Édition internationale

SPORTIFS FRANCO-ITALIENS – Michel Platini : l'Italie, le déclic de sa vie

Écrit par Lepetitjournal Rome
Publié le 1 janvier 1970, mis à jour le 15 mai 2013

Michel Platini fait suite à la galerie des sportifs franco-italiens entamée par LePetitJournal.com de Rome en 2013. Ce petit-fils d'Italien a marqué de son génie la Juventus. Réalisant ses plus belles années de carrière dans la Péninsule, le footballeur y a aussi découvert toute la culture d'origine de sa famille.

C'est qui le patron ?

Rendant hommage à deux décennies de prouesses et d'ingéniosité, le magazine France Football n'a pas hésité en 2000 à désigner Michel Platini comme le "Meilleur footballeur français du XXème siècle". Génie du ballon rond, le célèbre meneur de jeu de la Juventus et de l'équipe de France est désormais le patron du foot européen. À la tête de l'UEFA depuis 2007, Michel Platini s'impose comme un homme intègre et ne veut plus d'un argent-roi qui gouverne la planète foot. Pour lui, le sport doit retrouver ses valeurs universelles, autour du respect, de la tolérance et du dépassement de soi.

Le dirigeant conteste donc le foot-fric et s'oppose aux ambitions du Qatar qui a racheté le Paris-Saint-Germain en 2011. L'ancien joueur défend l'idée d'un fair-play financier et refuse que le déficit des clubs européens dépasse les cinq millions d'euros. Malgré les v?ux de Platini, les Parisiens continuent pourtant d'accroître leurs pertes budgétaires, assurés d'être renfloués à coup de pétrodollars. Le PSG n'a ainsi pas hésité à recruter le britannique David Beckham en février, quelques mois seulement après l'arrivée médiatisée du suédois Zlatan Ibrahimovic.

Michel Platini a également invoqué le poids de l'argent pour rejeter une nouvelle fois l'instauration de l'arbitrage-vidéo. Alors que le nombre d'arbitres est passé de trois à cinq depuis qu'il dirige l'UEFA, l'ancien Ballon d'Or trouve immoral d'investir 50 millions d'euros, nécessaires à la mise en place du système. "Dans certains pays africains, les internationaux qui sortent du terrain échangent leurs chaussures avec ceux qui rentrent parce qu'ils n'en ont pas. Mettre 35 caméras pour retransmettre les matchs, c'est loin de la réalité", se justifiait-il sur RTL fin janvier.

En vert et contre tous

Avant de dicter ses règles au football européen, Michel Platini a enfilé ses premiers crampons en  Lorraine. En 1972, l'adolescent de 17 ans rejoint l'AS Nancy Lorraine à défaut d'avoir été sélectionné par le FC Metz, qu'il convoitait. Déjà handicapé par de nombreuses blessures, Platini souffre également de la relégation du club dès 1974. Le joueur prodige, qui marque 17 buts la saison suivante, permet finalement à l'AS Nancy de remonter en première division.

L'aventure du génie du ballon rond se poursuit en 1979 à Saint-Etienne, qui fait vibrer le football français depuis les années 1960. Platini espère suivre les pas de ses aînés : trois fois champions consécutifs de France, sextuples vainqueurs de la Coupe de France et finalistes de la Coupe des Clubs champions européens*. Pourtant, il ne connaît aucun succès à sa mesure avec les Verts. Si l'ASSE est championne de France en 1981, le club perd deux fois de suite la Coupe de France.

Un champion est né

Michel Platini quitte l'Hexagone en 1982 pour rejoindre la mythique Juventus FC. Dans un pays où le football est la deuxième religion, ce petit-fils d'immigré piémontais apprend la langue de ses grands-parents et redécouvre ses racines. Jusque-là, seules quelques vacances estivales en famille ou de lointains souvenirs racontés par ses proches avaient titillé son italianité. Malgré des débuts concluants sous le maillot Bianconero, le Lorrain reste en retrait dans une équipe portée par six champions du monde. Fortement éreinté par une pubalgie, Platini est sur le point d'abandonner Turin quelques mois seulement après son arrivée.

Tournant de sa carrière, l'année 1983 est celle de la révélation. Finaliste malheureux de la Coupe d'Europe avec la Juventus, Platini est sacré Ballon d'Or. La carrière exceptionnelle du footballeur décolle enfin en Italie. Coupe d'Italie, Coupe d'Europe des Vainqueurs de Coupe**, Super-coupe de l'UEFA, le joueur enchaîne les récompenses avec les Turinois. Alors qu'il était décrié par la presse italienne à ses débuts, le "Roi Platini" est couronné de deux autres Ballons d'Or en 1984 et 1985.

Avec 48 tirs concluants à son actif, Michel Platini est également le deuxième meilleur buteur en équipe de France. Capitaine des Bleus entre 1979 et 1987, il joue la demi-finale de la Coupe du Monde face à la RFA en 1982 et 1986. S'il ne parvient jamais à être champion du monde avec ses coéquipiers, celui qui a fièrement porté le numéro 10 tente ensuite de gagner le trophée suprême par procuration. Dès sa retraite en 1988, il entraîne en effet la sélection française pendant quatre ans. Désormais pressenti pour diriger la FIFA en 2015, Michel Platini se plaît à résumer ainsi sa carrière : "J'ai joué à Nancy car c'est le club de ma ville, à Saint-Étienne car c'est le meilleur club de France, et à la Juventus car c'est le meilleur club du monde".

Martin CANGELOSI (www.lepetitjournal.com/rome) - Mardi 12 mars 2013

Crédits : prezydent.pl, Wikimedia Commons

(*) La Coupe des clubs champions européens, créée en 1955, est devenue la Ligue des Champions de l'UEFA (Champions League) en 1992.

(**) Créée en 1960, la Coupe d'Europe des Vainqueurs de Coupe a été supprimée en 1999 pour fusionner avec la Ligue Europa (ex Coupe de l'UEFA) instaurée en 1971.

Vous aimerez peut-être aussi :
Jean Alesi : le Sud, la vitesse et la victoire
Les plus grands joueurs franco-italiens sont à l'honneur en 2013 
lepetitjournal.com rome
Publié le 12 mars 2013, mis à jour le 15 mai 2013
Commentaires

Votre email ne sera jamais publié sur le site.

Flash infos