

Une fois n'est pas coutume, le dernier long métrage de Robert Guédiguian, Les neiges du Kilimandjaro (Le nevi del kilimangiaro en italien), est sorti dans les salles italiennes une quinzaine de jours seulement après son lancement en France. Le cinéaste franco-arménien nous livre là l'émouvante histoire d'un couple de pré-retraités qui doit faire face aux dures réalités de la violence de la société d'aujourd'hui. Un film sur l'engagement politique, mais aussi sur le pardon. Un film au c?ur de l'actualité
Synopsis
Représentant syndical, Michel (Jean Pierre Darroussin) travaillait sur les chantiers navals de Marseille avant d'être victime d'un plan de restructuration qui l'envoie directement au chômage. Malgré cet événement, il continue de vivre heureux avec Marie-Claire (Ariane Ascaride), sa femme et plus fidèle alliée dans ses anciens combats syndicaux et politiques. Pour leurs 30 ans de vie commune, le couple reçoit de leurs amis un beau cadeau : un voyage en Tanzanie. Alors que ces deux-là semblent filer vers le parfait bonheur, ils sont soudainement victime d'une agression brutale. Deux jeunes hommes armés entrent chez eux un soir de semaine, les attachent, leur arrachent leurs alliances et s'enfuient avec leurs cartes de crédit. Leur désarroi sera d'autant plus violent lorsqu'ils apprennent que cette attaque sauvage a été organisée par l'un des jeunes ouvriers licenciés avec Michel.
Un film sur l'engagement politique
Comme dans la plupart des films de Guédiguian, il est ici question de lutte sociale, mais l'approche est inédite. Michel et Marie-Claire ont cessé de se battre pour leurs idéaux de jeunesse. Après plus de 30 années passées à lutter contre les injustices, ils pensent avoir acquis le droit de se détourner des préoccupations sociales actuelles afin de pouvoir couler une préretraite paisible. Mais le retour à la réalité est brutal. Suite à leurs agressions, le couple se rend compte que les héritiers de ces années de militantisme utilisent la violence physique plutôt que le débat politique pour faire entendre leurs revendications. "Comment peut-on s'en prendre à nous ?, se désespère Marie-Claire, et dans quel monde vit-on ?". Soudain, ils se rendent compte qu'ils sont entraînés, malgré eux, dans cette société individuelle, où la défiance envers autrui est devenue presque la règle.
Un film transgénérationnel
Tout au long du film, Robert Guédiguian s'attache à décrypter les évolutions sociales et culturelles de ces 50 dernières années. Les représentants de la nouvelle génération apparaissent ainsi bien plus égoïstes et préoccupés de leur intérêt personnel que leurs ainés. Les enfants de Michel et Marie-Jo ne comprennent pas pourquoi leurs parents cherchent à saisir le sens des actes de ce jeune homme qui les a agressés, ni le sentiment de culpabilité qu'ils ressentent. "Ils ont été confrontés à une société de crise qui oblige à un certain individualisme, cela déteint sur leur compréhension du monde", explique Ariane Ascaride. Le cinéaste veut également montrer les ravages du déclassement dans le monde d'aujourd'hui. Sa deuxième génération de personnages n'a plus les moyens d'être altruiste. A peine celui d'être honnête.
Un film au c?ur de l'actualité qui trouvera assurément son public dans une Italie où le malaise sociale des jeunes ne cesse de grandir dans ce contexte économique plutôt morose.
Bande d'annonce :
Sortie dans les salles : 2 décembre 2011
Laurent Maurel (www.lepetitjournal.com/milan) mardi 6 décembre 2011















































