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LEONARD DE VINCI – Un pont entre Milan et la France

Écrit par Lepetitjournal Milan
Publié le 1 janvier 1970, mis à jour le 15 janvier 2015

1515 – Marignan, vous connaissez ? Si cette date est bien ancrée dans votre mémoire d'écolier, vous souvenez-vous que c'est une des plus grandes batailles de l'Histoire de France ? François I, alors tout jeune roi de France, s'empare de Milan et fait venir Léonard de Vinci à sa Cour. A l'occasion des 500 ans du transfert du Génie en France, la galerie d'art Studiolo, d'après une idée du Cabinet d'Avocats AF Legal, propose jusqu'au 23 janvier une exposition intitulée "Leonardo e l'arte, un ponte tra Italia e Francia". Des pièces exceptionnelles, notamment des lithographies de dessin de Leonard de Vinci, seront exposées. La rédaction a interviewé Nicola Barbatelli, spécialiste de Leonard de Vinci.

Milanais Leonardo ? Pas tout à fait !

Peintre, inventeur, ingénieur, scientifique, humaniste, philosophe, Leonardo incarne au travers de ses avancées dans les domaines artistique et scientifique, déjà la Renaissance à la fin du XVe siècle. 

La Madone à l'enfant exécuté par Cesare da Sesto vers 1520.

C'est à l'âge de 26 ans que Leonardo da Vinci quitte sa Toscane natale. Il s'installe en 1481 à Milan au service des Sforza, une des Cours les plus influentes de l'Europe d'alors. Il se dédie à ses recherches en mécanique, ingénierie militaire, anatomie humaine, botanique, mais aussi à la peinture. De la première Vergine delle Rocce (1483) à son chef d'œuvre du Cenacolo à Santa Maria delle Grazie, Leonardo exprime pleinement son génie. Mais durant ce premier séjour milanais, il doit faire face à une charge de travail toujours plus lourde. Et dans les pages du Codice Atlantico conservé à la Bibliothèque Ambrosienne de Milan, il critique ouvertement les Sforza. "Il s'agit d'un rapport difficile d'amour et de souffrance car Leonardo, homme d'une grande sensibilité, vit à la Cour de Ludovico il Moro, un criminel et un ignorant sans scrupule" explique Nicola Barbatelli. En 1499, Ludovico il Moro abandonne Milan face aux troupes françaises. Leonardo assiste alors non seulement à la défaite des Sforza, mais aussi à la destruction de son grand projet de monument équestre à coups de pierres. Il quittera lui aussi la ville, blessé.

Il y revient en 1508, sur proposition du gouverneur de Milan, Charles d'Amboise, cette fois au service du Roi de France Louis XII. Il s'installe alors à San Babila et se dédie, outre à une seconde version de la Vergine delle Rocce, à des problèmes de géologie, d'hydraulique et d'ingénierie urbaine. Pourtant, ce deuxième séjour milanais est ponctué de nombreux voyages. En 1511, Charles d'Amboise décède et l'année d'après, la Lega Santa chasse les Français, redonnant le pouvoir aux Sforza. Dans ce climat d'incertitude, Leonardo, soutenu par Giuliano de'Medici, frère du pape Leone X, part pour le Vatican, où Michel-Ange et Raphaël s'affairent. Lui, Leonardo n'a plus rien à prouver…

Leonard, un pont entre l'Italie et la France

C'est dans ce contexte politique et culturel qui n'offre plus au Grand Maître les conditions, ni les stimulations de recherche, qu'il se transfère définitivement en France sur invitation de François I, qui lui voue une admiration sans concession.

Le jeune Roi installe Leonard de Vinci au Clos-Lucé, un manoir situé à quelques centaines de mètres de son château à Amboise, devenu désormais un site exceptionnel qui lui est dédié. François I lui achète La Joconde. "La France acquiert les œuvres les plus belles de Léonard de Vinci car il y arrive comme 'genio assoluto', à la fin de sa vie". Et lui confie le projet de résidence pour sa mère à Romorentin ; mais surtout, il le laisse libre de faire ce qu'il veut. "Le roi le laissait travailler sans le presser" souligne Nicola Barbatelli. Léonard se dédie pleinement à la recherche, et le projet ne verra jamais le jour car, malade, il meurt en 1519, dans les bras de son ami Francesco Melzi qui l'avait suivi en France et à qui il légua tout son testament.

L'exposition "Leonardo e l'arte, un ponte tra Italia e Francia" proposée par Stefano et Guido Cribiori dans leur galerie milanaise est un hommage que le cabinet d'avocats AF Legal voulait faire à l'artiste. Parmi les œuvres exposées dans ce cadre unique, quatre Madonna d'inspiration léonardesques, des lithographies de dessins de Léonard de Vinci, un livre sur l'artiste, préfacé par Mussolini, des tableaux représentant des vues des Navigli en référence au travaux de conception et d'aménagement réalisés par Vinci, mais aussi des œuvres de peintres français ayant travaillé en Italie et de peintres italiens ayant travaillé en France, comme Jean Barbault ou encore Hubert Robert car, comme le rappelle l'expert Barbatelli : "Léonard a offert aux artistes de l'époque en Europe une nouvelle façon de peindre : dans sa peinture, il reproduit ce qu'il voit. Mais son influence est arrivée après, comme un reflet."

Sophie Her (Lepetitjournal.com de Milan) - mercredi 14 janvier 2015

Informations pratiques :

Galleria Studiolo
Corso di Porta Nuova 46 B – Milan
Tel : 02 6570348

Cabinet d'Avocats AF Legal
Piazza Risorgimento, 8 - Milan
Tel : 02 55183646

Pour tout renseignement sur le Clos Lucé en italien, consultez le site internet d'Atout France, partenaire de l'exposition.

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Publié le 13 janvier 2015, mis à jour le 15 janvier 2015
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