Symbole du sérieux professionnel mais aussi de l'élégance masculine, la cravate est également devenue un accessoire de mode. Elle perd cette année un demi centimètre pour une largeur idéal de 9 cm. Dis-moi quelle cravate tu portes et je te dirai qui tu es
La cravate double de Gianni Mura, que l'on peut porter en version classique au bureau (Photo LPJ)
Cela fait près d'un siècle que les hommes la portent. Si la cravate donne de l'allure, beaucoup avaient renoncé à se l'attacher autour du cou, la jugeant vieux jeu et étouffante. Mais l'accessoire revient à la mode, au point que plusieurs grands quotidiens italiens y ont consacré des enquêtes. A la Scala, Stéphane Lissner l'a rendue de nouveau obligatoire début 2007. Autre symbole de ce retour en force, le succès croissant du napolitain Salvatore Sanseverino, qui a lancé ses propres créations en 1994.
La gent masculine du XXIe siècle, non contente de fréquenter avec assiduité les gymnases et les centres de beauté qui leur sont consacrés, serait devenue "fashion victim". Les nouveaux gentlemen milanais fréquentent ainsi la via Montenapoleone et ses environs pour dénicher cravates et autres détails dernier cri. Dans certains boutiques du quadrilatère, comme Scappino, on vous apprend même sur place à faire le n?ud de la maison. Gianni Mura, via Torino, propose une cravate que l'on porte classique au bureau puis double le soir, pour un look plus décontracté. Attention à respecter la taille en usage pour cette saison : la cravate perd un demi centimètre pour atteindre idéalement les 9 cm de largeur.
Le miroir de l'âme
Parce qu'elle serait symboliquement phallique, comme l'affirment de nombreux psychologues, la cravate révèlerait les états d'âme et la personnalité. Créateurs, entrepreneurs et politiques s'accordent sur le fait que la cravate est "le miroir de l'âme". Si le n?ud est très serré, on a certainement affaire à quelqu'un de rigide. Si en revanche le n?ud est plus souple, alors c'est sans doute que monsieur est plutôt sûr de lui. Méfiez-vous des n?uds trop gros : ils sont synonymes de timidité et de maladresse.
Certains cherchent toujours à échapper à ce qu'ils jugent être une marque de soumission au système. Leur maître à penser ? Le sénateur Franceso Speroni. Par défi à la règle selon laquelle on ne peut rentrer au Sénat sans le fameux accessoire, il prenait plaisir à porter des cravates toutes plus ridicules les unes que autres.
Corentine GASQUET et Marie MALZAC. (www.lepetitjournal.com - Milan) lundi 17 décembre 2007
A lire aussi
Corriere.it : La cravatta? Più stretta "È la sconfitta del machismo"
LaStampa.it : Torna di moda la cravatta
Repubblica.it : La Scala torna all'antico cravatta sempre d'obbligo
Liens
www.scappino.com
www.giannimura.it
Bibliographie
La cravatta, in 51 modi di annodarla (Villarosa/Mosconi, casa editrice Idealibri)
Eloggio della cravatta (Nuvoletti Giovanni, casa editrice Idealibri)















































