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Portrait: Denys Ganio, professeur de danse classique à Rome

Par Roxane Garoscio | Publié le 23/12/2019 à 18:52 | Mis à jour le 23/12/2019 à 19:02
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Le petitjournal.com de Rome a rencontré Denys Ganio, ancienne étoile à l’Opéra de Marseille et professeur de danse classique à Rome.

Lepetitjournal.com/Rome : Bonjour M. Ganio et merci pour cet entretien. J’ai lu que votre carrière de danseur a débuté très tôt lorsqu’à 12 ans vous avez intégré l’École de Danse de l’Opéra de Paris. La danse a-t-elle toujours été pour vous une passion ?

Denys Ganio : Non, la passion m’est venue plus tard. J’ai commencé à l’École du cours de ballet de l’Opéra de Paris à 12 ans, puis j’ai arrêté la danse à 18 ans parce cela ne me plaisait pas.

Deux ans plus tard, comme malheureusement je n’avais fait que ça, je me suis rendu compte que j’étais incapable de faire autre chose. J’ai repris la danse à Avignon, ensuite je suis allé à Marseille et c’est là que j’ai rencontré Roland Petit. C’est grâce à lui que je me suis découvert une passion pour la danse.

Presque tous ses ballets étaient à thème, avec des mises en scène davantage théâtrales et cela m’a intéressé et plu.

Vous avez justement collaboré plus de vingt ans avec ce chorégraphe en tant qu’étoile, quelle place a-t-il pris dans votre carrière ? 

Il avait une place majeure puisque c’est lui qui m’a tout appris, il était comme un père pour moi.

Vous vous êtes également occupé de la direction de la compagnie des Ballets de Milan.  Que retenez-vous de cette expérience ? 

C’était une très bonne expérience, on est resté ensemble trois ans plus ou moins. Nous avons fait une tournée en Russie et je les ai emmenés jusqu’au Bolchoï.  C’était fantastique pour une petite compagnie italienne. La compagnie et moi avions porté un ballet en hommage à Jorge Don, l’étoile de Béjart qui était décédé pour des raisons de santé.

Pourquoi avez-vous décidé de venir enseigner à Rome ? Que représente cette ville pour vous? 

J’ai toujours beaucoup aimé l’Italie que je connaissais déjà bien. En effet j’avais été plusieurs fois invité dans des ballets et j’avais également participé à des spectacles avec la compagnie dirigée par Roland Petit. Pendant ces tournées j’ai notamment rencontré Maddalena di Giacomo, que j’ai rejoint en 1992 à Rome après avoir arrêté de nouveau la danse. Je pensais rester seulement quelques temps et maintenant cela fait 30 ans que je vis ici, c’est une ville où on est bien.

Le choix d’enseigner la danse classique s’est-il spontanément présenté à vous ?

C’est justement Maddalena di Giacomo qui m’a proposé que nous ouvrions une école de danse ensemble. En 1995, nous avons créé « La Maison de la Danse » et j’en suis partie vingt ans plus tard.

Aujourd’hui encore vous enseignez.  Quelles opportunités offrent vos cours auprès des apprentis danseurs ?

Je prépare les danseurs et les danseuses à des concours et aux sélections. Mes élèves ont entre 18 et 25 ans.

En Italie il existe peu d’institutions lyriques, trois pour être précise et par conséquent peu de possibilités de travail pour les danseurs classiques. Quels conseils donnez-vous à ceux qui voudraient entreprendre cette profession ?

Il faut qu’ils aillent à l’étranger car aujourd’hui presque tous les théâtres ne garantissent plus de travail aux danseurs. C’est-à-dire qu’ils ont des contrats très courts qui ne sont pas toujours renouvelés dans l’immédiat, il n’y a donc aucune continuité. Ce sont des situations précaires pour ces danseurs qui, ont comme unique solution stable en Italie le théâtre de La Scala, ou bien doivent prendre l’initiative de partir dans des compagnies à l’étranger.

Pensez-vous qu’il y a une différence de niveau entre les danseurs votre génération et ceux d’aujourd’hui ? 

Je ne dirais pas qu’il y a une différence de niveau. Peut-être de discipline mais pas de manière générale, car je rencontre beaucoup d’élèves sérieux, pourtant il y en quelques-uns qui font cela à la « légère ». Je crois que ce n’est pas seulement dans la danse mais dans tous les domaines.

À leur décharge, cette situation précaire dans les théâtres ne leur donne pas forcément la motivation. 

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Roxane Garoscio

Ancienne étudiante Erasmus, Roxane est tombée sous le charme de Rome et a décidé de s'y installer. Elle est passionnée par l'écriture et la littérature.
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