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La tradition Alfarera de Níjar

Par Joaquin Garcia | Publié le 29/03/2022 à 18:15 | Mis à jour le 29/03/2022 à 18:15
Photo : Atelier de Loli, dans le “Barrio Alfarero”, Nijar (Almeria)
Poteries de Nijar

Dominé par la tour de la Atalaya et situé près de la vieille ville de Níjar, se trouve le “Barrio Alfarero” le quartier des potiers. Typiquement andalou, ce quartier abrite les quelques derniers ateliers de céramique de Níjar, village, situé près du Parque Natural de Cabo de Gata-Níjar qui a gardé une relation claire et indissociable avec sa culture artisanale. Dans ce quartier, Loli, l’une des dernières “alfareras” est un exemple de cette culture.

Une poterie de Nijar en lien avec ses habitants et leurs espaces

Comme chaque élément culturel d’un territoire, les origines de la poterie de Níjar allait de pair avec la vie de cette région. Celui-ci étant très aride et sèche, la poterie permettait de stocker l’eau et de la transporter, sur les ânes, entre les différents « cortijos ». Son usage a évolué au fil du temps et actuellement on peut retrouver la poterie de Níjar dans des boutiques raffinés de Séville et de Madrid. Or, qu’est-ce qui la rend si particulière ?

A Nijar, une culture artisanale toujours bien vivante 

Le village était réputé par cette production artisanale, qui a sans doute influencé la culture de la région, puisque les rues et ses maisons sont adornées avec des pots dessinés, le nom des rues est aussi accompagné de motifs, et ceci dans chaque coin des villages du Cabo de Gata. Malgré le fait qu’il reste trois ou quatre ateliers, contre 40 le siècle dernier, la tradition est toujours vivante et contribue indéniablement à la culture caractéristique et  mystérieuse de la région. 

Loli nous raconte les origines de ce savoir artisanal

Loli est l’une des dernières alfareras et continue à utiliser la méthode originelle de production de cette céramique, et nous en parle.

« Tout d’abord, comme c’était la tradition dans chaque atelier, les femmes se dédiaient au dessin de la céramique, puis les hommes au façonnage de l’argile »

Les femmes avaient un rôle majeur dans la transmission du dessin de la poterie

Comme nous l’explique Loli, les femmes transmettaient ces dibujo de lata, les dessins de ces poteries. « Ces dessins qui rappellent des branches d’arbres ont donné le nom de rameaoras (venant du mot “rama” ou “branche” en français) aux femmes alfareras. Néanmoins, la propriété était inscrite au nom du mari. »

Poterie Nijar
Sur les grands plats on observe le dibujo chisnero puis sur les tasses le motif typique des rameaoras

L’élaboration de ces produits était réalisée exclusivement avec des produits de la zone

« Tous les produits utilisés se trouvaient autour du village, en effet les deux argiles nécessaires à la création de la pâte venaient d’une commune proche de Níjar et du parc naturel. Les pigments eux aussi ont leurs origines dans la géologie caractéristiques du Cabo de Gata, où les alfareros arrivaient à créer des couleurs bleues et verdâtres grâce aux pierres de la région.

Poterie de Nijar
Poteries de style rameaora au centre puis chisnero à droite

« Afin d’atteindre les 1000 degrés nécessaires à la cuisson de cette céramique, des retamas, ces arbuste très présents dans la péninsule ibérique, étaient entassés dans des fours situés à proximité de l’atelier. »

Poterie Nijar
Moulins à argile « blanche » et « bleu » provenant du parc naturel

Malheureusement, comme nous l’a avoué Loli, la production a évolué avec l’augmentation de la demande. 

Four de potier Nijar
Ancien four à retamas de l’atelier Angel y Loli

« Quelques pigments sont encore produits naturellement mais la terre est maintenant mélangée avec d’autres argiles venant de Murcie. »

Pourtant, dans ce quartier alfarero, et notamment dans l’atelier Angel y Loli, on peut encore observer de près la création de ces pièces artisanales, chargées de la culture et de l’esprit de la région.

 

Un patrimoine culturel à protéger

La Alfarería représente cette esthétique qui accompagne les villages du Parc Naturel aussi, des personnes comme Loli incarnent ce patrimoine culturel que nous devons absolument protéger. Et, comme le déclare si justement Gustave Malher, « La tradition n’est pas le culte des cendres, mais la préservation du feu », (Gustav Mahler, 1860-1911)

 

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Joaquin Joko

Joaquin Garcia

Diplômé en Relations Internationales à l'Université de Genève, étudiant un Master en Études Approfondies en Anthropologie Sociale et Culturelle à l'Université Complutense de Madrid, l’écriture sur le patrimoine de notre belle région m’a toujours passionné
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Bernard Frontero

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