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ASSURANCE AUTO - Des tarifs toujours trop élevés en Italie

Par Lepetitjournal Rome | Publié le 09/07/2012 à 00:00 | Mis à jour le 06/03/2013 à 22:57

En Italie, les tarifs des polices d'assurance automobile se négocient à des prix moitié plus élevés que la moyenne européenne. Dans les régions du sud, cet écart augmente davantage. La faute à un mécanisme d'indemnisation inefficace, mais également à un manque de concurrence qui bloque toute baisse des prix possible. Les nouvelles dispositions introduites par le décret de libéralisation de l'économie suffiront-elles à ralentir cette hausse incessante des tarifs ?

Des prix en constante hausse

Posséder sa propre voiture pourrait bientôt devenir un luxe réservé à la tranche la plus aisée de la population italienne, car il n'y a pas que les prix à la pompe qui atteignent des sommets ces derniers temps. Selon une récente enquête conduite par l'ANIA (Associazione Nazionale Imprese Assicuratrici), les tarifs des polices d'assurance italiennes se négocient à des prix 58,1% plus élevés que les autres pays de la zone euro. Sur la période s'étalant de 2000 à 2010, ils ont ainsi grimpé en moyenne de 4,6% chaque année. Concrètement, pour un homme de quarante ans du nord de l'Italie possédant une voiture de taille moyenne, la prime d'assurance a augmenté de 20% entre 2009 et 2010. La hausse atteint même 30% pour un jeune homme propriétaire d'un scooter au sud du pays.

image.source:assicurazioni-italiane.blogspot.com

Entre le nord et le sud de la Péninsule, les différences de tarifs sont ainsi flagrantes. L' enquête récemment publiée par le mensuel l'Espresso montre que pour un automobiliste de 45 ans de Bergame, classe merito 14, qui souhaite assurer une Golf 1,9 diesel, le prix de l'assurance oscille entre 1.000 et 1.250 euros. Pour les mêmes caractéristiques, le tarif double à Latina, dans la région du Latium. A Naples, il triple. (tableau.source.supermoney)


Le nouveau mécanisme d'indemnisation et le manque de concurrence en question

Selon les experts en assurance automobile, deux raisons expliqueraient ces tarifs très élevés dans la Péninsule. La première est relative au nouveau mécanisme d'indemnisation, appelé "indennizzo diretto", appliqué depuis le 1er février 2007. Lors d'un accident de la route avec un tiers, c'est désormais à la compagnie d'assurance de la victime de verser l'indemnité, et non à la compagnie du responsable de l'accident.

Cette procédure permettant d'accélérer le versement des indemnités pose cependant un problème pour l'assureur qui s'acquitte du dédommagement : ce dernier reçoit de la part de la compagnie du tiers seulement une compensation forfaitaire calculée sur le montant moyen des indemnités versées à l'ensemble des sinistrés l'année précédente. Or dans certains cas d'incidents graves, cette somme ne correspond en aucun cas à ce qu'elle a versé à son client. Ainsi, les compagnies répercutent sur les prix cette prime de risque.

L'autre raison qui explique le coût anormalement élevé des polices d'assurances en Italie est l'absence d'une véritable concurrence dans certaines régions de la Péninsule, notamment au sud. Selon une récente estimation du syndicat des compagnies d'assurances, environ 1.500 agences ont ainsi été fermées ces dernières années dans les provinces du Mezzogiorno. D'autre part, sur les 61 entreprises présentes en Italie, seules 24 possèdent un réseau d'agences implanté sur l'ensemble du territoire.

Quelles solutions pour l'avenir ?

Pour lutter contre ce phénomène de boycott des régions du sud, l'autorité italienne antitrust a décidé de sanctionner les compagnies qui désertent volontairement le Mezzogiorno. L'année dernière, elle a ainsi infligé une amende de 450.000 euros à Ina-Assistalia pour avoir annulé des dizaines de milliers de police d'assurance en Campanie, Calabre et dans les Pouilles à des automobilistes qu'elle considérait comme "non-rentables".

Toujours dansune optique d'accroissement de la concurrence, le gouvernement Monti a récemment adopté un texte de libéralisation globale de l'économie italienne, qui concerne notamment le secteur de l'assurance. Ainsi, à chaque nouveau contrat, les intermédiaires ont désormais l'obligation de communiquer à leurs clients les tarifs de trois autres compagnies appartenant chacune à des entreprises différentes. D'autre part, l'installation d'une "boite noire" se fait désormais aux frais de l'assureur qui doit accorder une ristourne sur la prime annuelle. La lutte contre la fraude est également devenue une priorité pour les pouvoirs publics. Mais en attendant, ce sont les automobilistes immatriculés en Italie qui payent le prix fort.

Laurent Maurel (www.lepetitjournal.com/milan) lundi 9 Juillet 2012

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