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Quel est le prix du bonheur en expatriation ?

Par Adèle Hourdin | Publié le 18/04/2021 à 18:00 | Mis à jour le 19/04/2021 à 10:38
Une femme heureuse

« L’argent ne fait pas le bonheur »… mais y contribue fortement. En tout cas jusqu’à un certain point. Plusieurs études scientifiques s’accordent pour le dire : il existerait un seuil maximal au delà duquel l’argent ne contribue plus au bonheur. Connaitre ce seuil peut être utile au moment de choisir son pays d’expatriation.

 

L’argent rend heureux…

Rien de tel que d’être bien entouré, d’avoir des passions ou d’accomplir ses objectifs, la vie est remplie de moments de joie et de bonheur gratuits. Mais difficile de nier que l’argent peut aussi y contribuer. Moins d’angoisses liés à l’avenir, moins de stress lié aux incertitudes de la vie, avoir de l’argent permet de se libérer de certaines inquiétudes. La crise du Covid-19 l’a bien montré : un porte-feuille rempli permet de traverser les situations de crise plus sereinement. L’argent permet aussi de vivre dans des conditions de vie confortables, de partir en vacances ou de profiter d’activités socio-culturelles.

 

… mais jusqu’à quel point?

Les chercheurs Daniel Kahneman, prix Nobel d’économie en 2002, et Angus Deaton, prix Nobel d’économie en 2015, ont estimé que le bonheur cessait d’augmenter au delà d’un certain seuil de revenus. Ces chercheurs ont estimé ce seuil à 75.000$ par an aux Etats-Unis : « Peut être que 75.000$ est un seuil au-delà duquel des hausses de revenus n'améliorent plus la capacité des individus à faire ce qui compte le plus pour leur bien-être émotionnel, comme de passer du temps avec ceux qui leur sont chers, éviter la douleur et la maladie, et profiter de leurs loisirs » ont-ils estimé.

Une étude publiée dans Nature, reprenant les données du Gallup World Poll sur un échantillon de 1,7 million de personnes à travers le monde, estime que ce seuil de « satiété » serait atteint à 95.000$ par an pour l’évaluation de la vie, ce qui représente la satisfaction d’atteindre ses objectifs à long terme. Le bien-être émotionnel, qui prend en compte les émotions au jour-le-jour, serait lui atteint entre 60.000 et 75.000$ par an. Dépassé ce seuil de satiété, le bonheur stagne et aurait même tendance à décroitre. La raison : gagner plus d’argent est souvent le résultat d’une charge de travail très importante, qui entraine davantage de pressions et diminue le temps libre pour profiter de la vie… Gagner un salaire à la Jeff Bezos ne rendrait finalement pas si heureux.

 

une femme heureuse

 

Le prix du bonheur : une façon de choisir son pays d’expatriation

Parler du « prix du bonheur » est évidemment un raccourci. Il s’agit bien là du seuil de revenus par an au delà duquel gagner plus d’argent n’apportera pas d’excédent de bonheur, mais jusqu’auquel il pourrait y contribuer. Expensivity a calculé ce seuil dans chaque pays à partir des résultats de l’étude publiée dans Nature, en recalculant ces données selon le prix du coût de la vie dans chaque pays.

Alors que le revenu qui permet d’atteindre le bonheur maximal est de 6.799$ par an au Suriname, il est de 143.000$ aux Bermudes. Il serait ainsi plus facile d’être heureux avec un petit salaire dans des pays où le seuil est le plus bas comme au Nicaragua, en Argentine, ou en Turquie. En revanche, l’argent fera plus difficilement le bonheur dans des pays comme l’Australie où le seuil sera atteint à 135.000$ par an.

Ce « seuil » de bonheur est plus facilement atteignable dans les pays où le coût de la vie est faible. Cela peut alors être un moteur pour s’expatrier. Les conditions de vie inaccessibles en France, où le seuil du bonheur est fixé à 89.000$, le deviennent en vivant dans des pays tels que l’Afrique du Sud (le seuil du bonheur y est à 17.000$) ou au Mexique (16.000$). A l’inverse, l’expatriation dans un pays au coût de la vie élevé, comme les Etats-Unis (105.000$) ou la Nouvelle-Zélande (128.000$), apportera moins d’avantages en termes de confort de vie.

Raphaël, le correspondant de lepetitjournal.com au Cambodge où le seuil est estimé à 25000$, témoigne : « Vivre au Cambodge m’a permis de me libérer beaucoup de temps. En gagnant un salaire équivalent à un salaire français, j’ai pu engager du personnel, ce que je n’aurais jamais pu faire en France. J’ai gagné énormément en qualité de vie ». Il y a bien une contrepartie : « Beaucoup de choses que nous ferions en France n’existent pas au Cambodge ». Pourtant il l’assure, il ne rentrerait en France pour rien au monde.

 

Découvrez la carte créée par Expensivity, cliquez ici pour la voir en plus grand.

Carte du prix du bonheur en expatriation

 

La qualité de vie dans son pays de résidence : le bonheur au bout de l’expatriation

Les chiffres pour calculer ce seuil dans chaque pays ne prennent évidemment pas en compte la qualité de vie sur place qui varie en fonction des pays et peut faire varier fortement la sensation de bonheur.

Certains critères dépendront de la stabilité politique, de la sécurité, de l’ouverture à la population locale, ou de l’environnement de vie. Le World Happiness report, un rapport publié chaque année par le réseau des solutions de développement durable des Nations Unies qui étudie le bonheur dans le monde, a conclu en 2020 que l’on vit plus heureux en étant entouré par la nature, en particulier en vivant près des côtes, près de montagnes ou de forêts. Ces zones naturelles aident à réduire le stress et poussent à être actif. A l’inverse, vivre dans un environnement pollué a un impact négatif sur la façon dont on évalue sa vie.

Des systèmes de solidarité peuvent améliorer grandement le bonheur des habitants sans que leur salaire en soit la cause. Alors qu’aux Etats-Unis, il faudra sortir sa carte bleue lors d’un problème de santé ou pour les études des enfants, la France prendra en charge ces coûts. Des filets de sécurité qui peuvent aider les bas salaires à faire face aux aléas de la vie et donc réduire le stress lié à un compte en banque peu rempli.

 

Découvrez les études publiées sur lepetitjournal.com sur les villes les plus saines et les meilleures villes pour s’expatrier en 2021.

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Adèle Hourdin

Adèle a rejoint l’équipe de la rédaction internationale en janvier. Elle est diplômée d'un master de journalisme et a vécu deux ans au Sénégal pendant son enfance.
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