Vendredi 14 mai 2021

Des anciens membres des Brigades rouges arrêtés en France

Par Le Petit Journal de Rome | Publié le 28/04/2021 à 16:37 | Mis à jour le 29/04/2021 à 14:24
Meurtre pendant les années de plombs dans une rue de Rome

Sept anciens membres des brigades rouges italiennes ont été arrêtés ce matin en France, trois sont encore recherchés (à la demande de l’Italie), alors qu’ils avaient été condamnés en Italie pour des actions commises dans les années 1970-1980.

 

Réfugiés depuis des années en France, ce sont cinq hommes et deux femmes qui ont été condamnés par l’Italie pour des actes terroristes, notamment pour des assassinats, a annoncé l’Élysée aujourd’hui. Mario Draghi a mentionné qu’il était satisfait de cette décision prise par la France, jugeant les personnes arrêtées « responsables de très graves crimes de terrorisme, qui ont laissé une blessure encore ouverte ». Cette décision intervient dans le cadre de la « doctrine Mitterrand » qui stipule qu’il est possible de donner l’asile aux ex-brigadistes sauf pour les crimes de sang.

 

Retour sur l’affaire

Après les « années de plomb », les activistes d’extrême-gauche avaient trouvé refuge en France. Pour rappel, des attentats avaient éclaté en masse entre les années 1968 et 1982. Depuis plusieurs années, l’Italie réclame à la France l’extradition des terroristes ; jusqu’à présent, le pays avait toujours refusé. Finalement, l’Élysée a fait le choix de retenir les crimes les plus graves contre une liste de dix noms, après un long travail préparatoire bilatéral.

 

Identité des protagonistes

Anciens membres des Brigades rouges, cinq hommes et deux femmes ont été arrêtés, parmi les noms mentionnés, on découvre Sergio Tornaghi, recherché par l’Italie pour attentat terroriste commis le 12 novembre 1980. Il a été condamné à une peine de réclusion à perpétuité. Roberta Capelli, recherchée pour meurtre aggravé et trois attentats terroristes commis à Rome entre 1979 et 1982, a été condamnée à une peine d’emprisonnement à perpétuité. Giorgio Pietrostefani (condamné à 22 ans de prison après avoir participé au meurtre du commissaire de police Luigi Calabresi en 1972) et Marina Petrella font également sont également dans la liste.

 

Une trahison de la France, selon l’avocate de cinq Brigades rouges

L’avocate de cinq des brigadistes qualifie cette opération de « trahison innommable de la France » : "Je suis indignée et je n'ai pas les mots pour décrire cette opération qui s'apparente à une mini-rafle. Depuis les années 1980, ces gens-là sont sous la protection de la France, ils ont refait leur vie ici depuis 30 ans, sont installés au vu et au su de tous, avec leurs enfants, leurs petits-enfants... et au petit matin, on vient les chercher, 40 ans après les faits ? C'est innommable et irrecevable en droit", a expliqué à l'AFP Maître Irène Terrel, avant d’indiquer qu’elle était bien décidée à contester cette procédure engagée par la France.

"La France, elle-même touchée par le terrorisme, comprend l'absolu besoin de justice des victimes. Elle s'inscrit également, à travers cette transmission, dans l'impérieuse nécessité de la construction d'une Europe de la Justice, dans laquelle la confiance mutuelle doit être au centre", précise l'Elysée.

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