Samedi 15 mai 2021

Retour sur les 7 années de Mandats de Gaëlle Barré et Olivier Spiesser

Par Fiona Lebert | Publié le 12/04/2021 à 11:14 | Mis à jour le 13/04/2021 à 10:49
Gaelle Barre Olivier Spiesser

Gaëlle Barré et Olivier Spiesser sont les conseillers des Français de l’étranger de la circonscription d’Italie du Sud, Malte, Saint-Marin et État de la Cité du Vatican depuis 2014. Le 30 mai 2021 prochain, de nouvelles élections ont lieu et tous deux font partie de la même liste. Notre rencontre a permis de revenir sur la fonction particulière qu’ils ont exercée, et sur ces sept années de mandat.

 

Pouvez-vous vous présenter rapidement ?

Nous avons été élus le 26 mai 2014 Conseillers Consulaires de la Circonscription d’Italie du Sud, fonction depuis renommée « Conseillers des Français de l’étranger ». Nous partageons des valeurs communes qui nous ont conduits à représenter, informer et soutenir nos compatriotes selon leurs besoins individuels et collectifs, particulièrement sur les questions éducatives, sociales, économiques et de sécurité. Au côté de mes fonctions locales, je (Gaëlle Barré) siège, depuis 2014 à l’Assemblée des Français de l’étranger, composée de 90 conseillers élus pour 6 ans au suffrage universel indirect dans 15 circonscriptions couvrant le monde entier. L’assemblée est l’interlocuteur du gouvernement sur la situation des Français établis hors de France et les politiques conduites à leur égard. Elle est leur porte-parole, le défenseur de leurs droits et intérêts, et se réunit au moins deux fois par an en session plénière. Cet engagement m’a permis de faire remonter les problèmes spécifiques des Français de notre circonscription au niveau national. J’ai par exemple souhaité, sur le thème de l’emploi, présenter l’association Pontevia pour valoriser son action exemplaire, afin de donner vie à un réseau mondial d’associations francophones d’aide à l’emploi.

 

Que représente pour vous la mission principale d’un conseiller des Français de l’étranger ?

Les conseillers des Français de l’étranger sont d’abord des élus de proximité. Leur principale fonction est donc d’améliorer et de faciliter la vie de nos compatriotes à l’étranger. Il s’agit de répondre à leurs questions, de les aider dans leurs démarches administratives ou encore de les orienter vers les services compétents à l’étranger (certificats de vie, permis de conduire, retraite, fiscalité…)  En tant qu’élus de terrain, nous nous intéressons au quotidien de nos compatriotes.

D’autre part, les conseillers des Français de l’étranger ont pour mission de siéger régulièrement aux conseils consulaires. Nous réunissant auprès de l’ambassade de France à Rome, nous avons participé à plus de 40 conseils consulaires durant notre mandat, sur les bourses scolaires, l’aide sociale, l’emploi et la formation, et la sécurité. Il s’agit ici d’une fonction plus institutionnelle, de représentation des Français vivant en Italie et de défense de leurs intérêts.

 

Pouvez-vous nous dresser un bilan de vos sept années de mandat ?

Durant ces sept années d’investissement, d’échanges et de rencontres, de travail collectif en étroite collaboration avec les services consulaires dans le but de toujours faciliter la vie des compatriotes français de la circonscription, nous avons mené de nombreux projets novateurs dont nous sommes fiers.

Un exemple d’animation territoriale que nous avons mise en place avec nos collègues conseillers consulaires pour les Français de la circonscription est la création du Forum des associations francophones, quatre années de suite, qui a permis de donner vie à un moment d’échange et de convivialité autour des actions menées pour les Français. Les Forums se sont tenus dans des établissements scolaires principalement. Ils ont permis de rassembler la communauté française de la circonscription, autour de moments de partages. Nous avons travaillé collectivement avec les autres conseillers, ce qui a été important pour nous à plusieurs reprises durant ces années de mandat. Nous avons eu la chance de travailler avec des personnes remarquables, notamment Élisabeth Tesson puis Camille Pauly, cheffes de la section consulaire de Rome durant notre mandat.

Prenant à cœur notre rôle de défenseurs des intérêts de nos compatriotes, nous avons tenu à nous impliquer institutionnellement et personnellement sur la question des bourses scolaires. Nous avons donc rencontré les familles lors de nos permanences, consulté leurs dossiers, les avons aidées à les remplir de la manière la plus scrupuleuse et minutieuse possible afin qu’elles soient soutenues lors des conseils consulaires.

Dans cette dynamique d’accès à l’enseignement, nous avons vivement soutenu le programme FLAM (Français Langue Maternelle) dans la circonscription. Il permet à des enfants francophones de poursuivre des enseignements en langue française en Italie. En effet, si la circonscription dispose de quatre lycées français, ceux-ci représentent un coût trop élevé pour beaucoup de familles, et nombreuses sont aussi celles qui ne vivent pas à proximité d’un de ces établissements. Ce programme a pour mission d’assurer, en dehors de l’école, un soutien à l’apprentissage linguistique et culturel aux élèves inscrits dans des établissements locaux italiens.

 

Quels sont selon vous les plus grands défis auxquels font face les Français de la circonscription ?

Nous sommes attachés à la défense des services publics qui ont été malmenés ces dernières années. Ceux-ci ont en effet été fortement réduits dans les consulats ou ambassades ces dernières années. Un service pour l’emploi a par exemple été supprimé, tout comme le poste d’attaché fiscal. Il a donc été essentiel pour nous de soutenir les associations qui désormais assurent ces rôles. Nous serons particulièrement attentifs aux actions garantissant justice sociale et solidarité envers nos compatriotes les plus démunis.

Un des grands défis est celui de l’accessibilité à l’information. La circonscription est vaste et chacun doit pouvoir être informé. Nous avons ainsi mis en place des envois de newsletters, et avons créé une adresse mail sur laquelle les gens ont pu nous contacter et nous poser leurs questions. De plus, nous avons assuré un système de permanence pour que l’on puisse se rencontrer directement, et nous avons énormément voyagé dans la circonscription. Depuis un an, avec la crise sanitaire du Covid, cet accès à l’information est devenu primordial. Sur nos réseaux sociaux, nous avons aussi beaucoup communiqué.

 

Comment avez-vous constitué votre liste pour les prochaines élections ?

La liste que nous avons déposée est composée de personnes que nous avons rencontrées durant notre mandat. Nous sommes partis du constat qu’il était important d’impliquer des gens qui connaissent les spécificités et les problèmes de la communauté française de la circonscription, des personnes expérimentées, impliquées et engagées sur le terrain. Cette liste s’est constituée finalement assez naturellement, elle représente un collectif d’individus qui ont travaillé ensemble depuis des années. Il s’agit d’un mandat bénévole donc la motivation de toutes ces personnes a également été primordiale.

 

Comment appréhendez-vous les élections du 30 mai 2021 ?

Nous aurons l’occasion de vous présenter notre liste et les grandes lignes de notre programme lors d’un prochain entretien. Notre connaissance du terrain s’est forgée et enrichie au fil des rencontres avec nos compatriotes lors de nos nombreux déplacements dans la circonscription. Nous avons désormais un regard sur les problèmes spécifiques des français d’Italie et notre programme sera le fruit d’un travail collectif.

Une forte participation au scrutin le dimanche 30 mai prochain sera pour nous une belle satisfaction et une forme de reconnaissance de notre investissement et engagement personnel en tant que conseillers des français de l’étranger durant toutes ces années.

Nous aurions bien-sûr aimé rencontrer les personnes, organiser des réunions publiques et des échanges avant cette date, comme ce fut le cas durant tout notre mandat, mais la situation sanitaire ne le permet pas, et nous sommes conscients de l’épuisement des gens face aux rencontres en ligne ; nous en organiserons néanmoins quelques-unes pour présenter notre programme notamment.

 

En attendant le prochain entretien avec la liste de Gaëlle Barré et d’Olivier Spiesser, vous pouvez trouver plus d’informations et un bilan complet de leurs 7 années de mandat sur leur blog.

Fiona

Fiona Lebert

Fiona est en troisième année à Sciences Po Paris, elle effectue un stage de 4 mois au Petit Journal de Rome.
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