TEST: 2283

Le projet de plaque commémorative dévolue à Stefano Cecchetti abandonné

Par Le Petit Journal de Rome | Publié le 12/02/2022 à 15:54 | Mis à jour le 12/02/2022 à 15:54
 Stefano Cecchetti

Le conseiller municipal Manuel Bartolomeo a demandé que la ville installe une plaque à la mémoire de l’étudiant Stefano Cecchetti, tué à l’âge de 19 ans devant un bar, dans une période d’affrontements meurtriers entre jeunes d’extrême droite et d’extrême gauche. La proposition a été néanmoins suspendue sur demande de la famille de l’étudiant.

 

Une attaque revendiquée par un groupe armé communiste

Le 9 janvier 1979, le siège de la Radio Città Futura, à Rome, est attaqué par un commando NAR (Noyaux Armés Révolutionnaires), un groupe terroriste néo-fasciste. En réaction, le lendemain, trois personnes dans une voiture ouvrent le feu sur un bar du quartier Talenti, connu comme lieu de regroupement fasciste, où se trouvait un groupe de jeunes. Trois d’entre eux sont touchés, dont Stefano Cecchetti, un étudiant pas particulièrement politisé, qui succombe à ses blessures. Une heure plus tard, dans un communiqué au journal Lotta Continua, les « Compagni organizzati per il comunismo » (Camarades organisés pour le communisme) revendiquent l’attaque : « Il y a une heure, nous avons frappé un centre de regroupement fasciste dans le quartier Talenti. Nous avons frappé physiquement. Contre l’arrogance fasciste sur le territoire. ».

 

Une affaire non résolue représentative de la violence des années de plomb

L’affaire est d’autant plus marquante que même 43 ans après l’attaque, les individus coupables n’ont pas été identifiés. La logique des représailles entre les groupes terroristes ne s’est pas arrêtée pour autant. Valerio Verbano, un jeune militant communiste de 18 ans, a été tué un an après l’attaque du bar, par les NAR qui le voyaient comme instigateur du meurtre de Cecchetti. Ceci n’ayant pas été vérifié, Verbano est vu jusqu’à aujourd’hui comme un martyr du néofascisme, d’autant plus que les responsables, encore une fois, restent inconnus.

L’extrême violence présente des deux côtés est représentative de ce qui a été appelé les « années de plomb ». Cette période, allant de la fin des années 60 au début des années 80, est caractérisée par le développement en Italie de la lutte armée politique, et a été ponctuée de nombreux attentats et assassinats, créant un intense climat de violence.

 

Une proposition du parti Fratelli d’Italia retirée sur demande de la famille

Pour commémorer la mort de l’étudiant, le conseiller municipal Manuel Bartolomeo a déposé une demande pour qu’une plaque soit érigée à l’angle entre le Largo Rovani et la via Ludovico di Breme, lieu de l’attentat. Mais la proposition n’est pas vue comme neutre, étant donné qu’il est chef dans le Municipio III du groupe Frattelli d’Italia, parti politique d’extrême droite. Il a justifié sa demande en disant qu’il était nécessaire d’inscrire dans le paysage urbain quotidien un rappel permettant de ne pas oublier la haine et la violence des années de plomb. Mais l’origine politique de la demande pourrait y être défavorable, ce qui a été confirmé par le refus de la famille de voir une plaque érigée à la mémoire de Stefano Cecchetti.

Eléné Pluvinage

1 Commentaire (s) Réagir
Commentaire avatar

-Pierre lun 14/02/2022 - 08:09

Les années 70-80.. C'est dingue de se dire que de telles tueries se sont déroulées si récemment !. 

Répondre

Soutenez la rédaction Rome !

En contribuant, vous participez à garantir sa qualité et son indépendance.

Je soutiens !

Merci !

Marie Astrid Roy

Rédactrice en chef de l'édition Rome.

À lire sur votre édition locale