BUCAREST CENTENAIRE – L'Arc de Triomphe roumain

Par Bucarest/Centenaire | Publié le 24/05/2018 à 00:00 | Mis à jour le 31/05/2018 à 07:06
Arcul_de_Triumf,_București

Aujourd’hui, dans le cadre du centenaire de la Roumanie moderne, nous nous sommes intéressés à l'Arc de Triomphe roumain, ce symbole du "Petit Paris" qui, comme vous le découvrirez, a souvent changé de visage.

 

 

Inauguré le 1er décembre 1936, l’Arc de Triomphe domine aujourd’hui la place du même nom, traversée par la chaussée Pavel Kiseleff, les boulevards Maréchal Alexandru Averescu et Maréchal Constantin Prezan et la rue Alexandru Constantinescu. Sa construction est liée aux moments-clés de l’histoire du peuple roumain et en témoigne, à sa manière, à travers l’inscription centrale gravée sur sa façade sud :

« Après des siècles de pénitences et de combats pour préserver le sentiment national, après une défense faite de nombreux sacrifices de la civilisation humaine, la justice triomphe, grâce à l’épée du roi Ferdinand, aidé par la nation toute entière et le bon vouloir de la reine Marie. »

 

Tout au long de son histoire, la ville de Bucarest a vu défiler plusieurs Arcs de triomphe - les autorités locales revenant toujours à l’héritage romain, qui imposait la voûte monumentale comme symbole universel de la victoire. Même s’ils marquaient des faits historiques importants, tous étaient temporaires. Ce n'est qu'en 1922 que l'administration locale a décidé de construire un monument historique permanent et durable.

 

Les circonstances étaient idéales : le roi Ferdinand et la reine Marie étaient couronnés souverains de la Grande Roumanie, suite à la victoire de l’armée roumaine durant la Première Guerre mondiale. L’Arc de Triomphe a été bâti dans un temps record, selon les projets de l’architecte Petre Antonescu, qui avait pris comme modèle son homologue parisien, commandé par Napoléon un siècle auparavant, après la bataille d’Austerlitz.

 

La base et l’ossature du monument étaient construites en béton armé. Les bas-reliefs extérieurs étaient en plâtre et à cause des intempéries, la façade s’est progressivement dégradée. Dix années plus tard, le « Petit Paris » roumain est mal à l'aise avec ce « monument incommode », surnommé « bicoque » par la presse de l’époque. Il est aussi mentionné dans un récit de voyage de l'écrivain français Paul Morand : « une maquette gigantesque et délabrée qui prétend être l’Arc de Triomphe de la victoire ». Ce n'est qu'en 1932 que Mihai Mora tire un signal d’alarme grâce à son article "Un devoir impératif" qui va ramener le monument dans l'attention de l'opinion publique et des autorités locales. Le Ministère de la Défense Nationale initie alors une souscription publique, soutenue par plusieurs associations des vétérans de guerre ; la somme recueillie est complétée par un fond provenant du budget d'état.

 

Petre Antonescu reçoit ainsi la lourde responsabilité de restaurer le monument qu'il veut en granit de Deva, dans un style classique, en portant plus d'attention aux finissages et aux bas-reliefs, sculptés en marbre de Ruschita. La façade du sud représente les portraits des premiers souverains de la Grande Roumanie, alors que celle du nord est ornée par les œuvres des sculpteurs Ion Jalea, "Virilité" et Constantin Baraschi, "La foi"; elles sont complétées par les "Victoires" des sculpteurs Cornel Medrea et Dimitrie Onofrei. Les voussoirs représentent les batailles décisives de l’armée roumaine durant la Première Guerre mondiale ; les parties latérales montrent les proclamations du roi Ferdinand, de 1916 et de 1922. À l’inauguration de l’Arc de Triomphe, de 1 décembre 1936, les membres de la famille royale participent tous sans exception.

 

Pendant la période communiste, les décorations du monument subissent quelques modifications : certains panneaux se trouvant à l'intérieur de l'arcade sont couverts, les proclamations du roi Ferdinand sont enlevées et les portraits du couple royal, détruits. Après la Révolution, les parties manquantes sont remplacées par deux médaillons en bronze et les textes sur les parties latérales sont réhabilités.


Les deux pylônes qui soutiennent l'arcade cachent des escaliers intérieurs qui conduisent vers une terrasse et un musée hébergeant quatre expositions permanentes: „La Grande Guerre de la Réunion du Peuple“, „Héraldique des grandes familles de boyards“, „L'Arc de Triomphe en images“ et „La Grande Union de 1918”.    

 

Ana-Maria Roşca  

 

Article réalisé dans le cadre du Programme Culturel București - Centenar avec le soutien de Primăriei Municipiului București à travers Administrația Monumentelor și Patrimoniului Turistic 

 

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1 Commentaire (s) Réagir
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NICOLAE DRAGULANESCU dim 27/05/2018 - 08:41

Merci pour ce texte assez pertinent, concis et bien ecrit. L'auteur aurait du et pu faire une comparaison avec les arcs de triomphe parisiens, mieux connus a travers le monde (mais assez peu en Roumanie) - l'Arc de Triomphe de l'Etoile et l'Arc de Triomphe du Carroussel... Il aurait pu ajouter que le jour national roumain, le 1er Decembre, est celebre depuis la Revolution de 1989, par une parade militaire deroulee sous l'Arc de Triomphe bucarestois... L'auteur aurait du et pu mentionner que - a la difference de l'Arc de Triomphe de l'Etoile de Paris, a Bucarest il n'y a toujours pas de passage souterrain permettant d'aller en pieton sous l'arc et visiter son musee (situe dans sa structure).... Le Petit Paris aurait pu prendre en exemple, encore une fois, le Grand Paris!

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