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MAAM le Musée de l'Autre et de l'Ailleurs à Rome

Par Laetitia Caumes | Publié le 04/03/2020 à 09:44 | Mis à jour le 04/03/2020 à 10:13
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Au 913, Via Prenestina à Rome se trouve un lieu insolite et immense (20 000 m2). Penchons-nous sur le passé intriguant de cet endroit unique en son genre.

Initialement il s’agissait d’une usine de charcuterie, une salumificio de la marque Fiorucci. Les animaux y étaient abattus et transformés, mais en mars 2009, cette usine fut occupée. Les squatteurs avaient un double objectif : résoudre leur problème de logement (il s’agissait de nombreux migrants arrivés à Rome) et témoigner de leur opposition au géant du bâtiment propriétaire du lieu, Salini. Cette occupation réussit et de nombreux artistes voulurent raconter et valoriser cette action. C’est ainsi que ce squat, où logent aujourd’hui 200 migrants, devint graduellement un musée d’art moderne incroyable, accueillant des installations de plus de 300 artistes contemporains tels que Giovanni Albanese, Iginio de Luca, Sten & Lex, Alice Pasquini and Borondo. Aujourd’hui on y retrouve sculptures, installations, graffitis, tags et constructions diverses.

 

visite du MAAM

Le passé de ce lieu est présent dans toutes les œuvres qu’il abrite. Une fresque de Pablo Mesa Cappella et Gonzalo Orguin revisite par exemple le parcours des porcs dans l'usine, illustrant le passage de la vie à la mort. De nombreuses œuvres abordent le respect des animaux, la surconsommation, le capitalisme ainsi que la thématique de la migration et de la fuite forcée. Aujourd’hui, le lieu est ouvert au public seulement le samedi, le site restant primordialement un lieu de vie pour ces 60 familles y ayant trouvé une véritable communauté et cohabitant avec les œuvres d’art. Grâce aux œuvres que ce lieu abrite et au statut de musée que celui-ci porte maintenant, la population est protégée d’une destruction des lieux et sa population d’une potentielle expulsion.

 

La visite du MAAM est bouleversante et le poids de son histoire s’y ressent lourdement. Si l'on habite à Rome, il est facile de voir la ville à travers un prisme luxuriant et unique, de connaître les beaux quartiers, les musées, les palais, les parcs, les villas, les immeubles lumineux. Mais connaît-on véritablement une ville quand on en connaît que les beaux quartiers ? A Rome, il est tellement facile de se dire que l'intégralité de la ville est un musée ambulant, que c'est une ville où villas, ruines et palais cohabitent. Une ville de dorures, de basiliques et d'églises plus impressionnantes les unes que les autres. Néanmoins, c’est dans des lieux comme celui-ci, loin du centro historico que l’on prend véritablement conscience du fait que la vie n'est pas toujours pleine de marbre, de rococo et d'or.

Laetitia Caumes

Laetitia Caumes

Laetitia, licenciée en études interculturelles franco-allemandes, effectue un service civique au Lycée Chateaubriand de Rome pendant l'année scolaire 2019-2020 avant de reprendre des études de genre.
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Marie Astrid Roy

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