Le gouvernement italien modifie les décrets Salvini sur l’immigration

Par Chloris Ploegaerts | Publié le 06/10/2020 à 15:11 | Mis à jour le 07/10/2020 à 20:13
Photo : wikicommons
immigration italie

La modification des décrets sur l’immigration pris par l’ancien ministre de l’Intérieur italien a été approuvée en Conseil des ministres lundi 5 octobre 2020. Le nouveau texte allège les sanctions encourues par les ONG et réintroduit la protection humanitaire des migrants, à l’approche d’un procès décisif pour Matteo Salvini.

Les ONG secourant des migrants dans les eaux italiennes ne risquent plus d’amendes à un million d’euros. La mesure punitive, imposée en 2018 par l’ancien ministre de l’Intérieur Matteo Salvini, disparaît avec la réforme de ses décrets sur l’immigration. Les organisations enfreignant l’interdiction de naviguer encourent désormais entre 10 000 et 50 000 euros d’amende, et leurs navires ne pourront plus être saisis par les autorités.

Des conditions d’accueil et d’intégration assouplies

Le nouveau texte validé par le gouvernement rétablit également la protection humanitaire des migrants, et empêche ainsi l’expulsion des personnes exposées à la torture ou à des traitements dégradants et inhumains dans leur pays d’origine. Les arrivants en situation irrégulière ne seront plus placés 180 jours mais 90 jours maximum en centre de rétention. Dans certaines situations redéfinies dans le décret, les demandeurs d’asile pourront convertir leur permis de séjour en permis de travail et obtenir une carte d’identité valable trois ans.

Salvini bientôt jugé pour séquestration de personnes

Ce revers de la politique sécuritaire de Matteo Salvini intervient alors que celui-ci s’apprête à être jugé devant le tribunal de Catane pour séquestration de personnes. L’ancien ministre de l’Intérieur est accusé d’avoir bloqué 131 migrants à bord du navire militaire Gregoretti fin juillet 2019. Le bateau avait attendu plusieurs jours dans le port d’Augusta en Sicile, dans des conditions sanitaires catastrophiques, avant qu’une partie des migrants ne soient accueillis par l’Eglise catholique italienne et par plusieurs pays européens.

Le procès de l’affaire Gregoretti, censé s’ouvrir début octobre, a été repoussé au 20 novembre pour permettre l’audition du président du Conseil, Giuseppe Conte. Le ministre des Affaires étrangères, Luigi di Maio, et la ministre de l’Intérieur, Luciana Lamorgese, seront aussi entendus. Le leader de la Ligue risque jusqu’à quinze ans de prison.

 

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1 Commentaire (s) Réagir
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Robert mer 07/10/2020 - 18:21

Néanmoins les mesures anti-sociales sont maintenues: telles que les peines pouvant aller jusqu'à 6 ans de prison condamnant les blocages de routes ou les piquets de grève. Mesures qui ont particulièrement touché les luttes du secteur de la logistique et les No-Tav. Le Parti Démocrate s'inscrit ainsi dans la continuité de la criminalisation des luttes sociales.

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Marie Astrid Roy

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