

Ce grand acteur romain est ?LA' référence des comédiens italiens populaires des années 50 à 70. Avec plus de 150 films à son actif, dont une vingtaine comme réalisateur, Alberto Sordi surnommé Albertone (le grand Albert) a donné vie à toute une galerie de personnages de l'Italien typique et si caractéristique. De l'inutile au gendarme, du père de famille au mari trompé, du médecin de la sécu au petit bourgeois, du soldat tire au flanc au romain américano? . A travers la filmographie de Alberto Sordi, vous découvrez l'histoire des valeurs et des habitudes de l'italien moyen, aux limites de la moralité mais toujours rattrapé par son grand c?ur.
Alberto Sordi.photo du film.Il Boom
Un petit Romain qui chantait à la Chapelle Sixtine
Alberto Sordi est né à Rome en 1919 dans le quartier populaire de Tastevere. Quatrième fils d'un professeur de musique, il chante comme soprano dans le ch?ur de la chapelle Sixtine. Il part à Milan pour étudier la récitation à l'Académie des Filodrammatici mais il en est renvoyé à cause de son fort accent romain. C'est en 1936 qu'il entre dans le milieu du spectacle par le music-hall. Et il décroche, sur un concours de la MGM, le doublage en italien d'Olivier Hardy (des célèbres Laurel&Hardy), un rôle qui le suit plusieurs années. Après la guerre, il créé des personnages à succès sur la radio comme Signor Coso, Mario Pio ou le Comte Clair et c'est en 1950 qu'il apparait véritablement au cinéma.
L'acteur aux 150 films
De 1952 à 1955, deux films, réalisés par le maitre Fellini, le propulsent au-devant de la scène : Lo Sceicco bianco (Le Cheik blanc) et I Vitelloni (Les Inutiles). Puis avec Un Americano a Roma de Steno, il crée définitivement le personnage, le type d'homme tire-au-flanc, fainéant et lâche, qui profite de toutes les situations. Ce rôle qui l'accompagne tout au long des années 1950, jusqu'au film La Grande Guerra (La Grande Guerre, 1959) de Mario Monicelli. Il y incarne un soldat planqué toujours paresseux mais cette fois la situation le contraint à mourir en héros. Il entre dans l'apogée de sa carrière avec l'âge d'or des comédies à l'italienne des années 60 dont il est l'un des piliers.
En 50 ans de cinéma, de l'après-guerre jusqu'à la fin de sa carrière en 2003, le grand Albertone a joué plus de 150 films. Il nous a donné l'image la plus juste des valeurs et coutumes de l'italien moyen, de ses pires mesquineries, mais aussi de son grand c?ur, avec ?sa grande capacité à rêver les yeux grands ouverts'.
Alberto Sordi ne s'est jamais marié. Il disait "Je ne me marie pas car je n'aime pas avoir des étrangers chez moi". Il est resté fidèle à la mamma avec qui il a habité toute sa vie. Il décède à Rome à l'âge de 82 ans.
Mario Monicelli, avec qui il a tourné de nombreux films, déclara à la mort de l'acteur : "Ce fut le plus grand acteur, mais il fut surtout un auteur extraordinaire, le créateur du personnage avec lequel il a traversé plus de 50 ans de l'histoire italienne. Il était extrêmement facile de travailler avec Sordi, il suffisait de quelques échanges de regards et il comprenait le ton à donner à son interprétation et donc au film. Il a été un comique capable de contrevenir à toutes les règles du comique".
Alberto Sordi est, la référence de la comédie populaire à l'Italienne, un peu comme notre Louis de Funès.
Parmi ses plus beaux films :
LE CHEIK BLANC (1952) et I VITELLONI (Les Inutiles, 1953) de Federico Fellini, UN AMERICANO A ROMA (1954) De Steno, VENEZIA, LA LUNA E TU (Venise, la lune et toi , 1959) de Dino Risi, IL VEDOVO (Le Veuf, 1959) de Dino Risi, IL MORALISTA (1959) de Giorgio Bianchi, LA GRANDE GUERRA (La Grande Guerre, 1959) de Mario Monicelli, TUTTI A CASA (La Grande Pagaille, 1960) de Luigi Comencini, IL VIGILE (L'agent, 1960) de Luigi Zampa, UNA VITA DIFFICILE (Une Vie difficile, 1961) de Dino Risi, IL BOOM (1963) de Vittorio De Sica, FUMO DI LONDRA (1966) dans sa première réalisation, IL MEDICO DELLA MUTUA (1968) de Luigi Zampa, DETENUTO IN ATTESA DI GIUDIZIO (Détenu en attente de justice, 1971) de Nanni Loy, LO SCOPONE SCIENTIFICO (L'argent de la vieille, 1972) de Luigi Comencini, LA PIU BELLA SERATA DELLA MIA VITA (La Plus belle soirée de ma vie,1972) de Ettore Scola, POLVERE DI STELLE (poussière d'étoiles, 1973), en réalisateur, FINCHÉ C'È GUERRA C'È SPERANZA (Tant qu'il y a la guerre, y?a de l'espoir, 1974) et UN BORGHESE PICCOLO PICCOLO (Un Bourgeois tout petit petit, 1977) de Mario Monicelli, Il MARCHESE DEL GRILLO (Le Marquis s'amuse, 1981) de Mario Monicelli, Il Tassinaro (1983) et son dernier film, Nestore, l'ultima corsa (1993).
Deux scènes à ne pas manquer :
- La scène culte en Italie ?lavatoriiiii?pffff !' dans I VITELLONI (les inutiles) de Federico Fellini-1953
Le magnifique extrait de ?L'esame di francese' dans IL VIGILE (L'AGENT) -De Luigi Zampa-1960, dont voici l'extrait
Et pour les grands fans ; le chef d'?uvre de l'immoralité avec la grandissime tirade finale de FINCHÉ C'È GUERRA C'È SPERANZA (Tant qu'il y a la guerre, y?a de l'espoir).
Huit minutes de tirade et en italien oblige. Tout l'art d'Alberto Sordi comme réalisateur, scénariste et interprète.
MhBonnette (www.lepetitjournal.com/milan) mercredi 18 juillet 2012















































