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EXPATRIATION ET DÉPENDANCE FINANCIÈRE: Comment vaincre la culpabilité?

Par Ophélie Terrien | Publié le 04/06/2018 à 18:09 | Mis à jour le 04/06/2018 à 18:36
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A l’heure où les femmes mettent un point d’honneur à être les égales de ces messieurs sur le plan professionnel, « suivre » notre cher et tendre en expatriation peut susciter un certain malaise. L’impression d’un retour à l’époque de nos grand-mères. Entrée délicate dans l’expatriation avec le tabou de la dépendance financière.

Selon une étude d’Expat Communication (2017), le « conjoint accompagnateur » est à 92% la femme. Cet article sera de ce fait principalement dirigé au féminin.
 

LA DIFFICULTÉ NUMBER 1


Selon la même étude, la dépendance financière est citée à 50% comme la première difficulté pour les conjoints « accompagnateurs ». En effet, rare sont ceux qui trouvent un emploi répondant à leurs attentes dans le pays d’accueil. Parfois le calcul est vite fait : il est plus logique de ne pas travailler plutôt que d’être payé des clopinettes dans un boulot pour lequel on est surdimensionnée le tout avec trop peu de vacances pour rentrer voir la famille. Chômage temporaire pour « l’accompagnateur ». Nous qui avons été élevées dans l’optique de nous assumer. L’expatriation remet fréquemment cette notion en question.
 

LA CONSÉQUENCE DIRECTE


Conséquence directe : plus de salaire. Au revoir également à tout ce que notre travail nous apportait : cercle social, adrénaline, reconnaissance. Sans parler du trou dans le CV que l’on devra expliquer au retour.

EFFET DE RICOCHET SUR LE STATUT

On pourrait éventuellement se conditionner et mettre ces pensées de côté. Mais c’est sans compter sur la question qui revient à chaque nouvelle rencontre : « et toi, tu fais quoi ? ». Nous avons l’option d’expliquant que « avant », nous étions blablabla et que nous avons tout quitté pour suivre Monsieur. Ou nous avons le chemin plus court : « je suis la femme de ». Valorisant n’est-ce pas ?
 

LA CULPABILITÉ DES VACANCES À PLEIN TEMPS


Pas de travail = pas de salaire mais énormément de temps pour soi. Cependant on n’ose pas dépenser. On souhaite combler nos longues journées mais on se lance avec parcimonie dans de nouvelles activités. On culpabilise en effet de s’amuser pendant les heures ouvrées alors que l’on a un bac+5. D’autant plus que nous payons avec l’argent « du couple ».

 

LE REGARD DES AUTRES ET DE NOTRE HOMME


S’en suivent les questions sur la légitimité du port de culotte à la maison. « Vu que je ne contribue plus aux dépenses, quelle est ma place ? » « Mon homme m’a connue avec un poste à responsabilité, comment vais-je continuer à l’intéresser si je n’ai rien de palpitant à lui raconte ? ». Sans parler de ce que pensent potentiellement nos proches en France. Là où certains pensent que se prélasser au bord de la piscine sans aucun scrupule est facile, nous aurions besoin de cours pour déculpabiliser.

METTRE À PLAT LES CHOSES

La première chose à faire selon moi est de discuter de ce changement de situation financière avec votre moitié. Il est en général conscient des sacrifices que vous faites en le suivant. En bons français, nous avons du mal à aborder les sujets financiers. Il est cependant primordial de mettre les choses à plat. Comment vont se passer les choses au quotidien ? Quelles sont les possibilités d’épargne que vous avez ? Comment allez-vous continuer à cotiser à votre retraite ? Toutes les questions qui vous tracassent doivent être abordées. Ainsi, vous pourrez anticiper en vous mettant en situation et limiter les surprises de dernière minute.

C’EST ENTRE VOUS ET VOUS

Mettre les choses à plat avec votre conjoint permettra d’aborder plus sereinement certaines questions pénibles comme le regard des autres. Ceux qui pourraient penser que vous profitez de la situation et qui ne comprendront pas lorsque vous leur direz que ladite situation est inconfortable. Prenez le temps de parler ensemble de vos peurs. Trouvez ensemble les mots pour expliquer (à vous-même surtout) comment vous allez fonctionner dans cette nouvelle configuration. Plus les choses seront claires en amont, et moins compliquée sera la situation dans les faits.

QUELS SONT LES PLANS B?


Profitez également de cette phase pour discuter d’éventuels plans B. Si vous n’arrivez pas à vous faire à l’idée de ne pas contribuer aux dépenses du ménage ou de ne pas mettre d’argent de côté pendant ces années à l’étranger, quelles pourraient être les solutions ? Placements ? Assurance vie ? Achat immobilier à votre nom ? Nouvelle activité pro hors du circuit classique ? Plusieurs possibilités s’offrent à nous dans ces moments. Rappelez-vous :l’expatriation est un cadeau !

VOTRE CONTRIBUTION À VOUS

Vous pouvez également profiter de cette ouverture du sujet pour parler des rôles que vous remplirez. Ils n’auront pas une contribution monétaire, mais seront nécessaires à la bonne intégration et au bon déroulement de votre nouvelle vie en terre étrangère. Vous avez l’impression que l’ère de nos grands-mères est de retour ? Il y a en effet des similitudes. Cependant elles étaient les piliers du foyer. C’est une autre forme de contribution. Un autre rôle. Mais nécessaire.

DIFFÉRENTES FORMES

Vos rôles ? Par exemple l’installation du nouveau cocon. C’est un élément clé dans l’expatriation que de se recréer un environnement au sein duquel on se sent bien. Connaître la ville, y avoir ses repères et s’y sentir rapidement chez soi est également essentiel. Autre tâche de taille : la compréhension des administrations locales. Et là, sentez-vous à l’aise d’expliquer à quiconque vous rira au nez que se battre avec la CPAM c’est déjà fatigant, mais le faire dans un pays dont on ne maîtrise pas la langue, ni les codes, ça mérite une médaille olympique !

LA SOLUTION POUR NE PLUS CULPABILISER


Dans tous les cas, afin de faire passer la dépendance financière pendant votre expatriation au second rang, il est primordial que vous ayez en tête votre pourquoi et vos objectifs d’expat’. Ce sont vos clés pour ne pas subir votre expatriation mais la mener. Les clés pour profiter de ces années loin de votre environnement et construire votre projet. Projet dont vous serez fière lorsque le retour approchera.

L’ÉQUILIBRE À TROUVER DANS SA VIE D’EXPATRIÉE


Trouver sa place en expatriation est un équilibre délicat mais primordial. Il se trouve entre autre via l’acceptation de la nouvelle situation financière. N’oubliez pas que l’expatriation est un cadeau. Un nouveau champ des possibles s’ouvre à vous. Ne pas contribuer financièrement aux besoins du couple ne vous empêche pas d’apporter autre chose. Vous pouvez donc voir votre dépendance financière temporaire comme une compensation et une opportunité de découvertes infinies.

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Après 5 expatriations sur 3 continents, Ophélie a fondé Dépasse tes Frontières afin d’accompagner les conjoints expatriés à vivre sereinement leur expatriation, depuis l’annonce du départ à celle du retour.
5 CommentairesRéagir
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Yvette mer 06/06/2018 - 07:46

Approche juste. Article sexiste, non. Certes on aurait pu écrire “conjoint-e” mais il est vrai que la majorité des sujets dans cette situation sont des femmes. Le sentiment de dévalorisation, notamment la non reconnnaise des diplômes et/ou des compétences est bien réelle, et souvent les visas ne permettent pas une activité pro, quelle qu’elle soit. Le bénévolat, de nouvelles études...Article bien nécessaire! Merci.

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Ophélie sam 09/06/2018 - 16:18

Merci Yvette!

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Philippe FERRAND mar 05/06/2018 - 09:00

CET ARTICLE SE MONTRE UN PEU SEXISTE. Même si majoritairement, les femmes suivent leur mari affecté à Milan. Les profils des français que je côtoie à Milan sont bien différents. Il y les hommes qui ont suivi leur mari, les femmes qui suivent leur épouse, et parfois le compagnon qui suivi la compagne et la famille. Pour éviter d'être aussi réducteur, une petite introduction s'imposait. la société change peu à peu, la politique en même temps nous rappelle les règles du conservatisme, une contradiction et à la fois une réaction légitime. Pensez aussi que le fameux "expat" change, beaucoup de mes amis se sont installés par choix et non parce qu'une Société française les y obligent. Phénomène nouveau dont il faut tenir compte avec l'Europe.

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Philippe FERRAND mar 05/06/2018 - 08:50

un article un peu sexiste...... Je sais que les femmes de coutume suivent “ leur homme“ comme vous dîtes..... mais il y les hommes qui ont suivi leur mari, les femmes leur épouse et les hommes qui ont suivi leur femme ou leur compagne. Toutes ces catégories, je les côtoie sur Milan.... vous auriez pu dans les premières lignes de l'article évoquer ce qu'est la société d'aujourd'hui et que les statistiques tentent à changer car la société heureusement change. Par les temps qui courent, la politique se montre plus conservatrice et la société quant à elle évolue, une contradiction et à la fois logique.... s'il vous plait pour les prochains articles, de grâce, essayez d'être moins réducteur. Juste un petite mise au point en introduction pour dire que les profils de l'"expatrié" changent .... beaucoup de mes connaissances viennent aussi en Italie, non pas pour suivre les directives de leur entreprise française mais par choix....un profil qui se développe en même temps.

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Ophélie mar 05/06/2018 - 17:43

Bonjour Philippe, Merci pour votre commentaire que je comprends. Cependant, comme indiqué en introduction, c'est encore à 92% l'homme qui est à l'initiative d'une expatriation selon la dernière étude d'Expat Communication. Dans cet article je parle de mon propre vécu ainsi que de celui des personnes que j'accompagne pendant leur expatriation (principalement des femmes).En fonction des pays et des âges, ces situations sont une réalité. A disposition pour en discuter si vous le souhaitez. Chaleureusement, Ophélie

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