Tribune : "appel à la solidarité pour les pays d'Europe centrale et de l'est"

Par Lepetitjournal.com International | Publié le 28/03/2022 à 17:45 | Mis à jour le 29/03/2022 à 11:04
Les drapeaux français et ukrainien

 

Cette tribune s'intitulant "Situation humanitaire dans les pays d’Europe centrale et de l’est et appel à la solidarité" nous a été adressée par Mme Mathilde Ollivier, conseillère des Français.es de l'étranger en Autriche. 

 

Dès les premiers jours de l’invasion russe de l’Ukraine, les Conseillères et Conseillers des Français.es de l’étranger ainsi que de nombreuses personnalités françaises d’Europe centrale se sont rapidement mobilisés pour mettre en place un réseau de solidarité. Dans un premier temps une plateforme d’accueil a été mise en place dans les pays frontaliers à l’Ukraine pour les familles françaises et franco-ukrainiennes. Très vite, ce réseau s’est aussi ouvert à tou.tes les réfugié.es quittant l’Ukraine, en particulier étudiant.es africain.es et bien-sûr des ukrainien.nes.

 

Cette démarche s’est faite en lien et en bonne coopération avec les ambassades et consulats français de la région. De même, très vite, et une fois la plupart des français.es pris.es en charge, ces réseaux se sont rapprochés des mouvements citoyens d’accueil de réfugié.es ainsi que des institutions et organisations locales. Si les prérogatives des conseiller.es des français de l’étranger restent limitées à quelques décisions, nous sommes convaincus, d’où notre engagement, que nous devons les dépasser en cas de difficultés rencontrées par nos concitoyen.nes. De plus, être français.es de l’étranger c’est aussi partager la vie des pays qui nous accueillent, c’est construire des familles bi-nationales, bi-culturelles, multilingues. Cette ouverture a un rôle important à jouer en période de crises comme celle que nous connaissons.

 

Ainsi, notre engagement, de par notre position privilégiée entre deux pays et cultures, mais aussi au contact avec le terrain, consiste aussi à un travail de veille et de dialogue afin d’anticiper de potentiels problèmes et d’alerter quand cela est nécessaire. C’est aussi ce nous faisons face à la difficulté grandissante que représente l’accueil de réfugiés. Si les premiers jours se passaient relativement bien et les réseaux de solidarité auxquels nous contribuions permettaient un accueil dans de bonnes conditions pour cette première vague de réfugié.es, plus privilégié.es, mieux connecté.es et parlant des langues étrangères, nous sommes aujourd’hui face à une situation plus complexe.

 

En effet, de nombreux défis se posent désormais qui ne pourront être correctement abordés sans une entraide institutionnelle forte et une bonne coordination au niveau européen, en lien avec des organismes expérimentés dans l’accueil des réfugiés de guerre. Les chiffres sont astronomiques : 10 millions de déplacés en interne et déjà plus de 3 millions de réfugiés qui ont quitté l’Ukraine, principalement des femmes seules avec des enfants. Les pays frontaliers, qui rencontrent déjà des difficultés en termes de services de santé par exemple, ne peuvent assumer seuls cet accueil. De nombreuses questions se posent pour l’accueil des réfugié.es :

 

     • la langue, les dernières personnes arrivant ne parlant que l’ukrainien et le russe • la scolarisation des enfants, qui sont pour l’instant sur le court terme pour la plupart en virtuel

     • la durabilité des accueils mis en place, face à des personnes ne pouvant pour l’instant se projeter que sur du court ou moyen terme

     • l’occupation professionnelle à mettre en place, prenant en compte les problématiques de gardes d’enfants pour des femmes seules avec des enfants

     • le soutien psychologique face au trauma de la guerre et d’avoir abandonné les siens derrière soi • la situation des personnes de pays tiers souhaitant rester dans l’espace Schengen

 

Enfin, comme toujours dans ce genre de situation, le crime organisé, une minorité malintentionnée tentent de profiter de la vulnérabilité des réfugiés, encore une fois des femmes seules avec enfants. Il est important que les institutions compétentes prennent la mesure des risques encourus afin d’éviter que d’autres tragédies s'ajoutent à celle déjà en cours.

 

En tant que conseiller et conseillères des francais.es de l’étranger et personnalités politiques françaises en Europe centrale nous exhortons l’État français à agir sur :

 

     • Le soutien par des moyens humains et financiers aux consulats et ambassades de la région, déjà sous pression après deux années de pandémie et avec les élections présidentielles et législatives arrivant. La guerre et l’accueil des ressortissant.es francais.es et de leur famille représentent une charge de travail supplémentaire pour les administrations françaises.

     • L’anticipation des prochaines crises en apprenant des bonnes ou moins bonnes pratiques des différents consulats en matière d’organisation des comités de sécurité, de structuration et formation du réseau des îlotier.es, et d’information de la communauté française

     • L’incitation à l’inscription au registre pour les francais.es de l’étranger. Depuis 2017, le nombre de personnes inscrites au registre ne cesse de baisser alors qu’on observe plutôt une augmentation du nombre de francais.es à l’étranger. Cela va de pair avec les politiques de numérisation et la perte de contact des francais.es avec les institutions françaises locales

     • L’utilisation accrue des réseaux sociaux, non seulement par les services des chancelleries mais aussi par les consulats. Les groupes facebook de français à l’étranger sont par exemple désormais l’un des points centraux de communication et d’information de la communauté et doivent être investis par les services consulaires

     • Le soutien aux élèves et professeurs quittant les établissements scolaires français en Ukraine

 

Nous remercions le groupe Écologie et Solidarité à l’Assemblée des Francais.es de l’étranger d’avoir porté ces problématiques lors de la 36ème session de l’AFE. Conseillères et conseillers de l’étranger et personnalités françaises d’Europe centrale, nous exprimons ainsi notre solidarité avec le peuple ukrainiens mais aussi toutes celles et ceux qui souffrent de la situation actuelle et invitons à plus de solidarité, à la hauteur des défis rencontrés.

 

Mathilde Ollivier, Conseillère des français.es de l’étranger en Autriche, Slovaquie et Slovénie et Conseillère à l’Assemblée des Français de l’étranger Vincent Liegey, Conseiller des français.es de l’étranger Hongrie Frédéric Chauveau, Conseiller des français.es de l’étranger pour la Pologne Mélanie Vogel, sénatrice des français.es de l‘étranger Gabriel Richard-Molard, ancien conseiller des français.es de l‘étranger pour l‘Allemagne Louis Sarrazin, Conseiller des français.es de l’étranger en Autriche, Slovaquie et Slovénie Audrey Leclerc, Conseillère des Français.es de l’étranger en Allemagne du sud et vice- présidente du groupe Écologie & Solidarité à l’Assemblée des Français.es de l’étranger Florian Chiron, ancien conseiller des français.es de l‘étranger, élu au conseil des étrangers de Francfort Stéphan Maigné, Conseiller des Français.es de l'étranger, Président du conseil consulaire d'Allemagne Nord et Est Christine Allanic, cheffe de file pour la France Insoumise dans la 7ème circonscription des Français de l'étranger Frédéric Zucco, Conseiller des Français.es de l’étranger en Allemagne du sud Nadia Larabi, cheffe de file pour la France Insoumise dans la 7ème circonscription des Français de l'étranger Anaïs Marin, présidente de la section Pologne de Français du Monde-ADFE Patrick Ugo, Conseiller des français.es de l’étranger en Autriche, Slovaquie et Slovénie. 

 

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