Édition internationale

Réunion multilatérale à Varsovie : l’Ukraine au cœur de la relance du triangle de Weimar

« Séparément, nous comptons moins qu'ensemble » rappelait le 9 octobre 2026 le président du Sejm Włodzimierz Czarzasty lors d’une réunion spéciale à Varsovie des présidents des parlements du Triangle de Weimar. Aux côtés de la présidente de l’Assemblée nationale française, Yaël Braun-Pivet ainsi que de la représentante allemande du Bundestag, Julia Klöckner, il a notamment rappelé la nécessité de protéger l’Union européenne et ses valeurs. En invitant directement le président de la chambre ukrainienne des députés, Ruslan Stefanchuk, la coopération franco-germano-polonaise affiche également sa volonté de renforcer le projet d’une Europe de la défense unie et solidaire contre les menaces russes.

Sejm, de gauche à droite : Ruslan Stefanchuk, Yaël Braun-Pivet, Włodzimierz Czarzasty, Julia KlöcknerSejm, de gauche à droite : Ruslan Stefanchuk, Yaël Braun-Pivet, Włodzimierz Czarzasty, Julia Klöckner
©Aleksander Zieliński / Kancelaria Sejmu De gauche à droite : Ruslan Stefanchuk, Yaël Braun-Pivet, Włodzimierz Czarzasty, Julia Klöckner
Écrit par Agathe Cateau
Publié le 12 octobre 2026, mis à jour le 19 octobre 2026

 

 

Triangle de Weimar : 35 ans de coopération multilatérale en Europe 

Fondé en 1991, le Triangle de Weimar fête ses 35 ans en 2026. C’est une coopération clé pour l’Europe, puisque la Pologne, la France et l’Allemagne regroupent à elles seules près de 40 % de la population de l’Union européenne et possèdent également les économies les plus importantes de la région. De nombreux accords parallèles s’inscrivent dans la continuité de ses engagements, comme le traité de Nancy franco-polonais, et visent à promouvoir le droit européen, la démocratie, le soutien à l’Ukraine dans sa guerre contre la Russie et les échanges multilatéraux sur le continent. 

Le triangle de Weimar offre une coopération renforcée pour les trois pays, notamment dans le domaine de la sécurité. Cette réunion du 9 octobre 2026 au Sejm, en Pologne, n'avait pas pour objectif d’élaborer un nouvel accord entre les trois pays, mais de réaffirmer, ensemble, des orientations communes face aux défis géopolitiques rencontrés par l’Europe. 

Ce n’est pas la première fois qu’elle intègre la question de la Guerre en Ukraine dans ses réunions, puisque sa mission première est de se positionner régulièrement face aux défis que doit surmonter l’Union européenne, dont l’invasion russe sur un sol européen.



Triangle de Weimar à Varsovie : déclaration Allemagne-France-Pologne sur l’Ukraine

 

Le Triangle de Weimar, un moteur de la défense européenne ? 

La première partie de la réunion a eu pour sujet la défense collective européenne. Suite à un constat faisant état des violations dans l’espace aérien polonais, ainsi que de l’incident survenu en août impliquant un drone à l’aéroport allemand de Leipzig/Halle, les présidents des chambres se sont accordés sur la nécessité de renforcer les relations entre les États européens, dont l’union devrait constituer un pilier de la sécurité aux côtés de l’Alliance atlantique.

Pour ce faire, il faut consolider les remparts de l’Europe de la défense en investissant massivement dans la production industrielle de technologies militaires à l’échelle européenne. L’amélioration de la « résilience multidimensionnelle » de l’Union européenne passe également par l’élaboration de réponses communes et fermes contre les actes de guerre hybride russes, comme par exemple face aux cyberattaques dont la France a été victime le 13 juillet 2026. L’UE a donc pris la décision de sanctionner, à cette date, des « hacktivistes », responsables de tentatives d’ingérence et de perturbation des Jeux olympiques de Paris de 2024. 
 

 

 

 


Cyberattaques, désinformation : comprendre la guerre hybride qui frappe l’Europe

 

 

L’importance de la résilience démocratique européenne: l’Ukraine et l’Union européenne unies contre l’autoritarisme russe 

Durant la seconde partie de la réunion, aux côtés du président de la Verkhovna Rada d'Ukraine Ruslan Stefanchuk, les représentants ont aussi rappelé les obligations de l’Union européenne envers l’Ukraine, qui joue un rôle de garde-fou important contre l’ennemi russe : « Nous devons apporter à l’Ukraine un soutien non seulement moral, mais aussi concret » a résumé Yaël Braun-Pivet lors de la conférence de presse suivant les discussions intergouvernementales. 

L’Ukraine mérite toute l’attention de l’Europe dont elle a, en la personne de son représentant, chaudement remercié l’engagement depuis l’invasion russe. Sa volonté d’adhérer à l’Union européenne reste inchangée, prouvant que les valeurs européennes continuent d’attirer malgré les fractures au sein de l’alliance. 

Face à la montée du populisme et de l'extrémisme en son sein, l’Europe doit s’unir et oublier ses vieilles querelles. Elle ne peut se permettre d’être affaiblie dans le contexte de la guerre en Ukraine et de la politique déstabilisatrice de la Russie, dont l’arsenal exploite la moindre faille à coup de désinformations ou de cyberattaques. 

Selon la représentante allemande Julia Klöckner, les États européens doivent donc continuer, et ce, grâce aux parlements, à faire valoir les valeurs démocratiques et l’État de droit. « Le message que nous devons faire passer aujourd’hui depuis Varsovie, depuis l’ensemble du Triangle de Weimar, est le suivant : nous défendrons nos convictions, nous nous soutiendrons mutuellement » a-t-elle conclu. 
 

 

Pour nous soutenir :

Notre newsletter gratuite

 

Soutenez votre édition | lepetitjournal.com Varsovie

 

Commentaires

Votre email ne sera jamais publié sur le site.