Dimanche 7 mars 2021

Confinement : demander de l’aide n’est pas un aveu de faiblesse

Par Colin Porhel | Publié le 15/01/2021 à 17:58 | Mis à jour le 15/01/2021 à 18:23
Photo : Unsplash - Toa Heftiba
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Souvent évoqué dans les discussions entre amis, le fait de solliciter une aide extérieure pour se sentir mieux est souvent incompris, voire critiqué. La life coach Laila Rossatti, auprès de qui nous vous avions introduit récemment, nous délivre son point de vue sur le sujet.

 

Pour encore trop de personnes, consulter un professionnel de la santé mentale est synonyme de faiblesse. Souvent stigmatisé, le fait de demander de l’aide demeure un sujet tabou. Pourtant, tout le monde peut ressentir le besoin de se faire aider à un moment de sa vie. « C’est normal de ne pas aller bien tout le temps », rassure Laila. Un travail sur soi permet ainsi de « retrouver l’équilibre » sine qua non pour se sentir mieux.

 

Des préjugés à déconstruire

Si solliciter une assistance extérieure provoque autant d’appréhension, c’est aussi car des idées reçues subsistent. S’adresser à une personne extérieure peut être perçu comme un échec, et la crainte de ce regard de l’autre qui tendrait à changer inquiète. L’initiative démontre pourtant d’un profond courage et d’une capacité à savoir s’interroger son état de santé, tout en bénéficiant de réponses prodiguées en toute objectivité.

La peur de se faire juger, tant par sa famille, que par le thérapeute lui-même, reste un frein. S’octroyer le droit de s’insurger de sa situation peut créer un malaise, par peur de déranger l’autre, quand bien même s’il s’agit d’un professionnel. Encore une fois, notre life coach tient à normaliser ce sentiment de mal-être : « On vit tous des moments difficiles. La honte n’a pas sa place quant au fait d’aller mal ».

 

Un lien très étroit entre santé mentale et physique

Dans certains cas, consulter un life coach ou un psychologue peut même s’avérer nécessaire afin de soigner une gêne physique. Si solliciter l’aide d’un professionnel pour soigner une migraine persistante paraît à première vue étrange, Laila assure qu’il ne faut pas hésiter. Selon elle, « beaucoup de problèmes physiques sont liés à l’anxiété. Le stress peut par exemple engendrer un mal de dos à cause de nos muscles trop tendus ».

Le confinement est venu renforcer ce lien entre le physiologique et le psychique. Les télétravailleurs ne prennent pas forcément le temps de manger le midi - « un moment pourtant essentiel », selon la life coach - ce qui conduit à ressentir des migraines ou à des maux de ventre, mais aussi à une plus grande susceptibilité.

 

Que faire si l’un de vos proches va mal ?

Parfois, la question de recommander la consultation d’un professionnel à un membre de sa famille ou à un ami se pose très concrètement. Pourtant, le comportement idéal n’est pas forcément facile à adopter. Laila préconise « de ne surtout pas forcer la personne » à se rendre chez un psychologue ou un life coach. De son avis, installer un climat de confiance, « en prenant par exemple un café », l’incitera au dialogue et la poussera à vous confier son mal-être. L’écoute devient par la suite primordiale, sans évoquer directement une thérapie.

Si, malgré tout, la personne refuse de se rendre chez quelqu’un formé pour l’écouter, c’est qu’elle n’est pas prête. Là encore, « ce n’est pas grave », assure Laila. L’important est d’introduire le sujet. La proposition restera dans sa mémoire et la personne y réfléchira dans les jours qui suivront ».

 

L’impact diffère selon les âges

Les temps actuels n’arrangent en rien la situation. Si le confinement affecte tout le monde, les difficultés se manifestent différemment en fonction des âges. Laila a souhaité mettre en lumière, plus particulièrement, les personnes âgées. Ces dernières sont souvent touchées par l’illectronisme et vivent très mal le cumul des confinements. « Le lien social est totalement rompu, ce qui provoque un isolement compliqué à supporter », explique-t-elle.

A l’inverse, et contrairement aux idées reçues, Laila salue la grande résilience des plus jeunes. Sans remettre en cause le fait que beaucoup d’étudiants souffrent d’anxiété à l’idée de ne pas pouvoir retourner à l’université, elle affirme que « les réseaux sociaux jouent un rôle important », dans la perspective de maintenir des relations. La life coach incite aussi les parents à donner de l’espoir à leurs enfants, à évoquer un futur plus optimiste. Pas question ici de faire abstraction de la réalité, mais plutôt d’apporter un peu de légèreté à la morosité ambiante.

Afin d’aider un maximum de personnes, les jeunes comme les plus âgés, Laila propose de mettre à disposition des plus démunis des ressources gratuites et utiles au bien-être (vous trouverez la liste des liens à la fin de notre article). La NHS propose également d’offrir un soutien ponctuel grâce à des conversations téléphoniques entreprises avec des professionnels.

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Colin Porhel - journaliste

Colin Porhel

Etudiant en troisième année de licence en Langues Etrangères Appliquées à l’Université de Brest Occidentale (UBO).
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