer d'une électricité décarbonée, à la différence de certains pays comme l'Allemagne, qui utilisent encore des centrales à charbon pour produire de l'électricité. 

En France, nous avons non seulement une électricité d'origine nucléaire, mais aussi des barrages, des éoliennes et des panneaux photovoltaïques. Mais je tiens à souligner que 80% de l'électricité française est issue du programme électronucléaire initié par le 3e président de la Ve République.

 

Deuxième exemple, c'est la monnaie, avec pour conséquence, le passage à l'Euro. Avec le chancelier allemand de l'époque, Helmut Schmidt, il a créé ce qu'on a appelé alors, le système monétaire européen [NDLR Le SME voit le jour en 1979], qui était le moyen de rapprocher les écarts de change entre le franc français, le deutschmark, la lire italienne, le franc belge, etc., pour que toutes les monnaies d'Europe convergent et puissent créer une monnaie commune. En l'occurrence, c’est ce qui a abouti à la naissance de l’euro [NDLR 1999 : naissance de l’Euro. Janvier 2002 : mise en circulation dans 12 pays de l’Union européenne].

 

Troisième exemple : l'empreinte qu'il a laissée dans le monde. Je peux vous citer la création du G6, qui deviendra le G7 en 1976. Cette initiative qu'il prend avec le président américain de l'époque, le président Gerald Ford, en 1974, et dont la première réunion a lieu en France en 1975, l'année suivante, au château de Rambouillet, sous présidence française. Et cette année, nous allons avoir à nouveau, sous présidence française, une tenue du G7, qui se tiendra au mois de juin à Évian, et qui sera présidée par Emmanuel Macron.

Donc, on voit bien, 50 ans plus tard, que l'initiative prise en 1974 a encore aujourd'hui toute sa place dans les relations internationales.

Mais ce ne sont que quelques exemples. Après, il y a toutes sortes d'autres domaines dans lesquels on peut trouver son empreinte.

 

Bénédicte Mezeix-Rytwiński : Valéry Giscard d’Estaing a façonné la France contemporaine. Cinquante ans après, parlez-nous de ces réformes sociétales qui ont fait grincer pas mal de dents, à l’époque…

Louis Giscard d’Estaing : Citons toutes les réformes qui portent sur la libéralisation de la société française : l'abaissement de la majorité civile de 21 à 18 ans, la légalisation de l'avortement, le divorce par consentement mutuel.

 Mais ce sont aussi des réformes qui tiennent aux libertés publiques. 

Je pense à la loi Informatique et Libertés qui régule l’utilisation des fichiers informatiques afin qu’ils ne soient pas utilisés au détriment des droits des administrés [RGPD]. C'est aussi la loi sur la consommation - loi Scrivener, qui introduit le droit de rétractation dans les contrats de vente afin d’éviter, ce qu'on appelait les ventes à l'arraché, venant de commerciaux très agressifs dans ces années 80.

 

Bénédicte Mezeix-Rytwiński : Il a aussi contribué au rayonnement culturel de la France…

Louis Giscard d’Estaing : Absolument, sur le plan culturel, on lui doit la création du musée d'Orsay et du musée Picasso. Après la mort de Pablo Picasso en 1973, la procédure de dation a permis à l’État d’accepter des œuvres en règlement des droits de succession. Cette loi permet encore aujourd’hui de garder ces objets d'art dans les musées français.

 

En tant que ministre des Finances du président Pompidou, puis président de la République, Valéry Giscard d’Estaing a accompagné une politique patrimoniale qui a permis son usage à grande échelle. Louis Giscard d’Estaing 

 

Joanna Dwernicka : Depuis 1804, aucun pape n’était venu en France. L’invitation du pape polonais Jean-Paul II par Valéry Giscard d’Estaing en 1980 est un évènement exceptionnel ; quels autres liens unissaient le président à la Pologne ? 

Louis Giscard d’Estaing : C’est vrai qu’il avait un intérêt particulier et même très personnel, avec la Pologne et en particulier, avec deux personnalités qui ont été ses deux principaux conseillers. [NDLR Louis Giscard d’Estaing prend l’ouvrage VGE 1926-2020, Le Visionnaire posé devant lui et l’ouvre à une page précise]

C'est la photo des deux Michel, page 124 du livre : Michel Poniatowski et Michel d'Ornano, dont la mère était polonaise, et dont la belle-sœur, Isabelle, était polonaise également.

En conséquence, mon père était entouré de personnalités emblématiques, portant ce lien, entre l’Histoire de France et l’Histoire de la Pologne. 

Et puis, je dirais aussi - autre symbole très fort que mon père s’est engagé en tant que volontaire dans la première armée française pendant le mois d'août 1944, au moment de l'insurrection de Varsovie. C'est un parallèle historique marquant, d'autant plus que son beau-père - mon grand-père maternel - officier français, venait de mourir en déportation au camp de Mauthausen, cette même année 1944. 

Ce sont tous ces éléments qui font que mon père a une compréhension de ce que représente non seulement la Pologne, mais aussi l'histoire franco-polonaise.  

D'ailleurs, sous sa présidence, c'est à Varsovie qu'il a choisi de rencontrer Léonid Brejnev pour mettre fermement en garde les Soviétiques contre l'invasion de l'Afghanistan et les lourdes répercussions que cela allait avoir sur l'équilibre mondial. Il savait pertinemment que la Pologne était un maillon déterminant dans le dégel des relations entre les deux blocs. C'est d'ailleurs lui qui a invité Jean-Paul II, le premier pape polonais, à venir en France du 30 mai au 2 juin 1980. Ce fut un voyage extraordinaire, marqué par leur remontée commune des Champs-Élysées. 

 

 

Pour l'anecdote, le souverain pontife avait carrément atterri, à bord de l'hélicoptère présidentiel, au Rond-Point des Champs- Elysées, où il est accueilli par mon père et ma mère. Un moment absolument incroyable ! Louis Giscard d’Estaing


 

Du frère aîné de Stanislas II, Kazimierz Poniatowski à Guillaume de Louvencourt 

 

 

Bénédicte Mezeix-Rytwiński : Valéry Giscard d’Estaing a effectué plusieurs séjours de chasse en Pologne, dans le cadre de relations diplomatiques avec les dirigeants du bloc de l’Est. En septembre 1975, il avait été reçu par Edward Gierek, alors premier secrétaire du Parti ouvrier unifié polonais ?

Louis Giscard d’Estaing : Effectivement, mon père était un grand chasseur et il appréciait particulièrement la Pologne pour ses cerfs ; il s'y est d'ailleurs rendu à plusieurs reprises. Cette passion, il la partageait aussi avec la famille d'Ornano, notamment Hubert - le frère de Michel -, qui était lui-même un fin chasseur. Mon père a ainsi fait de nombreux séjours dans la propriété d'Hubert et d’Isabelle d'Ornano, à La Renaudière en France, où ils ont beaucoup chassé ensemble. 

Et puis, il est venu à différentes reprises en Pologne pour participer à des chasses et en particulier à la recherche de grands trophées de cerfs, qui était une de ses passions.

 

 

Michel d'Ornano, Maria Walewska, Lancôme, la presse et la politique !  

 

Bénédicte Mezeix-Rytwiński : Que ce soit le président de la République, fringant modernisateur surnommé le « Kennedy français », l’Immortel entré à l'Académie française en 2003 ou encore l’Auvergnat qui a marqué durablement sa région, en initiant, entre autres, le parc Vulcania : s’il ne devait rester qu’une seule chose de Valéry Giscard d’Estaing dans les livres d’histoire, laquelle souhaiteriez-vous que la mémoire collective retienne ? 

Louis Giscard d’Estaing : Je voudrais qu’on retienne son côté visionnaire, sa volonté de moderniser la France dès son arrivée à l'Élysée, il a véritablement fait basculer le pays dans une nouvelle ère. Cela s'est traduit, par exemple, par le démantèlement de l'ORTF [Office de radiodiffusion-télévision française]  et la création de chaînes de télévision distinctes. À l'aune de la diversité médiatique actuelle, cette réforme peut sembler naturelle. Mais il faut se replacer dans le contexte de l'époque : le paysage audiovisuel se résumait à seulement trois chaînes et un strict monopole d'État.

Cette décision de faire éclater l'ORTF a ainsi permis de libérer l’information et de la rendre beaucoup plus fluide. Dans la même dynamique, mon père a accordé de nouveaux droits à la jeunesse, aux femmes, à l’opposition politique et aux personnes handicapées. La loi de 1975 est d'ailleurs le tout premier grand texte législatif à avoir donné un véritable statut aux personnes en situation de handicap.

C’est tout ce bilan qui témoigne de son action au service de la modernisation de la France, de son rayonnement mondial et de son rôle moteur en Europe. Avec le Chancelier allemand Helmut Schmidt, ils ont su créer une formidable synergie au profit de la démocratie européenne. Cela s'est concrétisé par la toute première élection du Parlement européen au suffrage universel en 1979. Et c’est Simone Veil, qu’il avait appelée à ses côtés comme ministre de la Santé, qui en est devenue la première présidente, grâce à l'accord politique scellé entre le président français et le chancelier allemand. 

 Pour résumer, j’aimerais qu’on se souvienne que son action s'est articulée autour de quatre grands axes : une vision d'avenir, la modernisation profonde du pays, le rayonnement de la France à l'international et une contribution historique à la diplomatie mondiale, concrétisée par la fondation d'une institution devenue incontournable qu’est le G7. 

 

 

L’IVG inscrite dans la Constitution : une première mondiale, une fierté française

 

 

Bénédicte Mezeix-Rytwiński : À l'heure où la scène politique est devenue une véritable foire d'empoigne, avec ses règlements de compte, ses turpitudes et ses coups bas, est-ce que votre livre n'est pas salutaire afin de rappeler une certaine époque où l’on associait encore l’engagement politique à une certaine noblesse de cœur et d’action ? 

Louis Giscard d’Estaing : Oui, c'est important de remettre les choses en perspective. Mon père ne croyait pas que le débat politique devait aller sur d'autres terrains que celui des idées et de la confrontation des propositions et des projets. 

Et il le démontre dans ce livre sur deux points.

D'une part, quand il ne répond pas à la campagne qui est orchestrée contre lui sur l'affaire dite des diamants de Bokassa, qu'il considère comme étant quelque chose de tout à fait mineur, et qu’il ne le prend pas au sérieux parce qu'il a la conviction de sa bonne foi, qui sera d'ailleurs totalement avérée après l'élection de François Mitterrand.

Et le deuxième élément, c'est le fait qu'il dispose justement d'une photo compromettante de François Mitterrand qu'il a dans son coffre à l'Élysée pendant tout son septennat : la photo du maréchal Pétain et de François Mitterrand prise en 1942 à Vichy et il a toujours refusé de l'utiliser, dans le cadre de la campagne de 1981. Très vraisemblablement, si elle avait été publiée, cela aurait été susceptible de faire basculer le résultat, parce que les communistes auraient été, à ce moment-là, obligés de désavouer François Mitterrand et cela aurait pu changer l'issue du scrutin.

 

Bénédicte Mezeix-Rytwiński : Cela nous ramène en 1974, lors du débat télévisé de l’entre-deux-tours de l’élection présidentielle française, face à François Mitterrand, Valéry Giscard d’Estaing a prononcé cette phrase marquante : « Monsieur Mitterrand, vous n’avez pas le monopole du cœur ». Une manière de souligner que François Mitterrand n’était pas le parangon de vertu qu’il laissait entendre ? 

Louis Giscard d’Estaing : Oui, absolument, c'est ça. Et en fait, l'autre élément important, c'est que mon père avait connaissance de l'existence de sa fille cachée, Mazarine Pingeot, puisqu'Anne Pingeot était issue d'une famille auvergnate, clermontoise. De fait, mon père était tout à fait au courant de cette liaison et de l'existence d'une jeune fille, mais il n'a jamais voulu non plus l'utiliser dans les arguments de campagne personnelle contre François Mitterrand. 

Je crois que c'est très important de mettre tout cela aujourd'hui en perspective et de montrer qu'il a défendu son bilan en 1981, qu’il a essayé de promouvoir certaines idées de la France, et qu’en réalité, le résultat de ce scrutin de 1981, sur le plan électoral, c’est uniquement 2,6 points d'écart par rapport à 1974. C'est tout ! 

 



Bénédicte Mezeix-Rytwinski : En 1981, Valéry Giscard d’Estaing n’est battu que de justesse par François Mitterrand… Quel rôle ont joué, selon vous, les jeunes électeurs qui ont accédé au vote à 18 ans grâce à la réforme de la même année ? 

Louis Giscard d’Estaing : En 1974, il l'emporte avec près de 51 % des voix contre un peu plus de 49 % pour François Mitterrand. En 1981, les rôles s'inversent : François Mitterrand est élu avec un peu moins de 52 % et mon père obtient plus de 48 %. En sept ans, le recul n'est donc que de 2,6 points, comme je vous le disais. 

Or, entre-temps, dix classes d'âge de jeunes Français ont accédé au droit de vote et ont voté pour la première fois à une présidentielle. Je voudrais insister sur le fait que, contrairement aux idées reçues, une grande partie de cette jeunesse a voté pour lui. 

Si le vote des nouveaux électeurs s'était massivement porté sur François Mitterrand, l'écart aurait été beaucoup plus important.

 

Joanna Dwernicka : Et moi, j'ai une dernière question. Même si vous l'avez rappelé en nous citant toutes les grandes choses qu'il a réalisées, pourquoi ce titre « Visionnaire » ? 

 Louis Giscard d’Estaing : En fait, il y a plusieurs dimensions dans le choix du terme « Visionnaire » dont nous avons discuté avec l'éditeur, ainsi qu’avec ceux qui ont participé à la rédaction de l'ouvrage. 

Par « Visionnaire », il faut entendre : la modernisation. C'était un président résolument moderne, même si aujourd'hui, pour les jeunes générations, cela peut paraître moins pertinent.

Pour comprendre sa modernité, il faut avoir vécu cette période. Accédant au pouvoir après le Général de Gaulle et Georges Pompidou, les contemporains de cette époque ont vraiment vu la différence. 

Donc, ce qui nous a paru le plus essentiel, c'est de mettre en évidence sa dimension visionnaire, qui tient beaucoup à sa formation scientifique, puisqu'il ne faut pas oublier qu’il était polytechnicien, un fait méconnu.

Les Français l'ont beaucoup enfermé dans la fonction de ministre des Finances. Et comme il avait aussi eu, à l'issue de Polytechnique, une formation à l'ENA, dont il était sorti inspecteur des finances, beaucoup ont oublié qu’il était, avant tout, un esprit scientifique. 

C’est cet esprit scientifique, qu’il a mis au service d'une vision industrielle, comme dans le cas du programme électronucléaire. Il avait cette capacité incroyable de mettre en œuvre les réformes, tout en prenant des décisions très rationnelles, tant en matière économique que financière.  Et cela, en faisant en sorte que le développement économique de la France se poursuive malgré les chocs pétroliers de 1973, puis 1979, et leurs conséquences.

C’est cette vision qui nous est apparue comme étant la caractéristique la plus importante à mettre en évidence aujourd'hui.

 

Entretien réalisé par Bénédicte Mezeix-Rytwiński, avec la participation de Joanna Dwernicka.



 

💡 Louis Giscard d’Estaing, acteur politique à part entière et gardien du temple giscardien

Élu député du Puy-de-Dôme pendant dix ans (2002–2012), Louis Giscard d’Estaing a occupé plusieurs fonctions de premier plan à l’Assemblée nationale notamment, à la commission des finances et au sein du groupe UMP, avant de participer à la création de l’UDI.

Maire de Chamalières depuis 2005, conseiller régional d’Auvergne-Rhône-Alpes et colonel de réserve opérationnelle, il est également président de l'Association des Villes Marraines des Forces Armées et, depuis 2021, il préside la
Fondation Valéry GISCARD d’ESTAING

Le 3e président de la Ve République, Valéry Giscard d’Estaing, s’est éteint en décembre 2020. Il repose à Authon, sur la propriété familiale jouxtant le cimetière du village.  
BM-R

Découvrir VGE 1926-2020, Le Visionnaire (parution le 21 mai 2026) 

 

 

 

 

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