Le Conclave débute cet après-midi au Vatican. Convoqués pour désigner le futur Pontife, 115 cardinaux voteront à Huis Clos. Plus d'un million de fidèles sont rassemblés sur la place Saint-Pierre et attendent maintenant la fumée blanche qui annoncera l'élection du nouveau Pape.
Le conclave, mode d'emploi
Dans l'enceinte de l'Etat pontifical, les ecclésiastiques concernés sont tenus au secret et coupés du monde pendant toute la durée du Conclave, trois jours en moyenne. Le nombre de Cardinaux présents ne cesse d'augmenter depuis le Moyen-Âge, époque à laquelle les règles de l'élection ont été édictées. Ils seront 115 cette année à voter chaque jour sous la coupole de la chapelle Sixtine pour choisir celui qui succèdera à Benoît XVI. Il y aura toutefois un absent, le cardinal écossais O'Brien a été écarté après l'aveu de "gestes sexuels inappropriés", la semaine dernière.
Un seul vote aura lieu aujourd'hui après la messe rituelle Pro elegendo pontifice célébrée un peu plus tôt ce matin. Quatre tours de scrutin quotidiens seront organisés à partir de demain si le vainqueur demeure inconnu. Une majorité de deux-tiers est nécessaire à la nomination officielle du Saint-Père.
Malgré le mystère qui entoure le déroulement de l'élection, les médias du monde entier sont déjà invités au Conclave 2013. Selon le vice-directeur du Bureau de Presse du Vatican, Angelo Scelzo, environ 5.600 journalistes sont attendus. Par conséquent, tous ne pourront pas assister à la messe d'ouverture matinale. Pour cette occasion, sont conviés seulement 35 photographes et une trentaine de journalistes de télévision. Une chance que n'aura pas Gianluigi Nuzzi, auteur du livre polémique "Sua Santità" qui a mis à jour les documents confidentiels du Vatileaks. "Un choix bien obscur et surtout très loin de la transparence et de la liberté de la presse", note le journaliste.
"Vatican me refuse refuse l'accréditation pour suivre le Conclave. Choix obscurantiste, autre que la transparence de la liberté de la presse"
Conclave, indécisions et favoris
La date du début du Conclave à peine annoncée, les paris sur les "papabili" se sont ouverts. Tout en haut de la liste des favoris, se trouve le cardinal canadien polyglotte Marc Ouellet. Le préfet de la Congrégation des évêques est aussi un diplomate averti. Dans le top du top, cardinaux italiens sont pressentis à la charge papale. Le cardinal Angelo Scola, archevêque du diocèse de Milan et le cardinal Gianfranco Ravasi, ministre de la culture du Vatican qui a soutenu Benoît XVI jusqu'à la fin de son Pontificat, sont en compétition.
Le Conclave qui Gazouille
Le Conclave qui s'ouvre cet après-midi sera le premier de l'histoire à être suivi, scruté, commenté voire moqué sur Twitter. Alors que le réseau social est né en 2006, un an après l'élection de Benoît XVI, le Saint-Père démissionnaire avait adopté l'écriture en 140 signes l'an passé. En décembre dernier, le Pape adressait en effet son premier message depuis @pontifex, "bénissant" chacun de ses followers.
Si son compte a été archivé depuis sa démission, le Vatican reste l'un des topics les plus prisés des Twittos. Catholiques ou non, les Internautes aux quatre coins de la planète y vont de leurs petites phrases. Ne comptez toutefois pas lire un message d'un des cardinaux enfermés dans la Chapelle Sixtine, le Vatican venant de rappeler que tout téléphone portable ou moyen de communication y était interdit.
En attendant l'issue du vote, la Twittosphère se déchaîne déjà. Lundi sur la plateforme-sociale, certains ironisaient sur le Conclave et le sort de l'Italie : "#ItaliaTiAmoPerchè. Tu es sans Pape, sans gouvernement, sans travail et sans argent. Hahahahaha". Toujours sarcastiques, les Twittos "professionnels" doutent des chances des cardinaux français, André XXIII et Philippe Barbarin. Renaud Dely (Le Nouvel Observateur) twittait ainsi : "La dernière fois que la France a gagné le Conclave c'était Marie Myriam, non ?"
Florilège de la Twittosphère :
"Finalement il se sont enfermés. Espérons qu'ils jettent la clé"
La Rédaction de Rome (www.lepetitjournal.com/rome) ? Mardi 12 mars 2013
Crédits photo: Elise Bonnardel

































