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BUCAREST CENTENAIRE - La maison Macca, un exemple d'art total

Par Bucarest/Centenaire | Publié le 09/11/2018 à 00:00 | Mis à jour le 09/11/2018 à 08:01
Photo : Wikipedia / Sabin Iacob
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En feuilletant quelques albums anciens, on découvre qu’à la fin du XIXe siècle, la Roumanie commençait à faire pencher la balance du côté de l’éclectisme français. Deux décennies plus tard, cet amalgame raffiné de principes architecturaux prend encore plus d'ampleur dans le Bucarest de l'entre-deux-guerres. De nombreux voyageurs étrangers réussissent à surprendre le Petit Paris et son parfum oriental, mais seul le diplomate français Paul Morand a su parler d’une véritable leçon de vie ; selon lui, la ville t’enseigne à t'adapter à tout, même à l’impossible. De cette manière, elle matérialise l’âme d’un peuple ayant une patience infinie, sublime comme la patience des animaux, et dont son optimisme tolérant a su forger l’expression : « Il faut de tout pour faire un monde ! ». […] Voici pourquoi, suivant la voie sinueuse d’un destin picaresque, Bucarest est restée la ville de la joie.   

 

 


Porté par l’esprit romantique de l’époque, Bucarest était aussi la ville des héros et des vétérans de la guerre. Ainsi, dans un recoin, pas loin de l’Avenue Victoria, on retrouve un petit épicentre militaire, digne de tous les éloges. Parmi les résidences particulières des généraux, on trouve aussi la maison de la famille Macca. Pendant la Guerre d’Indépendance, le major Petre Macca était chef de bataillon ; il avait participé au siège de Gravitza (Grivita), étant nommé colonel à la fin de la lutte contre les Turcs, suite à laquelle la Roumanie a pu proclamer son indépendance.

 


Dans la même époque, l’officier épouse Hélène (Elena), l’ancienne épouse de Constantin Caribol, qui était aussi une des descendantes directe de la famille Balaceanu. On disait que les membres de cette vielle famille de boyards étaient des hommes intelligents, gaspilleurs, fous ; mais peut-être que ces affirmations allaient parfaitement avec les origines balkaniques de Petre Macca. Plus d’une décennie après le mariage, le couple controversé devient le commanditaire d’un ensemble immobilier, réalisant une maison monumentale, à laquelle ont été rajoutés une serre et des écuries.

 


L’immeuble fut projeté, construit et décoré par l’architecte suisse John-Elisée Berthet, entre 1891 et 1900. Aux trois niveaux de la maison, l’ornementation extérieure mise sur le jeu harmonieux des sculptures baroques et des broderies en fer forgé, dans le style Art Nouveau. La partie centrale de la façade principale étale le motif du coquillage ; forme qu'on retrouve sur les petits balcons soutenus par les habitants légendaires de l’Atlantide, sculptés en pierre. Il ne manque ni les miniatures de Cupidon, ni les figures de Madones et de satyres, qui recouvrent les frontispices des fenêtres ; quant aux têtes de lion, ils se trouvent à la limite des deux styles architecturaux. Dans l'enceinte du bâtiment, on remarque la diversification des éléments décoratifs. Les bossages et les stucs dorés, représentant des guirlandes de fleurs ou des tiges avec feuilles et fruits, encadrent les peintures murales dans le style de l’académisme français. Elles trahissent une prédilection toute particulière pour la thématique gréco-romaine et pour l’orientalisme. Les sculptures, les colonnes et les pilastres en marbre ou en bois noble accentuent la monumentalité travaillée du vestibule principal. Étant haut de deux étages, il suivait les coutumes de l’époque, disposant d’une lucarne en verre encastrée dans le plafond et d’un somptueux escalier en marbre, permettant l’accès aux étages supérieurs. Les ferronneries mettent en valeur les lignes courbes de l’Art Nouveau, reproduisant des modèles végétaux. Quant aux meubles, le couple Macca décide de renoncer aux formes rigides et à la chromatique sobre, préférant le style Louis XV. Selon les témoignages des ceux qui fréquentaient la maison du colonel, l’ensemble était couronné par des chandeliers élégants, probablement réalisés en cristal Empire.

 


Enfin, on peut dire que Hélène Macca avait l’âme d’une véritable mécène, suivant cette vocation jusqu’à la fin de sa vie. Respectant son dernier désir, en 1912, cette maison devient la propriété de l’État roumain. Dès 1956, elle accueille le siège de l’Institut d’Archéologie « Vasile Parvan ».    

 

 

Sources : Adevarul.ro, E-architecture.ro, Gandul.info

 

 

Ana Maria Rosca 

 

 
 

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Toutes les personnalités roumaines qui ont marqué ces 100 dernières années, dans le cadre de la célébration du centenaire de la grande Roumanie, en partenariat avec l'AMPT (Administratia Monumentelor si Patrimoniului Turistic)
3 Commentaire (s) Réagir
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Cricket jeu 15/11/2018 - 11:14

La maison Macca est dans un état avancé de délabrement ! L’état est un piètre proprietaire qui se moque de la conservation de tels joyaux... Peut-être pourriez-vous faire du lobbying pour la restauration de cet immeuble avant que ce ne soit trop tard ?

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Ovidiu ven 09/11/2018 - 14:45

Des articles très agréables à lire, mais qui pêchent pas l'absence des illustrations.

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Evadest ven 15/11/2019 - 08:11

Et encore plus par l'absence des adresses où voir les bâtiments! Logique roumaine?

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