

L'auteur belge nous a présenté son dernier livre Une forme de vie ce mardi 22 février à La Feltrinelli de Milan. Un roman épistolaire, comme une référence aux nombreuses lettres de ses lecteurs, pour lesquels elle indique: "Je réponds à tout courrier qui le mérite ! Ce roman reste cependant une pure fiction".
Le roman
Une forme de vie nous parle d'un soldat américain basé en Iraq. Pour combattre la solitude des soldats en guerre dans un pays où la peur de l'attentat au coin de la rue les entraîne sur différentes formes de schizophrénie, notre héros, lui, se laisse aller dans l'obésité. Il devient deux. Il s'entoure d'une graisse, qui devient dans son esprit charnelle, comme une femme avec laquelle il vit des nuits d'amour. Pour appel à l'aide, il déclenche une correspondance avec l'auteur; elle seule pourra le comprendre. Au fil des courriers, sous la belle prose de Mme Nothomb, son esprit loufoque, et comme moyen de compréhension à cet excès, l'obésité du jeune homme est présentée comme une création artistique. Ce qui émerveille le soldat ?oui, bien sûr, du Body Art !' qui pense à l'exposer. Subitement, il interrompt leur correspondance? L'auteur n'a alors plus d'autres préoccupations que de le retrouver, nous entraînant encore une fois dans une fin tout à fait fantasmagorique.
Amélie Nothomb nous parle du sujet
Le sujet du livre nous ramène à des sujets chers à Amélie Nothomb: l'obésité et la solitude, déjà présents dans ses romans Hygiène de l'assassin, les catilinaires, Attentats... Deux attitudes qui interpellent l'auteur: ?un mystère se cache derrière ces formes qui m'intriguent'. Elle déclare, derrière ses petites joues roses, avoir été anorexique et avoue avoir?chercher les limites de croître ou décroître, un ressenti pour le même vertige de l'infini, négatif ou sur-positif. Un rapport problématique avec son corps, une inconscience qui nous emmène à en faire n'importe quoi'. 'Beaucoup de femmes parfaites sont complexées à l'extrême, je pense qu'il est difficile de se sentir bien dans son corps à notre époque' nous dit-elle?toute vêtue de noir derrière son grand chapeau, comme sortie d'un livre d'Harry Potter.
Pourquoi ce roman épistolaire, sous formes de correspondance ?
Amélie Nothomb nous dit ?j'aime la frontière du papier, on se retrouve sur la même base. Je cherche la juste limite entre les êtres, ce que je ressens avec une lettre.'?Quand j'étais petite, nous habitions en Asie et mes parents nous obligeaient à écrire une lettre toutes les semaines à mon grand-père?que je ne connaissais pas ! C'est difficile d'écrire son quotidien pour un enfant, mais avec le temps, vers onze ans, c'est devenu plus facile et de plus en plus intéressant. C'est très certainement à l'origine de mon plaisir d'écrire et c'est devenu un besoin'. Un tel besoin que Amélie Nothomb nous dit écrire deux livres par an et être sur son soixante-et-onzième manuscrits?pour dix-neuf édités. Un rendement trop éreintant pour un lecteur qui a déjà un peu trop du style A.Nothomb avec un livre par an pour n'en retenir que les meilleurs.
L'auteur
Amélie Nothomb nous apparaît comme une petite femme bien déterminée même si, dit-elle, ?c'est dans l'écriture que je cherche la façon de m'échapper et je cherche encore.' La reine du livre de la comédie dramatique aux frontières de l'absurde pour certains, nous le joue très ?bon public' en Italie, avec une compréhension parfaite de la langue même si elle répond en français. Elle mentionne bien être belge avec une profonde inspiration de la culture japonaise, pays de sa jeunesse. Elle aime le premier degré des Américains, mais leur style de vie ne lui convient pas. La France la fascine, mais au quotidien elle s'y sent très loin de chez elle.
Amélie Nothomb n'aime pas les emails. ?Ce n'est qu'une communication sans style, ce n'est pas pour moi ! Prenez une feuille blanche, une enveloppe, toute une démarche de dinosaure de nos jours. Je suis peut-être un des derniers dinosaures belges !'
Mh Bonnette (www.lepetitjournal.com/milan) vendredi 25 février 2011













































