Édition internationale

VIOLENCES – Les antifascistes pris pour cible en France et en Italie

Écrit par Lepetitjournal Milan
Publié le 1 janvier 1970, mis à jour le 10 juin 2013

Triste période pour les militants antifascistes. La crise, l'exacerbation des idées les plus extrêmes, le repli sur soi ; autant de facteurs qui peuvent expliquer la recrudescence des groupes néofascistes. Le résultat se traduit par l'agression de Clément Méric, mort à la suite d'une altercation à Paris ou de Zulù, chanteur du groupe 99 Posse à Rome. Le second aura eu plus de chance mais les motifs sont les mêmes ; le règlement de compte par la violence des groupuscules d'extrême-droite contre les "antifa". Retour sur deux agressions symptomatiques d'un climat tendu en France comme en Italie. Marco Messina, membre du groupe de reggae 99 Posse nous donne son point de vue sur ces événements.

Les groupes d'extrême-droite frappent en France et en Italie

Mercredi 5 juin, la France est sous le choc. Clément Méric, étudiant de 18 ans et militant antifasciste meurt sous les coups d'un skinhead proche du mouvement ultranationaliste Troisième Voie. Le drame se déroule en plein jour au c?ur de la capitale française. Effroi général ; la classe politique dénonce à l'unanimité cette violence. Les groupuscules d'extrême-droite sont alors montrés du doigt. Le gouvernement annonce vouloir dissoudre un certain nombre d'entre eux et dans le même temps, des manifestations en hommage à la victime s'organisent à Paris et un peu partout en France. Clément Méric était étudiant en première année à la prestigieuse école Sciences Po et militait au collectif Action antifasciste Paris Banlieue. Plus communément appelés les "antifa", les militants de cette organisation, comme tous les groupes d'extrême-gauche radicaux se veulent autonomes de tous partis, même du Front de Gauche. Lors des rassemblements en hommage à la mort du jeune homme, ils scandaient tous en c?ur "pas de récupération politique". Jean-Luc Mélenchon, présent s'est d'ailleurs abstenu de prendre la parole.
Jeudi 6 juin, une autre agression a eu lieu, cette fois en Italie, à Velletri dans la banlieue de Rome. Certes, l'issue ne s'est pas soldée par la mort de l'agressé mais le corrélation entre les deux faits tient dans le fait qu'encore une fois, c'est l'?uvre d'un groupe de néofascistes. La victime est Luca Persico dit Zulù, chanteur du groupe de ragamuffin italien 99 Posse. Il a été pris à parti par une vingtaine de personnes devant un pub où il devait donner un concert. Les agresseurs portaient des symboles ostentatoires d'extrême-droite et n'ont blessé que légèrement le chanteur grâce à l'intervention de la sécurité du pub. Luigi de Magistris, le maire de Naples, ville originaire du groupe a aussitôt exprimé sa solidarité : "L'antifascisme est le fondement de notre démocratie et de notre Constitution. Nous devons rester vigilants à la recrudescence des mouvements fascistes en Italie comme dans le reste de l'Europe". Ce n'est pas la première fois que des néofascistes agressent Zulù. Il y a une dizaine d'année, il a été tabassé en plein centre de Rome.

Marco Messina : "Il faut combattre ces groupes fascistes"


Le groupe 99 Posse, formé au début des années 90 a connu un succès dans toute l'Italie les années qui ont suivies. Ouvertement antifascistes, les membres du groupe militent depuis toujours contre les idées fascisantes qui "gangrènent la société italienne" nous a confié Marco Messina, membre fondateur du groupe. Selon lui, ça ne fait aucun doute que l'agression était préméditée. "Luca s'est fait agressé par 20 mecs armés de ceintures et autres objets contendants. Ils n'étaient pas là par hasard". Il faut dire que depuis plus de 20 ans, le groupe se bat contre les idées d'extrême-droite. Que ce soit par les messages véhiculés dans leurs chansons ou par leur engagement dans des mouvements antifascistes, ils ont toujours attiré la haine de ces derniers. "Il ne faut pas leur laisser le champ libre. La crise favorise le retour sur le devant de la scène de ces groupes. Il faut rester sur nos gardes pour ne pas les banaliser" clame le musicien. La crise ; c'est probablement le terreau fertile sur lequel les idées des groupuscules d'extrême-droite renaissent. Marco Messina prend l'exemple des manifestations anti-mariage gay en France. Selon lui, ça favorise les discours haineux sous le prétexte de la liberté de parole. Il est vrai que ces longs mois de Manif' pour tous ont vu se mêler des groupes tels Troisième Voie ou les Jeunesses nationalistes révolutionnaire (JNR) à la foule des manifestants.
"Tout ceux qui vont l'encontre des idées de ces groupes font l'objet d'agressions. Les homosexuels, les immigrés ou les "antifa" sont pris pour cible" assure Marco Messina. Ce n'est pas nouveau. L'Italie a connu dans les années 70 ses années de plombs où les affrontements entre fascistes et gauchistes étaient courants et se soldaient parfois par des meurtres ou des attentats. Mais il sent que le ton se durcit ces derniers temps. Il continue donc la lutte contre ces mouvements extrémistes. 99 Posse organise une manifestation mardi 11 juin à Naples pour dénoncer le danger fasciste et l'agression de Zulù. Il est même fait état de la mort de Clément Méric sur leur page facebook.

Aurélien Bureau (LePetitJournal.com de Milan) ? lundi 10 juin 2013

photos: facebook

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Publié le 9 juin 2013, mis à jour le 10 juin 2013
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