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Enlèvements au Japon : une résolution européenne adoptée

Par Aurélie Billecard | Publié le 13/09/2020 à 17:24 | Mis à jour le 14/09/2020 à 09:43
Enlèvements Japon Résolution européenne

Le Parlement européen, inquiété par les enlèvements d’enfants de couples binationaux, a appelé le 8 juillet le Japon à respecter le droit international et à changer son système juridique, permettant la garde partagée.

En droit japonais, le code de la famille ne reconnaît pas l’autorité parentale partagée. Lorsqu’un couple binational se sépare, l’enfant est confié à un seul des deux parents, en général la mère japonaise. Si elle n’obtient pas la garde de son enfant, un recours lui est conseillé par les avocats spécialisés dans le divorce : l’enlèvement.

 

Appliquer le droit international

Pour prévenir ces enlèvements, la convention de la Haye de 1980, protège les enfants et prévoit une procédure permettant leur retour rapide. Le Japon, pourtant signataire, ne respecte pas cette convention. En droit japonais, la garde partagée n’existe pas et confie presque toujours l’enfant au parent nippon. Même si l’autre parent obtient un droit de visite et que la mère refuse, la police japonaise n’a pas le pouvoir de la contraindre. 

 

Une résolution européenne adoptée

Le 8 juillet 2020, une résolution européenne a été adoptée à 686 voix contre une, avec huit abstentions. Les euro-députés expriment, lors de cette résolution, leur inquiétude pour le nombre élevé d’enlèvements parentaux (150 000 à peu près par an). Ils appellent les autorités japonaises à appliquer les décisions des tribunaux sur le retour de l’enfant, et sur les droits de visite. La législation japonaise n’est pas conforme aux obligations et engagements internationaux. Le Parlement européen demande aussi aux autorités japonaises de changer leur système juridique, permettant la garde partagée. 

 

Des reproches sans fondement ? 

La résolution européenne, dénonçant le Japon pour son manquement de conformité aux règles internationales en cas d'enlèvement d’enfants, n’a pas été bien reçue par le pays visé. 

Toshimitsu Motegi, ministre japonais des Affaires étrangères, répond sur ce litige international : « Le Japon a toujours coopéré comme il se devait avec les autorités des autres pays, les décisions de justice sont prises sans considération de nationalité, donc les reproches n'ont aucun fondement. » Pour le Japon, ce débat doit cesser.

 

Cette résolution européenne, même si elle ne mène pas à une mesure immédiate, est une étape fondamentale dans la reconnaissance des droits parentaux des parents étrangers et qui, pour certains n’ont, pas vu leurs enfants depuis plusieurs années.

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Aurélie Billecard

Étudiante en management culturel et journalisme, fille d’expatriés en Asie et en Europe pendant une dizaine d’années, elle a rejoint l’équipe de la rédaction internationale.
1 Commentaire (s)Réagir
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KRISS mer 16/09/2020 - 01:24

Thèse antithèse et synthèse nous disait-on? Et si nous nous posions pour une fois les questions en sens inverse ? - Le couple dont l’un est japonais sait donc en se mariant le risque que l’enfant qui pourrait naitre de cette union sera confié de préférence à la mère! Pourquoi cette situation serait-elle plus « coupable » que celle de l’obligation pour un chrétien de se faire musulman dans une union des 2 religions ? Pourquoi un marocain binational lorsqu’il se trouve sur le sol marocain ne peut invoquer son autre nationalité en matière de Justice ? etc etc....2 poids 2 mesures ! Avez-vous vu l’UE intervenir sur ces deux points ? Par ailleurs, question famille ici ! Où aujourd’hui, un enfant sera-t-il le mieux « éduqué » en particulier en matière de respect de la famille? ... de sa Nation, son pays, ses coutumes, sa grande famille protectrice quoi ? En Europe ou au Japon ? Donc cette notion "famille" aujourd’hui jugée ringarde en Occident et en particulier en Europe ferait que nous serions les dépositaires du bien universel et donc les Japonais des abrutis? Allez donc au Japon prendre un peu de « vivre ensemble » ! Un enfant devient inéluctablement majeur et si sa volonté alors est de voir son père ou sa mère, n’en sera-t-il libre au Japon comme ailleurs? Oui mais cela sera, non seulement, son LIBRE DROIT exclusivement à lui mais en plus avec une « SERIEUSE EDUCATION » qui lui aura fait comprendre la valeur d’un père d’une mère d’un grand-père d’une grand-mère d’une femme d’un voisin etc…tout ce que nous européens avons balayé aujourd’hui ! Insensé Hiroshima à nous ! Tout ce fatras législatif européen n’est qu’une forme de colonisation qui soumet par la force d’autres cultures tout autant valables que l’Occidentale nôtre mais différentes ! Pourquoi la notre serait-t-elle la bonne ? Depuis plus de 2 siècles de ces prétentieux principes idiots, l’Afrique en est aujourd’hui à l’agonie, transportant ses lambeaux de civilisation à présent chez nous! Bientôt une guerre civile en France , pas mal comme résultats…tout est sous nos yeux et cette imbécile technocratie UE ne comprend toujours rien! Ces inutiles Droits de l’Homme Européens ou universels à la godille sont des broyeurs d’identités ! Ni plus ni moins que l’auto-transformation animale de Darwin, la plus belle des identités est celle que l’Histoire a donné à vivre et transformer paisiblement par lui-même à un Peuple quel qu’il soit et quelle qu’en soit la vision des autres! Aujourd’hui: la thèse est dictatoriale, pour l'antithèse: fermez-là et donc synthèse...... une foutaise universelle !

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