Samedi 27 octobre, à la Villa San Carlo Borromeo, l'intellectuel Alain-Gérard Slama présentera La régression démocratique. Un livre qui met en évidence une nouvelle idéologie, celle de la prévention, de la transparence et du communitarisme
Lepetitjournal.com : Pourriez-vous nous présenter La régression démocratique en quelques mots ?
Alain-Gérard Slama : Ce livre met en évidence l'émergence d'une véritable idéologie substituée aux antérieures, le marxisme léninisme et le fascisme. Elle résulte de la difficulté d'assumer l'héritage très lourd des Lumières, la liberté, l'universalisme et l'individualisme. L'individu se trouve faible devant l'Etat, l'universalisme peut être confondu avec l'impérialisme et l'autonomie fait appel à la responsabilité des personnes.
Quelles sont les valeurs de cette idéologie ?
La première valeur est la prévention. Elle devient liberticide lorsqu'on la pousse trop loin. Le principe de précaution se retourne contre nous-même et les autres.
La transparence fait également partie des nouvelles valeurs. Du point de vue du pouvoir, obtenir la transparence de la société permet de mieux la gérer. Il n'y a plus de limites à la récolte d'informations pour nous protéger. On oblige le citoyen à se livrer et on lui demande la preuve de son innocence. C'est la négation même du droit.
Enfin, le communautarisme réside dans la recherche d'une contre-société. Il repose sur des solidarités évidentes, d'ordre ethnique, religieux ou sexuel. Les communautés exigent que la règle commune se plie à leur spécificité. Cela provoque des zones de fracture. En Italie, une région entière refuse de payer pour le Mezzogiorno.
Comment l'Etat réagit-il ?
Face à cela, l'Etat capitule. En Europe, on observe un mouvement de réaction identitaire. Je ne prône pas une réaction, mais une maîtrise du processus. Heureusement, en Italie comme ailleurs, ce mouvement a en ce moment tendance à s'estomper. La Ligue du Nord comptait sur la solidarité européenne, mais l'Europe des régions ne se fait pas.
Quel accueil recevez-vous en Italie ?
Je reçois un bon accueil. J'observe un certain scepticisme. J'appartiens au modèle de l'intellectuel français très rationnel. Cela manque parfois de philosophie pour les Italiens, qui aiment raisonner en spirale. Cela peut les rendre sceptiques, ce qui me semble très sain.
Propos recueillis par Corentine GASQUET. (www.lepetitjournal.com - Milan) vendredi 26 octobre 2007
Ancien élève de la rue d'Ulm, agrégé, Alain Gérard Slama est éditorialiste au Figaro et au Figaro littéraire et chroniqueur sur France culture. Il est l'auteur de Cinq ans de purgatoire (2007), Le siècle de Monsieur Pétain (2005), Chroniques des peurs ordinaires (2003), L'Angélisme exterminateur (1995). Il a obtenu le Grand prix de l'Académie française pour La régression démocratique (Editions Perrin, mars 2002). En Italie, La regressione democratica est éditée chez Spirali (http://www.spirali.com/product.php3?prodid=811).













































