

Découvrez JonOne, véritable star dans le monde du street art. « Predictably irrational », une exposition inédites jusqu'au 21 mai 2016 à la Wunderkammern Gallery à Milan. 9 oeuvres spécialement créées pour l'occasion, qui montrent la beauté du travail de l'artiste entre chaos et contrôle. Des toiles qui vous sautent à la gorge et d'où l'on ressent également son amour pour la France.
Burn Slow
JonOne est une rockstar dans le monde de l'art contemporain. Paris, Milan, New York, il a travaillé pour les plus grandes maisons, comme Guerlain, Cartier ou Lacoste. Solaire et bel homme, c'est tout en sueur que nous l'avons rencontré, à la suite de son sport quotidien. En artiste très international, il nous a parlé dans un français parfait, en ponctuant de temps à autres ses phrases par un « you know » de son Amérique natale. Sa peinture, comme lui, groove. Ses oeuvres sont électriques. Elles agressent et enchantent, comme une musique prenante. On ne saurait d'ailleurs rester immobiles devant elles. Comme, par exemple, face à « Thuggin ». Une toile immense, qui mêle le noir, le blanc et la couleur. L'oeuvre semble cryptée, les lignes évoquent des ondes sonores. On se déplace, on s'approche, on plisse les yeux? On essai de deviner, de comprendre ce que le tableau nous fait ressentir. « Je peins en musique ça me donne du rythme, ça accentue une oeuvre », confit JonOne. S'il aime le rap et la musique électronique (notamment, London Grammar, Tricky), son art, lui, ressemble au jazz. Entre chaos et contrôle, spontanéité et imprévu. Une technique parfaite au seul service de l'improvisation.

Thuggin
JonOne from the block
« J'ai grandi à New York dans les quartiers pauvres où tout était gris, alors peindre, mettre de la couleur, ça me permettait de créer de l'enchantement. Je peins pour échapper à la réalité. C'est un peu comme quand tu vis dans les cités en France et que le week-end tu prends le RER pour aller à Châtelet les Halles, puis au cinéma et au McDo », explique-t-il. D'origine domenicaine, JonOne a commencé à peindre à 17 ans à Harlem, dans les années 80 il a fait partie du groupe emblématique de street art « 156 All Starz Crew". L'esprit très Old School du street art des années 80 se retrouve dans son oeuvre « Burn Slow ». Des couleurs fluos, des courbes qui suggèrent le mouvement et la danse. JonOne désire créer de l'enchantement à travers la couleur et le relief. « Je prépare moi-même mes couleurs, le rose, le violet, l'orange? Parfois, ça me prend plus de temps de préparer les couleurs que de peindre le tableau », souligne-t-il. En parcourant l'exposition, vous apercevrez que certaines toiles ont du relief, de la matière « rought » qui prend le dessus sur l'esthétique plastique et raconte « l'histoire derrière », affirme l'artiste. JonOne aime être en contact, presque physique et surtout spirituel avec son public. « Je vois ma peinture comme une chose qui parle à son temps », explique-t-il. Démarche réussie à en voir son public varié : « enfants, jeunes, vieux ». Sans oublier les femmes, il a d'ailleurs collaboré avec Agnès b. Son travail a quelque chose de très féminin, dans la précision, la luminosité, la finesse, l'élégance, la légèreté?Et également dans la complexité. Les oeuvres de JonOne sont mystérieuses et il les peint d'ailleurs avec tout autant de mystère : « d'abord je rêve. J'ai une idée dans ma tête et alors je peins à l'envers, car dans ma tête j'ai le résultat final », nous murmure-t-il.

Liberté, Egalité, Fraternité
Liberté, Egalité, Fraternité
Le 1er janvier 2015, la France lui a remis la Légion d'honneur pour son oeuvre « Liberté, Egalité, Fraternité », exposée à l'Assemblée Nationale. « C'est une bonne chose pour quelqu'un comme moi. Ç'est une reconnaissance pour tous les gens qui font des choses dans la rue », raconte très modestement JonOne. L'artiste entretient une véritable histoire d'amour avec ce pays, où il vit depuis de nombreuses années. Vous verrez notamment une oeuvre intitulée « Paris la nuit », d'où se dégage une certaine folie, presque une hallucination. JonOne confit « la nuit à Paris c'est magique » !

« Je suis inspiré tous les jours », s'exclame-t-il ! Son inspiration du moment ? La montagne, le design et Dumbo, un graphiste romain. JonOne est un artiste en effervescence, si forte, qu'elle en devient visible lorsqu'on le regarde. Bronzé, fin, créatif et déjanté, s'il a des airs de Prince, il est un roi dans le monde du street art.
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Sanaa Nabi (lepetitjournal.com de Milan) Jeudi 7 avril 2016
Informations pratiques
Jusqu'au 21 mai 2016
Wunderkammern Gallery, via Ausonio 1A, 20123 Milan
Du mardi au samedi, de 11h à 19h.
Entrée libre
Vous pouvez acheter les oeuvres : de 3.800 à 20.000 euros.

















































