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Révolte au Vatican : « Les sœurs, esclaves des évêques et cardinaux »

Révolte Nonnes Rome VaticanRévolte Nonnes Rome Vatican
Écrit par Marie-Astrid Roy
Publié le 5 mars 2018, mis à jour le 5 mars 2018

Sentiments d’humiliation, disparité au sein du personnel ecclésiastique… La dénonciation arrive d’une enquête publiée dans le mensuel du journal du Vatican, l’Osservatorio romano.

A Rome, les religieuses lèvent le voile. La dénonciation est lourde, très dure et s’adresse aux cardinaux et autres prélats qui traiteraient les Sœurs pire que comme des servantes s’occupant d’eux et de leur maison, mais comme de véritables « esclaves ». Et l’accusation émane d’une source au-delà de tout soupçon : l’enquête a été publiée dans les pages du supplément mensuel « Donne chiesa mondo » (Femme église monde) de l’Osservatorio romano, édité dans la Cité du Vatican par le Secrétariat pour la communication du Saint Siège. Il ne s’agit pas de l’organe officiel du Vatican mais de l’une des sources officielles, aux côtés de Radio Vatican et du centre Télévisé du Vatican. Une enquête qui s’inscrit dans le mouvement de lutte contre les violences faites aux femmes (#MeToo), né à Hollywood et qui a désormais largement dépassé les frontières de l’industrie cinématographique.

« De l’aube jusqu’au soir »

« Certaines religieuses, employées au service des hommes de l’Eglise, se lèvent à l’aube pour préparer le petit-déjeuner et vont se coucher une fois le dîner servi, la maison en ordre, le linge lavé et repassé », témoigne (sous un autre nom) Sœur Marie, d’origine africaine et vivant à Rome depuis plus de 20 ans pour y accueillir les Sœurs provenant du monde entier. Et d’ajouter : « Les Sœurs n’ont pas d’horaires précis et leur rétribution est aléatoire, souvent très modeste ».

En cuisine avec un doctorat

Une autre religieuse, sœur Paule, se livre elle aussi à la journaliste : « J’ai connu des Sœurs possédant un doctorat en théologie et qui du jour au lendemain ont été envoyées à cuisiner et laver les plats, des missions sans aucun lien avec leur formation intellectuelle ».
Sœur Cécile, enseignante, va plus loin : « En ce moment, je travaille dans un centre, sans contrat, contrairement à mes consœurs laïques. Il y a 10 ans, dans le cadre d’une collaboration avec les médias, on m’a demandé si je voulais vraiment être payée. Une sœur qui anime des chants dans la paroisse qui est à côté et donne des conférences, ne reçoit pas un centime. Alors qu’un prête qui vient dire la Messe chez nous, nous demande 15 euros. » Cette sœur affirme ne pas chercher la richesse, mais souligne qu’il s’agit d’une « question de survie de la communauté ».

Le pape François se dit quant à lui « préoccupé par la persistance d’une mentalité machiste » et s’est ainsi engagé à accorder plus de place aux femmes au sein de l’Eglise catholique. Aussi, il a instauré en août 2016 une commission chargée d’étudier le diaconat féminin. L’accès à la prêtrise demeure toutefois exclu pour les femmes.

MAR
Publié le 5 mars 2018, mis à jour le 5 mars 2018

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