

Malgréune victoire de la gauche aux élections municipales, le Cavaliere a réussi àconserver son bastion. Elue dès le premier tour, mais avec une courte avance, Letizia Moratti est la première femme maire de Milan
Credits : Gianni Congiu
Silvio Berlusconi a perdu sa revanche. Le centre-gauche de Romano Prodi a largement conservéles mairies de Rome, Turin et Naples, dès le premier tour. Mais, àMilan, la Maison des libertés (CDL) reste au pouvoir?
Avec 52% des voix, Letizia Moratti a échappéde justesse au deuxième tour. Le maire sortant, Gabriele Albertini, également àdroite, avait obtenu 57,5% des scrutins en 2001.
Pour sa campagne, l'ancienne ministre de l'éducation a bénéficie du soutien actif du Cavalerie et d'un budget de plus de 3,6 millions d'euros (d'après le Corriere della Serra), contre 700.000 euros pour Bruno Ferrante, candidat du centre gauche et préfet de Milan pendant six ans.
Issue d'une grande famille génoise, mais née àMilan, Letizia Brichetto Arnaboldi Moratti, 57 ans, mariée avec le magnat du pétrole Gianmarco Moratti, mère de deux enfants, est la première femme maire de Milan. C'est surtout aussi une femme d'affaires.
Créatrice d'entreprise, PDG puis ministre
Après des études de sciences politiques àla Statale de Milan, à25 ans, elle a crééGPA, une entreprise de courtage en assurances devenue leader en Italie. En 1994, elle est nommée présidente de la Rai par Silvio Berlusconi. Elle s'est ensuite consacrée au développement des activités européennes de Rupert Murdoch, devenant PDG de News Corp Europe en 1998. Elle a également dirigéune sociétéde financement d'entreprises dans les télécommunications et les médias.
En juin 2001, le Cavaliere l'a nommée ministre de l'Instruction, de l'Universitéet de la Recherche, poste qu'elle a occupéjusqu'àavril 2006. Elle est àl'origine d'une réforme de l'enseignement qui a profondément diviséle pays et le monde de l'école, provoquant d'importantes manifestations. Malgré un manque de popularitéauprès des opposants àla réforme, elle a su garder le bastion du Cavaliere.
Corentine GASQUET - LPJ Milan - 31 mai 2006
La victoire de la gauche de Romano Prodi
Dimanche et lundi, près de 20 millions d'Italiens étaient appelés àélire les maires de plus de 1.200 communes, les administrations de huit provinces (Mantoue, Pavie, Trévise, Imperia, Ravenne, Lucques, Campobasso, Reggio Calabria) et la présidence de la Sicile. 71,2% des inscrits ont voté, contre 80,6% pour les municipales de 2001.
Le centre gauche se maintient largement àRome (Walter Veltroni obtient 61,5 des suffrages), Turin (Sergio Chiamparino, 66,5%) et Naples (Rosa Russo Iervolino, 58,2%). Par ailleurs, la droite perd une province et deux chefs lieu dès le premier tour. Pour cinq chefs lieu, le deuxième tour aura lieu les 11 et 12 juin. En Sicile, le président sortant Salvatore Cuffaro, centre droit, garde son poste face àla candidate de gauche Rita Borsellino, s?ur du juge tuéle 19 juillet 1992 lors du dernier attentat de grande ampleur commis par Cosa Nostra.
La prochaine échéance électorale en Italie sera le référendum du 25 juin. Les électeurs devront se prononcer sur la réforme constitutionnelle sur le renforcement des pouvoirs du Premier ministre. Silvio Berlusconi aura peut-être sa revanche. (LPJ)















































