Les Français de Milan face à la situation liée au coronavirus

Par Lepetitjournal Milan | Publié le 01/03/2020 à 22:51 | Mis à jour le 04/03/2020 à 11:30
Photo : Unsplash @berti93
Milan français

Etudiants, travailleurs, Français résidents en difficulté : comment les expatriés s’adaptent-ils aux mesures restrictives et à la panique engendrée par la propagation du coronavirus en Lombardie.

L’Italie, premier foyer d’Europe du Coronav-19, comptabilise 1.577 contaminés et 34 morts, selon le bilan de dimanche soir 1er mars. En Lombardie, les écoles sont fermées jusqu’au 9 mars, les musées ouverts selon un contingent limité, les salles de sports et autres centres sportifs gardent leurs portes closes, les bars ont rouvert après 18h, mais avec le service à table uniquement. Il convient d’adapter son quotidien aux mesures de prévention.

Aussi, les habitudes changent. Lisa Alice Julien, avocat responsable du french Desk chez Dentons, invitée par sa direction à troquer les transports en commun par son vélo ou le taxi pour se rendre au bureau, craint évidemment un impact très important dès lors qu’elle divise son activité entre la France et l’Italie. « La période de quarantaine de 14 jours recommandée par le gouvernement français pour les personnes en provenance de certaines régions d’Italie, dont la Lombardie, me contraint à déplacer aussi bien des réunions internes avec mes collègues parisiens que des réunions clients. » La problématique pourrait fortement se compliquer si la situation vient à perdurer.

Karine Biais, milanaise d’adoption et propriétaire de la boutique Les Parigotes, a sans surprise subi une baisse de son activité. La panique brutale et les prémices de psychose en début de semaine dernière, ont engendré une nette baisse de passage dans cette habituellement dynamique via sottocorno. « Il y avait une impression de départ, de vide. Dans ce contexte surréaliste, il est normal de perdre un brin de lucidité. Il semblerait heureusement que les gens commencent à avoir moins peur. Dès mercredi dernier, on constatait une légère amélioration, les gens ressortent peu à peu », observe Karine Biais, avec une note d’espoir.

Période d'incertitude

De nombreux Français expatriés, dont les enfants sont scolarisés au lycée Stendhal de Milan, ont quant à eux été épargnés par les premiers jours de paralysie qui ont débuté brusquement dimanche 23 mars. Les vacances scolaires ayant en effet débuté le vendredi soir précédent, nombreux sont ceux qui ont quitté la ville. « Ils sont par contre dans l’incertitude quant au retour », précise Elisabeth Da Costa, présidente de Milan Accueil, qui regrette n’avoir pour l’heure « reçu aucun email direct de la part du Consulat ».

Les Français de Milan, ce sont aussi cette vingtaine de personnes en difficulté, principalement des personnes âgées et ayant une santé défaillante, aidées par la Société française de Bienfaisance de Milan et de Lombardie. « Nous n’avons pas attendu qu’ils nous contactent. Nous avons immédiatement agi pour assurer un travail de prévention, mais aussi les rassurer pour éviter qu’ils ne cèdent à la psychose alimentée par les médias. Nous avons par ailleurs dû appeler le numéro d’urgence pour une personne que nous assistons car nous avions un doute sur la possibilité que l’homme ait contracté le coronavirus. Si le résultat s’est révélé négatif, notre démarche a permis de déceler une grave maladie pulmonaire, qu’il ignorait », explique Véronique Di Mercurio, présidente de la SFBML e.t.s. « Nous avons aussi commandé de nombreux masques pour ces personnes, mais ils n’arriveront que mi-mars ! », précise la présidente de l’association.

Alors que les universités sont également fermées, Zoë Tajan et Margot Tannouri, pour lesquelles l’aventure Erasmus n’a commencé qu’il y a à peine un mois au Politecnico de Milan, ne peuvent qu’attendre d’observer passivement l’évolution de la situation. « Nous sortons le moins possible, seulement pour les courses. Et si on essaye de ne pas rentrer dans la parano, on ne peut s’empêcher de nous interroger sur un possible rapatriement », s’inquiètent les deux étudiantes de 20 ans.

 

« Nous sommes en contact avec nos compatriotes qui se trouvent dans des communes confinées »

« Le Consulat général à Milan est pleinement mobilisé et en lien permanent avec les autorités italiennes », assure Cyrille Rogeau, consul général de France à Milan.  « Nous sommes aussi en contact avec nos compatriotes qui se trouvent dans des communes confinées en Lombardie et avons des échanges réguliers avec eux. Nous agissons en coordination avec le ministère de l’Europe et des affaires étrangères, à Paris, qui a mis en place une task force dédiée au coronavirus au sein du centre de crise et de soutien du ministère », précise-t-il.
A noter : le consulat général informe les Français dans le nord de l’Italie par l’intermédiaire de son site Internet et le site France Diplomatie est actualisé sur une base permanente.
Le Consulat général rappelle également la possibilité de s’inscrire, si ce n’est déjà fait, sur le registre des Français de l’étranger et de renseigner des contacts à jour (numéro de téléphone portable, adresse de courriel).

 

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1 Commentaire (s) Réagir
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philippe mer 04/03/2020 - 10:53

Bonjour Juste un mot pour prendre date: la CNAV vient d'envoyer une lettre comminatoire exigeant la transmission du certificat d'existence avant le 30 avril. Quant on sait que cette démarche oblige à se rendre dans un guichet de la mairie de la commune de résidence pour certification peut prendre plusieurs heures (à Milan) dans une atmosphère confinée avec les risques inhérents à cette situation en ce moment. Comment qualifiez vous cette démarche? ne pourrait-on envisager une solution intelligente? Je cite par exemple l'opération simplifiée des services britanniques. Philippe

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