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DOS DE MAYO - Le jour le plus long pour les Français de Madrid

Par lepetitjournal.com Madrid | Publié le 01/05/2019 à 12:00 | Mis à jour le 01/05/2019 à 12:46
Photo : tirée du domaine public
dos de mayo madrid

Date choisie par la Communauté de Madrid pour sa fête officielle, le 2 mai est aussi la célébration du soulèvement espagnol contre l'invasion napoléonienne et le commencement de la guerre d'Indépendance à coups de Guerilla.



Le 2 mai, est le jour de la fête officielle de la Communauté de Madrid depuis qu'elle est devenue autonome. C'est en 1808 que les troupes de l'Empereur Napoléon Bonaparte ont envahi Madrid. Arrivé depuis peu de temps au pouvoir, après une conspiration contre son père Carlos IV, le Roi Fernando VII est séquestré par Napoléon Bonaparte. Afin de consolider son pouvoir dans le pays nouvellement envahi, ce dernier impose son frère José Bonaparte. La réputation de ce dernier ne tarde pas à dégénérer et est vite surnommé par les espagnols Pepe Botella, pour son penchant vers la bouteille? Chassé par les résistants puis revenu au pouvoir, il y perdure jusqu'en 1812, date à laquelle l'armée anglo-espagnole reprend enfin les rennes d'un pays définitivement libéré des Français, le 27 mai 1813. Le peuple de Madrid s'était soulevé le 2 mai 1808, mais le lendemain, l'armée française fusillait les leaders de la rébellion, comme l'a représenté Goya dans ses deux tableaux, Dos de Mayo et Tres de Mayo, exposés à Madrid dès le départ de Napoléon. A la fin de la guerre d'Indépendance, en 1814, après six ans d'occupation française et d'incessantes et acharnées guerrillas du peuple espagnol, Fernando VII retrouve son trône. Petite piqûre de rappel sur la place 2 de mayo : au centre se dressent les statues de Daoiz et Velarde, deux héros du 2 mai 1808 qui sont morts durant l'attaque française du Cuartel de Monleon, dont on peut observer le portique sur la place.


 

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"L'union sacrée contre les Français"


Si les Espagnols du 21e siècle utilisent encore beaucoup la date pour provoquer amicalement -ou pas- les Gabachos d'aujourdhui, il s'agit surtout d'une Version subjective de l'analyse historique selon certains. Parmi eux, l'auteur anglais Ronald Fraser, à l'origine de l'ouvrage "La maldita guerra de España", pour lequel il a étudié en détails 50.000 documents durant 6 ans, et qui rétablissait sa vérité de chercheur dans les colonnes du quotidien El País, le 21 avril 2006 : "L'union sacrée contre les Français est un mythe qui a été utilisé pour création du sentiment d'appartenance à la nation espagnole. A l'époque, beaucoup d'Espagnols ont lutté avec les troupes napoléoniennes. Tout n'est pas aussi simple qu'une certaine instrumentalisation de l'histoire veut le laisser croire. Cette rébellion n'a pas seulement été une guerrilla espagnole contre Napoléon mais une vraie révolution du peuple, venue d'en bas." Et d'ajouter : "Dans les autres pays occupés par Napoléon, les élites et le peuples acceptèrent les réformes. Mais en Espagne, l'empereur ne pris pas en compte le très fort sentiment identitaire, selon les régions. Il affirmait avec orgueil qu'il gouvernerait l'Espagne comme un pays satellite de la France. Il s'est vite retrouvé dans une ruelle sans issue, car s'il abandonnait l'Espagne il la laissait aux mains des Anglais. Sa principale erreur fut de vouloir gouverner le nord du fleuve Ebre depuis Paris. Avec cette décision, il a indigné les patriotes espagnols..." On connaît la suite, les Madrilènes aussi. Sur son lit de mort, Napoléon aurait reconnu et même regretté son erreur de diagnostic concernant l'Espagne.



"Spain is different"


On prête également à l'empereur, dans les livres d'histoire espagnols, une phrase qu'il aurait prononcée à Bailén, le 19 juillet 1808, quelques heures après sa première défaite majeure sur un champ de bataille. Au début des années 1960, elle fut même reprise par le ministre de l'Information et du Tourisme de Franco, Manuel Fraga Iribarne, qui en avait fait un solgan touristique. "L'Espagne est différente". Le 2 mai plus qu'aucun autre jour de l'année. Et Napoléon, ne lui en déplaise, n'y est pas étranger.




Gaëlle PATIN LALOY + Benjamin IDRAC + VG (www.lepetitjournal.com - Espagne)

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