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L’Ara Pacis célèbre l’Empereur Claudius avec une importante exposition

Par Saverio Sebastiani | Publié le 01/05/2019 à 10:44 | Mis à jour le 01/05/2019 à 11:01
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Claudio imperatore. Messalina, Agrippina e le ombre di una dinastia: voici le nom de l’importante exposition aménagée dans le musée de l’Ara Pacis jusqu’au 27 Octobre 2019.

L’histoire de cet empereur nous est racontée magistralement grâce à une mise en place originale par le biais d’images, d’effets visuels et sonores qui nous accompagnent à la découverte de l’Empereur Claudius et de sa dynastie. Cette exposition a été précédemment conçue et aménagée dans le Musée des Beaux-Arts de Lyon et ouvre maintenant ses portes à Rome. Elle retrace la vie et l’œuvre de l’empereur Claudius mais aussi l’histoire des deux femmes qui ont accompagné sa vie publique et privée : Messaline et Agrippine, mère du futur empereur Néron.

Le premier empereur romain né en dehors de l’Italie

Né à Lugdunum (Lyon) en l’an 10 av. J.-C., dernier enfant de Néron Druse (le frère de l’empereur Tiberius) et de Antonia Minore (Fille de Marc-Antoine et Ottavia), Tiberius Claudius Caesar Augustus Germanicus est plus connu sous le nom de Claudius. Handicapé par sa maladresse et ses problèmes de santé ; il n’était pas du tout apprécié par l’empereur Auguste, ni par Tiberius, ni même par son neveu Caligula qui le nomma consul en l’an 37 apr. J.-C.

Un « outsider » au pouvoir

Le 24 janvier de l’an 41 Apr. J.-C. l’empereur Caligula, après avoir assisté à une représentation, se promenait dans le couloir qui liait son théâtre avec son palais du Palatin. Il fut poignardé plusieurs fois par un officier des prétoriens avec l’aide de deux complices. Caligula était l’empereur qui avait humilié le Sénat (il avait nommé sénateur son cheval) et il avait tenté d’instaurer dans la religion des romains la divinisation de l’empereur. Mais il n’avait pas assez récompensé les prétoriens et le sénat qui n’avaient pas tardé à organiser une conspiration contre lui.

En apprenant l’assassinat de son neveu, Claudius, son oncle, avait essayé de s’échapper en se cachant derrière des rideaux, craignant de suivre le même destin. Il fut découvert par un prétorien et rapidement conduit dans sa caserne. Contre toute attente, Claudius fut nommé empereur par les Pretoriens qui n’avaient pas trouvé un meilleur candidat dans la famille impériale.

Les Réformes et la conquête de la « Britannia » :

Claudius, contrairement à ce que pensaient ses prédécesseurs, fut un empereur très attentif aux besoins de l’administration de l’empire. Il réorganisa l’armée romaine en valorisant le rôle des officiers, une flotte fut installée dans le nouveau grand port d’Ostia (Portus Augusti) qui devint une importante base militaire de la flotte romaine. Cet empereur ne fut pas seulement un administrateur, mais celui qui a finalisé la conquête de la « Britannia » (43-47 d.c.), l’actuelle Angleterre avec la prise de la ville de Camulodunum (Colchester). L’île fera partie de l’Empire romain pendant presque quatre siècles et nommée Provence Romaine de Britannia.

Claudius et l’ouverture du Sénat aux Gaulois.

Claudius refusait de considérer l’empire comme une institution exclusivement italique, mais il voulait intégrer les différentes populations de l’Empire. Un exemple de cette ouverture politique est gravée dans la Table Claudienne, retrouvée à Lyon en 1528. Il s’agit d’une plaque en bronze qui contient un discours de l’empereur Claudius face au Sénat ; il affirmait qu’il aurait nommé de nouveaux sénateurs issus des élites de la « Gallia Comata » (Gaule du centre et du Nord). Selon lui, l’innovation devait être la caractéristique d’un état en constant progrès comme celui de Rome, intégrer le Sénat avec des « barbares » ne signifiait pas abandonner la tradition mais était une façon de rendre l’état plus fort.

« Vous me demandez si un sénateur italique est meilleur d’un sénateur issu des provinces, je vous réponds que les provençaux ne doivent pas être exclus du Sénat s’ils honorent l’État avec leurs œuvres »

Claudius, pour faciliter l’administration de l’Empire, favorisait surtout les « Liberti » (les esclaves libérés) qui étaient souvent appelés à travailler aux côtés de l’empereur et devaient faire face aux nombreuses crises qui secouaient l’Empire.

Un rapport tragique avec ses femmes :  Messaline et Agrippine.

Le plus important collaborateur de Claudius fut le « Libertus » Narcisus, maître de la correspondance impériale. En l’an 48 Apr. J. -C. Messalina, la femme de Claudius, essaya avec son amant le noble Gaius Silius de mener un coup d’état pour détrôner l’empereur et mettre à sa place le fils du couple impérial Britannicus. Claudius, sidéré par les événements, n’osa pas réagir alors que son secrétaire Narcisus fit exécuter Gaius Silius et obligea Messaline à se suicider.

Sa nouvelle femme, Agrippine « la Jeune », voulait absolument que son fils Néron puisse devenir empereur à la mort de Claudius au lieu de l’héritier légitime Britannicus. Elle réussit car Claudius adopta Néron comme son propre fils à la place de Britannicus. En Octobre de l’année 54 Apr. J.-C. Claudius avait soixante-quatre ans selon les historiens de l’antiquité. Après un banquet, il mourut soudainement ; on attribue cette mort à sa femme Agrippine, qui aurait empoisonné les champignons de Claudius pour faire finalement accéder au trône son fils Néron.

Pourquoi aller voir cette exposition ?

L’histoire nous a toujours décrit cet empereur comme une personne non à la hauteur de la gestion d’un immense empire tel que celui de Rome. Affecté par plusieurs maladies et par une faiblesse de caractère envers les femmes, il ne réussissait pas à faire face aux situations de crises politiques. Par contre, Claudius était aussi un administrateur, un conquérant, un historien (il a écrit plusieurs livres sur l’Histoire de Rome) et un homme politique prévoyant, ouvert à l’intégration des différents peuples de l’empire romain. Avec lui, les portes du Sénat ont été ouvertes aux élites de la Gaule et un important discours prononcé au Sénat nous prouve son ouverture d’esprit malgré l’opposition des sénateurs très jaloux de leurs pouvoirs et de leurs privilèges. Claudius avait compris que le rôle de l’empereur était celui de réaliser des politiques en ayant pour but d’intégrer et de faire participer à la vie politique et administrative, les élites des peuples soumis qui faisaient désormais partis de l’Empire. Le but de cette politique :  maintenir la paix.

Cette exposition, grâce à un point de vue insolite, nous raconte le rapport de l’Empereur avec les femmes qui ont su conditionner son règne et prendre le pouvoir comme l’a fait Agrippine. Mère du nouveau guide de l’Empire, l’Empereur Néron, elle a géré l’empire pendant toute la jeunesse de son fils, puis pendant son règne, influencé ses politiques jusqu’à ce que Néron la fasse assassiner. Cette exposition vous fera découvrir ou redécouvrir une importante période d’histoire à travers la vie extraordinaire d’un de ses protagonistes, l’empereur Claudius, un homme d’état incompris par ses contemporains et redécouvert aujourd’hui.

 

Informations Utiles

Mostra Claudio imperatore. Messalina, Agrippina e le ombre di una dinastia

Adresse : Museo dell’Ara Pacis, Lungotevere in Augusta, Roma

Horaires d’ouverture au public

Tous les jours 9h-19h30 (la billetterie ferme à 18h30)

Info Exposition 060608 (tous les jours 9h-19h)

http://www.arapacis.it/fr/node/1004216

 

 

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Saverio Sebastiani

Diplomé en Sciences Historiques et Valorisation des Patrimoines, Saverio Sebastian a vécu dix ans à Paris, avant de retourner dans sa ville natale : Rome. Il aime partager ses passions : l'histoire, les voyages et la politique.
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Marie Astrid Roy

Rédactrice en chef de l'édition Rome.