Édition internationale

CHARLIE HEBDO – Le pape s'oppose aux caricatures

Écrit par Lepetitjournal Milan
Publié le 1 janvier 1970, mis à jour le 18 janvier 2015

Dix jours après l'attentat contre Charlie Hebdo, c'est avec des mots forts que le pape François s'est exprimé au sujet des caricatures visant la religion. Le souverain pontife a appelé à ne pas tourner en dérision les cultes et la foi, lors d'un voyage entre le Sri Lanka et les Philippines.

"Si un grand ami dit du mal de ma mère, il doit s'attendre à recevoir un coup de poing !" La phrase est forte. D'autant plus, prononcée par le souverain pontife. Lors de son voyage entre le Sri Lanka et les Philippines, jeudi dernier, le pape a répondu aux questions des journalistes, rapporte La Croix. Celui-ci s'est exprimé sur la liberté d'expression, après les attentats qui ont notamment touché le journal satirique Charlie Hebdo.

Le chef de l'Eglise s'est opposé, avec verve, aux caricatures religieuses, présentes dans le nouveau numéro de l'hebdomadaire. La veille des déclarations, Charlie Hebdo publiait son premier numéro post-attentat. Comme il fallait s'y attendre, une représentation du prophète Mahomet tenant la fameuse pancarte "Je suis Charlie" faisait la une. Jugée comme provocante, cette couverture déchaîne actuellement la colère dans de nombreux pays musulmans. Officiels et chefs religieux condamnent la caricature, de l'Egypte à l'Indonésie. Des manifestations "anti-charlie" sont d'ailleurs organisées un peu partout dans les pays musulmans, et ont fait quatre morts au Niger.

"La liberté d'expression  a des limites", a, quant à lui, affirmé le pape François, avant d'ajouter. "On ne doit pas tourner en dérision la foi des autres", relate francetvinfo. La religion chrétienne, elle aussi, a fait les frais, à de nombreuses reprises, du trait irrévérencieux des dessinateurs de Charlie Hebdo. Le journal s'est d'ailleurs retrouvé plusieurs fois dans le viseur des associations catholiques identitaires. L'Alliance générale contre le racisme et pour le respect de l'identité française et chrétienne (Agrif), a intenté pas moins de cinq procès entre 1994 et 1998. Les papes, Jean-Paul II, Benoît XVI et même François, se sont fait croquer, plus d'une fois.

"Tuer au nom de Dieu, une aberration"

Pourtant, au lendemain des attaques contre la rédaction parisienne, le pape avait offert sa messe aux victimes. Les cloches de la cathédrale Notre Dame de Paris avaient sonné le glas pendant quinze minutes, en hommage aux disparus.

Le souverain pontife avait alors reconnu que la "liberté d'expression était un droit fondamental" mais qui n'autorisait pas pour autant  à "insulter la foi". "Chacun a le droit de pratiquer sa propre religion, sans offense, librement", a clamé Jorge Mario Bergoglio. Il n'a pas pour autant justifié les actes perpétrés en France. "On ne peut pas tuer au nom de Dieu, c'est une aberration." Selon lui, "les kamikazes donnent leur vie, mais ils ne l'a donnent pas de la bonne manière."

Le chef de l'Eglise s'est aussi questionné sur les dangers du terrorisme. "J'ai un défaut : une belle dose d'inconscience. Quelques fois, je me suis demandé : Et si cela m'arrivait ?" L'Italie, elle aussi, est sous la menace des islamistes. Selon plusieurs sources, une cinquantaine d'Italiens combattraient en Syrie, en Irak ou même en Libye. Le retour de certains d'entres-eux, il y a peu, a fait grand bruit dans le pays. "Ils sont prêt à commettre des attentats", pouvait-on lire jeudi dans les pages de La Stampa.

Toinon Debenne (Lepetitjournal.com de Milan) - lundi 19 janvier 2015

Crédits photo : capture d'écran Corriere TV

Retrouvez nos articles de la rubrique "Actualités Italie".

Recevez gratuitement tous les matins l'actu des Français et francophones de Milan !

lepetitjournal.com Milan
Publié le 18 janvier 2015, mis à jour le 18 janvier 2015
Commentaires

Votre email ne sera jamais publié sur le site.

Flash infos