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« L’adaptabilité est le critère d’une expatriation réussie »

Par Marie-Astrid Roy | Publié le 08/10/2019 à 23:30 | Mis à jour le 09/10/2019 à 10:37
Photo : Emmanuelle Guilhamon Juglar, coach en développement personnel et de vie, intervient à Paris et Milan
Emmanuelle Juglar coach

Emmanuelle Juglar, expatriée à Milan, coach en développement personnel et de vie, a inventé une méthode de connaissance de soi permettant à chacun de prendre sa vie en main au quotidien. C’est en anticipant les évolutions sociétales que la spécialiste décline son concept aussi bien lors de suivis individuels qu’en entreprise et lors de conférences. Explication de cet outil pratique qui offre à tout individu de (re)trouver son équilibre de vie.


Lepetitjournal.com/Milan : Vous êtes passée de contrôleur de gestion à coach en développement personnel. Comment votre expatriation a-t-elle influé sur votre activité professionnelle ?

Emmanuelle Guilhamon Juglar : Mon parcours d’expatriée m’a forgé, mais j’ai toujours créé plusieurs activités dont le point commun est le développement personnel de l’individu, mon but étant de servir le quotidien de chacun. Durant mon expatriation au Japon par exemple, je me suis demandée ce que je pouvais apporter à un Japonais qui est en train de quitter son kimono, sans qu’il n’oublie son caractère ni ses origines. J’ai ainsi monté une méthode de relooking que j’ai vendue à Visa Card. J’aidais les Japonaises à apprendre à s’habiller à l’européenne, sans pour autant ne plébisciter que du Louis Vuitton !
Avant le Japon, j’étais à Paris où je travaillais dans un cabinet « Management et conjonctures sociales ». J’y faisais du contrôle de gestion, mais c’est là que j’ai eu la chance d’être éveillée à tous les outils du développement personnel. Ces outils correspondaient tellement bien à ce dont j’avais envie, que j’ai monté une boite en parallèle, « Corrélation », pour permettre aux gens de se rencontrer selon leur affinité. Trop de personnes passaient à côté des unes des autres, car débordées par leur travail. Je faisais du Meetic avant l’heure en quelque sorte !
J’ai par ailleurs développé la méthode Temp’O jeunes, intitulée « J’aide mon ado à se prendre en main »*. Mais en pratique, elle s’adapte à tout individu. Toute ma vie, mon but a été de répondre à un besoin d’adaptation, car l’adaptabilité est fondamentale. Aussi, en rentrant du Japon, j’ai monté cette nouvelle méthode de connaissance de soi, afin d’aider l’autre à être le plus lui-même, tout en étant heureux.
 

Pourquoi votre méthode peut-elle se révéler particulièrement fondamentale lors d’une expatriation ? Et à quels autres moments de sa vie peut-on avoir besoin d’y recourir ?

On est amené à en avoir besoin à tout moment de sa vie, suite à tout chahutage qui vient perturber son quotidien et qui appelle donc le besoin de retrouver un équilibre. Ce sera le cas lors d’une expatriation, mais aussi si l’on perd un parent trop tôt, lors de la naissance d’un enfant, un déménagement, un changement de travail. Tous ces moments-là demandent de l’adaptation. Et si on ne sait pas s’adapter, on ne peut pas tenir. Cette adaptation représente le critère d’une expatriation réussie, c’est elle qui permet que les liens familiaux restent harmonieux, que chaque personne ait sa place au sein de la famille, que l’on soit épanoui dans son travail, avec soi-même et avec son entourage. Pour cela, il est indispensable de bien se connaître et nourrir ses besoins pour ne pas être détérioré. Il faut comprendre ce qu’est son projet sur place, ce qui peut créer son équilibre.
 

Concrètement, sur quels fondamentaux repose votre méthode ? Comment apprend-on à trouver son parfait équilibre de vie ?

La méthode que j’ai développée se base sur les trois piliers de la réussite : la confiance en soi, la motivation et l’autonomie. La confiance en soi, cela permet d’oser ; la motivation, de vouloir et l’autonomie, de pouvoir. Il suffit que l’un des trois piliers ne soient pas solides pour que l’on ne puisse plus faire partir notre fusée vers son avenir. Or, chaque stress engendre un déséquilibre. Il faut donc apprendre au quotidien à renforcer les trois piliers. Pour y parvenir, au préalable, il convient de se connaître soi-même. La première étape du suivi – 6 heures d’entretiens environ -consiste à aider l’individu à mieux se connaître : son caractère, ses qualités, ses capacités, ses valeurs, trouver ce qui lui donne l’énergie, la motivation, ce qui lui permet de faire d’une volonté une réussite, malgré un chemin caillouteux... C’est seulement après que l’on peut apprendre à prendre sa vie en main au quotidien.

 

Et en pratique, comment se développe votre technique ?

Après les entretiens dédiés à la connaissance de soi, il en ressort un profil. La personne se découvre. C’est alors que l’on passe à la seconde étape : l’apprentissage de la mnémotechnique de la main, un outil très pratique qui permet de rester unifié « corps-cœur-esprit ». Avec le pouce : stop je m’arrête, je prends soin de mes besoins physiques (sport, physique...). Avec l’index : je réfléchis à ce que je ressens à cet instant T, en repensant à un évènement revenant en mémoire. Car derrière une émotion il y a un besoin. Or si l’émotion est agréable, le besoin se voit satisfait. Au contraire, si l’émotion est désagréable, le besoin se verra non satisfait. Aussi, lorsque l’on ressent une émotion désagréable, il faut en connaitre la raison pour comprendre son besoin. Avec le majeur, Tous les jours, je prends le temps de voir les qualités et capacités développées, je relis ma liste de valeur et je reprends celles qui ont été nourries ou chahutées.
Avec l’annulaire : je fais alliance avec moi-même, grâce à 4 ou 5 outils que l’on apprend, qui vont me permettre de prendre du recul sur l’évènement.
Avec l’auriculaire enfin, une fois que j’ai fait le point, je sais ce que je veux et je porte mon objectif sur le coup d’après.

L’expatriation ne pourra  être réussie que si les deux au sein du couple y trouvent leur compte.

Enfants, adultes, vie privée et vie professionnelle... Votre méthode peut-elle concerner tout individu et se décliner dans les différentes sphères de sa vie ?

Absolument. Pour les jeunes, ce ne sera qu’à partir de l’âge de 12 ans environ, par exemple en amont d’orientation. Les valeurs que l’on a, on les acquiert vers l’âge de 7-8 ans. On les conserve ensuite toute sa vie, c’est l’ordre dans lequel on a besoin de les nourrir pour être heureux qui change.
Si on ne les connaît pas, il est toujours temps de les découvrir. Comme cette jeune femme, directeur financier d’une association nationale renommée qui après son premier enfant ne trouvait plus suffisamment d’intérêt à son travail pour donner autant. Elle est devenue après cette meilleure connaissance d’elle-même, peintre décorateur !  
Outre l’individu seul, je m’occupe également de couples, pas en ce qui concerne le relationnel, mais afin de les aider à retrouver un projet qui va nourrir les deux individus au sein du couple. L’expatriation ne pourra d’ailleurs être réussie que si les deux y trouvent leur compte. L’amour seul pour son conjoint ne peut pas suffire à celui qui a suivi en abandonnant au moment du déménagement une vie équilibrée entre travail, famille, amis et hobbies .

Avec ma méthode « Temp’O jeunes », j’ai par ailleurs mené de nombreuses conférences à Paris, d’abord dans le milieu éducatif, puis aussi en entreprise. A l’origine, les formations étaient tournées vers la parentalité : Comment aider les parents débordés à pouvoir s’occuper de ses enfants tout en ayant très peu de temps ? Comment donner le meilleur à mon enfant, avec ce qui est aussi juste pour moi ? J’ai aussi décliné plusieurs conférences sur le thème « Autorité et liberté ». Or ces outils donnés aux parents sont les mêmes que pour un manager. En entreprise, s’il n’y a pas autorité, bienveillance et créativité, on ne peut pas être un bon manager. Je peux aussi être amenée à travailler pour une équipe de 6 à 8 personnes en même temps.
Peu importe le public, l’avantage de cette méthode est qu’elle n’est jamais statique.  Progressive, elle demeure utile tout au long de la vie. Et autre point pratique : une fois que je connais les gens, je peux continuer à les suivre très facilement à distance (par skype). L’idéal en cas d’une nouvelle expatriation ou d’un retour en France.
 

La manière de prendre sa vie au quotidien - TEDx

 
 

Contacts :
Emmanuelle Guilhamon Juglar intervient à Milan et Paris
Email : emmanuelle.guilhamon@tempojeunes.com
Mobile : +33 (0)6.13.24.49.02

Emmanuelle Guilhamon Juglar est aussi l’auteur de J’aide mon ado à se prendre en main, éditions Eyrolles.

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