Édition internationale

ART - La photographie selon Leonardo Corallini

Écrit par Lepetitjournal Milan
Publié le 1 janvier 1970, mis à jour le 5 janvier 2018

 

Le Corso Como 10 est un lieu emblématique de la vie artistique milanaise. Bar tendance aux inspirations diverses, les murs bordés de lierre avec son immense terrasse sur les toits de la cité, c'est l'endroit idéal pour une rencontre avec Leonardo Corallini. Photographe de mode, directeur artistique d'Antonio Croce et responsable de la communication de R.Pheger, il se définit avant tout comme un "auteur d'images".


photo.Leonardo Corallini.Child & Tenn

Expression
A travers ses photos, Leonardo Corallini cherche à « redessiner la vie », à l'embellir. Plus que la beauté, il se concentre sur l'élégance définie comme « un chemin de vie ». La photographie lui permet d'exprimer des concepts grâce à une puissance d'évocation qu'il juge supérieure aux mots.
Egalement réalisateur de clips et de vidéos, Leonardo Corallini se réjouit de l'évolution du métier vers une fusion photo-vidéo, plus efficace pour transmettre un message. Contrairement à d'autres photographes, il est peu nostalgique de l'argentique et affirme qu'aujourd'hui, avec un Canon EOS 5D par exemple faire une belle photo est devenu accessible pour des amateurs peu centrés sur la technique. L'union entre le photographe et sa machine, si importante dans le passé, est désormais dépassée. "Seul le résultat compte".

Provocation
Une volonté de conceptualiser la narration caractérise son travail et se retrouve dans ses sources d'inspiration. Son modèle, le photographe américain Duane Michals, est ainsi présenté comme "l'écrivain de la narration". Raconter une histoire associée à des photos et des mots : tels sont les objectifs partagés par les deux photographes. Saisir l'instant n'est pas un but à l'inverse de grands noms comme Jacques-Henri Lartigue ou Willy Ronis, le provoquer suffit.

photo.Leonardo Corallini.suspension de la vie quotidienne la veille de l'ouragan Iréne. New York City

Passion
L'élément déclencheur de sa passion pour l'art remonte à un festival qu'il a organisé étant adolescent, dans sa ville, près d'Ancône. Peu convaincu par l'école, il préfère la passion, moteur bien plus puissant. Après l'Université, il part à New York étudier dans une école de sculpture de la League of Arts, puis  perfectionne son apprentissage de la photographie à Berlin.

Emotion
Depuis, Leonardo Corallini a réalisé plusieurs couvertures de Vogue, et a des clients aussi divers que l'Unesco ou Valentino. Il nous confie toutefois que la mode n'est pas sa priorité. Quand Leonardo Corallini prend une personne en photo, il ne lui demande pas de poser, mais plutôt de penser à l'émotion qu'il veut transmettre. Or, partager avec ses modèles et les comprendre relève presque de l'impossible aujourd'hui dans le milieu de la mode.

photo.Leonardo Corallini.Portrait d'Antonio Marazzi, Anthropologue

Voyage
Son métier de photographe lui permet de voyager en permanence. Une opportunité saisie par Leonardo pour lancer de nouveaux projets. En 5 ans il parcourt ainsi 34 pays : à la clé, 50 photographies représentant des personnes de dos et dans des situations réelles. Regroupées sous le nom d' « Anonymity from Anonymous », ces photos seront présentées lors d'une exposition en Chine dans l'Etat du Yunan.
Humble, Leonardo Corallini avoue "ne pas se sentir un maître" et a l'impression d'avoir encore tout à accomplir.  Amoureux de la Chine, il rêve de partir à nouveau et d'en arpenter les cantons pour faire tomber les clichés et découvrir cette culture encore "méconnue".

Alix Van Pée et Emmanuel Aumonier pour www.lepetitjournal.com/milan - jeudi 19 avril 2012

" Pour en savoir plus sur l'?uvre et l'univers de Leonardo Corallini, rendez-vous sur son site : http://leonardocorallini.com/ ."

lepetitjournal.com Milan
Publié le 19 avril 2012, mis à jour le 5 janvier 2018
Commentaires

Votre email ne sera jamais publié sur le site.

Flash infos