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Une expatriation en Belgique aux couleurs de l’amour

L’expatriation n’est pas toujours synonyme de bout du monde. Parfois, il suffit d’être à quelques centaines de kilomètres de la France. Lepetitjournal.com a rencontré Christian, qui a quitté son Loiret natal pour la Belgique…et par amour.

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L’expatriation n’est pas toujours synonyme de bout du monde. Parfois, il suffit d’être à quelques centaines de kilomètres de la France.
Écrit par Léa Degay
Publié le 20 juin 2024, mis à jour le 28 juin 2024

 

Christian s’est expatrié en Belgique il y a presque trente ans. Il a rencontré sa future femme et mère de ses quatre filles pendant l’été 93 en Charentes-Maritimes. « Nous sommes tombés amoureux. Elle était belge, moi français ». Contrairement à elle, qui ne se voyait pas quitter sa Belgique natale, lui n’avait pas beaucoup d’attaches. « J’ai décidé de la suivre, par amour ». 

 

Au début de la relation, il fait les allers-retours entre Orléans - d’où il venait - et Charleroi (Belgique). D’abord tous les quinze jours, puis tous les weekends, « je faisais la route tous les vendredis soirs et lundis matins ». Très vite, sa vie sociale et amicale se construit en Belgique, « avant que j’y vive ». Ce n’est qu’en 1998, qu’il s’installe, quand fraichement mariés, sa femme lui annonce attendre leur première fille. 

 

Alors, France ou Belgique ? : “J’ai vécu autant de temps dans les deux pays” 

 

Après cette première naissance, trois autres filles viennent compléter la famille. « Même si, aujourd’hui, nous avons divorcé avec la mère de mes enfants après 20 années de mariage, je ne me verrais pas quitter cette vie, à laquelle j’ai complètement adhéré. » Et peut-être est-ce une appréhension mais il ne se sent plus à sa place en France. « J’ai vécu autant de temps dans les deux pays. » Bien sûr, personne ne peut prédire ce que la vie peut offrir. 

 

 

« Nous sommes tombés amoureux. Elle était belge, moi français. J’ai décidé de la suivre, par amour » confie-t-il.

 

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En fait, l’idée de retourner vivre en France s’évapore toujours très vite : « Mes filles auront probablement chacune leur vie professionnelle en Belgique et je ne pourrais pas ne plus les voir tous les jours ou toutes les semaines », même si la France est proche. « Pourquoi m’y installer à nouveau ? Où et pour quoi faire ? » souligne Christian qui s’épanouit professionnellement en Belgique.

 

L’importance du mélange des nationalités pour ses enfants

 

Pendant 25 ans, avec sa femme, ils élèvent leurs quatre filles avec ce mélange franco-belge, sans en être vraiment conscients, naturellement. « L’idée n’a jamais été d’imposer la culture française. » D’ailleurs, Christian a épousé les Belges et la Belgique dans son intégralité et ses enfants ont fait leurs études en immersion néerlandaise. C’était important pour lui aussi que ses enfants puissent accéder à deux des trois langues nationales belges. 

 

Ses enfants ont, « pour garder ce lien », la double nationalité et la famille part en vacances en France, pour voir les amis et la famille, régulièrement. « Une de mes filles est d’ailleurs très attachée à la France, presque plus que moi. Je trouve cela amusant. » Lui, pourtant, n’a jamais demandé ni la nationalité belge ni la double nationalité. Et même s’il soutient aussi l’équipe belge de Football, il soutient encore plus celle de France, « surtout si les deux équipes sont face à face » blague-t-il. 

 

La rivalité franco-belge, une blague ? 

 

Néanmoins, il regrette cette rivalité franco-belge. Les blagues sont bon enfant, ni malveillantes ni agressives « mais souvent lourdes. Surtout en 1998, quand la France a gagné la Coupe du monde, je devais être le seul Français dans le coin ». C’est très vite oublié, les belges sont festifs et gentils. « J’ai rencontré des personnes extraordinaires et d’autres moins. Cela fait partie de la vie, peu importe où l’on habite. »

 

belgique et france

 

En presque trois décennies, Christian n’a jamais cherché à se rapprocher d’une communauté française en Belgique. « Mon expatriation était particulière parce que je suivais ma future épouse ». Il est entré dans son monde à elle, auprès de ses amis et de sa famille, pour y créer la sienne. Il ne fera jamais d’autres choix d’expatriation, parce que « ma vie est ici, avec mes filles. »

 

Informations pratiques pour s’expatrier en Belgique 

 

S’installer en Belgique, en tant que Français ou Française, est une formalité, ou presque. Et même si elle n’offre en rien de l’exotisme ou de l’ensoleillement, le plat pays propose des avantages non négligeables. Par exemple, le coût de la vie y est 2% moins élevé qu’en France et avec des salaires légèrement plus élevés. 

 

bruxelles

 

Venant de la France, aucun visa n’est requis. Une simple carte d’identité ou un passeport en cours de validité suffisent. Il n’y a donc que très peu de démarches administratives à réaliser, si ce n’est de se faire recenser sur le registre des étrangers de sa commune de résidence : Cette inscription, à effectuer dans les huit jours après votre arrivée, déclenche automatiquement l’obligation de payer ses impôts sur les revenus perçus en Belgique dès lors qu’on réside plus de six mois par an dans le pays. 

 

Il est recommandé mais non obligatoire de s’enregistrer au registre des Français de l’étranger. Cette formalité permet de faciliter de nombreuses démarches en lien avec la France comme le renouvellement des papiers d’identité, les inscriptions sur les listes électorales ou encore l'obtention de bourses scolaires.

 

Le français est une des langues nationales de la Belgique, ce qui n’oblige pas familles expatriées d’inscrire leurs enfants au sein du Lycée Français de Bruxelles ou d’Anvers. Même si bien sûr, ils leur permettent de suivre le programme du Baccalauréat. En fait, comparé au système français, la Belgique compte une classe de primaire en plus, et une classe de secondaire en moins.

 

La Belgique est un pays qui plaît aux expatriés Français. Fin 2023, 117.755 sont inscrits au registre consulaire.

 

L’Ambassade de France en Belgique : Rue Ducale, 65, 1000 Bruxelles 

Le Consulat Général de France à Bruxelles : Boulevard du Régent, 42, 1000 Bruxelles

 

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