

Après de fortes pluies, le niveau du Tibre semble avoir atteint un point de non retour la semaine dernière. Politiques et civils savent désormais à quoi s'en tenir, après les évènements de 2008. Plus personne ne peut donc ignorer la force de ce fleuve qui traverse Rome et qui centralise toutes les attentions du moment.
Rome en novembre rime souvent avec vent, nuage et pluie. Cette année n'a pas échappé à la règle, mais quelque-chose a changé depuis l'année 2008. Alors que le Tibre n'avait jamais été considéré comme un fleuve virulent et dangereux, il n'est plus rare de le voir monter déraisonnablement. C'est d'ailleurs son niveau élevé qui a alerté les autorités et les Romains la semaine dernière, qui craignent de vivre une situation similaire à celle du 12 décembre 2008.
"Cette année là, chacun s'est rappelé que la nature est toujours la plus forte" dit Gabriella, quadragénaire active et Romaine de toujours. Ce jour là, c'est avec stupéfaction que la ville assistait au crash de barques détachées par un courant effréné, ainsi que de multiples déchets présents dans l'eau. L'image d'une de ces embarcations encastrée dans le pont Sant' Angelo est encore présente dans tous les esprits. "Au journal télévisé, on n'entendait parler que de cela, il s'agissait presque d'un drame pour la ville". Il avait fallu près de six mois pour rouvrir la navigation dans la ville même.
Les quais du Tevere submergés (source: lepetitjournal de Rome)
Une situation préoccupante
Jeudi dernier, les eaux culminaient à près de onze mètres, soit seulement un mètre de moins que le précédent de 2008. A Rome, mais aussi dans les provinces traversées par le Tibre (Emilie-Romagne, Ombrie et Latium), cette brusque montée des eaux inquiète, avec notamment de nombreuses évacuations dans les campagnes, plus par précaution que du fait d'un danger réel. "Il est vrai qu'en 2008, il était inimaginable qu'un tel évènement arrive. Tout le monde a donc surement sous-estimé la gravité de la situation". Chat échaudé craint l'eau froide, et pour éviter une récidive, la ville s'est désormais dotée d'une patrouille fluviale. Aidée de 250 volontaires, elle contrôle jour et nuit le niveau du fleuve, ainsi que toute présence suspecte d'objets qui pourraient endommager ensuite les embarcations accostées en ville. L'Aniene, un affluent important du fleuve, est lui aussi soigneusement inspecté puisque son niveau est très largement au-dessus de la normale.
Des autorités rassurantes
Il est de coutume de dire que de décembre à mars, le fleuve connait son niveau le plus élevé avec un sommet début février. Alors que le temps ne promet pas de réelles éclaircies, et ce même si les pluies ont baissé d'intensité, les autorités de la ville ne s'alarment pas. Plus précisément, Francesco Mele, le responsable pour la région Lazio de la Protection Civile, n'a cessé de répéter que la situation était "sous contrôle" et que l'alerte de la semaine dernière avait été sans dommages. "On sent cette année que les mises en garde ne sont pas prises à la légère. On n'est pas inquiet mais je pense que chacun fait désormais attention. On sait ce dont le fleuve est capable" nous explique Gabriella. On ne cède donc pas à la panique, mais la vigilance reste de mise pour ainsi éviter de ranimer ce mauvais souvenir encore dans tous les esprits.
Jean-Marie Cornuaille. (www.lepetitjournal.com/rome.html) jeudi 9 décembre 2010

































