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L’irrésistible avancée de la mobilité intra-européenne

Par Justine Hugues | Publié le 30/05/2018 à 18:00 | Mis à jour le 30/05/2018 à 18:00
Photo : © CreativeCommons
expatriation Europe

3.9% des ressortissants de l’Union Européenne en âge de travailler (20-64 ans) vivaient dans un autre Etat membre en 2017. C’est le chiffre, qui a presque doublé en dix ans, du dernier rapport d’Eurostat sur la mobilité au travail. 

Principe fondateur de l’Union Européenne, la libre circulation des travailleurs constitue aujourd’hui une réalité bien vivace. La preuve ? Près d’un cinquième des Roumains en âge de travailler ont choisi de s’expatrier dans un autre pays européen. Les diplômés de l’enseignement supérieur sont plus mobiles que le reste de la population, puisqu’ils forment près d’un tiers de la cohorte des européens établis, au sein de l’Union, dans un autre pays que le leur.  

 

Roumains champions de la mobilité,  Allemands casaniers

 

Avec 19,7% de ses ressortissants expatriés en Europe, la Roumanie est la plus mobile des 28, suivie par la Lituanie (15%), la Croatie (14%) et le Portugal (13.9%). Ces chiffres ont progressé significativement au cours des dix dernières années. A l’inverse, les citoyens allemands semblent peu tentés par l’aventure européenne, dans la mesure où seulement 1% d’entre eux sont établis dans un autre pays de l’Union. Pour autant, notre voisin germanique continue, aux côtés du Royaume-Uni, d’être la première terre d’accueil des ressortissants européens.  Ces deux pays recevaient, en 2017, près de la moitié des expatriés européens. 

 

Expatriation Europe
Distribution des expatriés ressortissants de l'Union Européenne, âgés de 20 à 64 ans

 

44% de la population du Luxembourg est étrangère

 

Si l’on raisonne en ratios plus qu’en chiffres, c’est le Luxembourg qui gagne, sans surprise, la palme du pays le plus européanisé. Les expatriés européens représentent en effet 44% de la population de ce petit Etat. Dans les pays de plus en plus attractifs, notons l’ascension de l’Autriche, qui s’est hissée au  5ème rang des pays accueillant le plus d’européens, parmi les 28. 

 

Une parité quasi exemplaire et des expatriés majoritairement diplômés 

 

Au niveau global de l’Union, 50% des expatriés intra-européens sont des femmes et 50% des hommes. Cette moyenne cache cependant des écarts de genre significatifs en fonction des pays. En Roumanie et en Pologne par exemple, près des trois quarts des expatriés européens sont des hommes. De l’autre côté du spectre, en Grèce et en Italie, les femmes constituent les deux-tiers des ressortissants européens établis. 

Pour la majorité des pays membres, la mobilité est plus souvent l’apanage des diplômés de l’enseignement supérieur. C’est tout particulièrement le cas de la France. En effet, 62.4 % des expatriés français en Europe sont passés par les bancs de l’université, contre 34.6% des Français restés en Hexagone. Quelques pays font, en la matière, figure d’exception, comme la Bulgarie, la Croatie, le Portugal et les trois pays baltes.  Chez ces derniers, la proportion de ressortissants diplômés demeure plus importante à l’intérieur des frontières. 

Soulignons enfin que la mobilité européenne reste, pour certains pays, une issue au chômage. La Grèce s’illustre particulièrement en la matière puisque 57.8% de ses ressortissants ont un emploi à domicile, contre 77.3% pour ses expatriés. 

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Justine Hugues

Justine Hugues

Après avoir travaillé 8 ans dans l’aide humanitaire et au développement (en Amérique Centrale, République Dominicaine et Birmanie) elle s'est reconvertie dans le journalisme avec l'ESJ Pro. Elle fait aujourd'hui partie de l'équipe de rédaction à Paris.
2 Commentaire (s)Réagir
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Lionel sam 02/06/2018 - 03:29

C'est très intéressant de ne pas nommer les problèmes et du coup de sembler (à son corps défendant) se réjouir de catastrophes. S'il y a autant de Portugais (et Italiens et Grecs et Espagnoles) qui partent, ce n'est pas de gaité de coeur, mais bien parce qu'e c'est la crise chez eux. Si il y a autant de Roumains, Croate, Lituanien (et surtout des hommes) c'est à cause des travailleurs détacher qui viennent à l'ouest pour travailler sur les chantiers (entre autres). Et si les Allemands ne bougent pas, c'est qu'il n'y a pas de chômage chez eux avec un euros très faible par rapport à l'économie allemande et que c'est la crise un peu partout ailleurs. Tout simplement et tout tristement.

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dominique jeu 31/05/2018 - 08:23

Très intéressant. Merci

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